Pourquoi en numérique ? Un entretien avec Éric Nicolas

Eric Nicolas n’est pas un auteur de fiction, mais il est un vrai mobo (Mobile Bohemian) ou digiborigène et a trouvé dans la publication numérique un moyen de vivre en phase avec ses aspirations. Il est essentiellement un auteur de contenus informatifs, mais son site : La Plume Autonome , va intéresser tous les auteurs, y compris les auteurs de fiction. Je suis inscrite à la newsletter de son site depuis plusieurs mois et j’en apprécie les vidéos pédagogiques et les conseils. La Plume Autonome est une mine de renseignements et de How to do… J’ai donc proposé à Nicolas de répondre aux questions de Pourquoi en numérique ? Chaque auteur possède une expérience unique venant enrichir l’expérience collective. J’espère que vous trouverez dans son guide et sur son site l’aide nécessaire au développement de vos publications.

Après un échange sur Skype, je confirme qu’Éric Nicolas possède les qualités de son site. Il est généreux, intuitif et pédagogue. Je recommande aux auteurs de suivre sa newsletter qui les aidera sur nombreux points très concrets dans leur démarche d’auto-publication.

Je laisse Éric se présenter :

Marketeur en ligne et auteur éditeur indépendant en numérique depuis deux ans sous plusieurs noms de plume, avec du contenu informatif publié sur Kindle, mais aussi plus récemment sur Ibookstore d’Apple et Kobo. J’ai découvert l’auto-édition grâce à Christian Godefroy et commencé à publier en anglais sur Amazon Kindle, puis en français dès le premier jour de l’ouverture sur le marché francophone.

Éric Nicolas
Éric Nicolas

Au tout début, je vendais à peine un puis deux/trois ebooks par semaine, qui sont devenus cinq par jour, 20, 30 etc pour un revenu « passif » complémentaire dans un premier temps et un revenu à part entière aujourd’hui grâce à a vente de milliers d’ebooks chaque mois, dans des domaines différents. À ce jour, je publie plus de 30 ebooks dans des niches variées, dont un peu plus d’une vingtaine en français et un peu plus d’une dizaine en anglais, sous différents noms d’auteurs. Dans la foulée, j’ai lancé le blog « La Plume Autonome » ainsi qu’une communauté d’auteurs indépendants débutants et avancés, que j’aide à travers une newsletter gratuite et des vidéos + une conference-room sur Skype, le tout pour venir en aide à d’autres collègues auteurs indépendants ou qui souhaitent se lancer dans l’aventure et peuvent y trouver gratuitement du soutien de groupe pour leur démarrage d’activité. En parallèle, j’ai une activité de marketing d’affiliation un peu en français, mais surtout en anglais sur supports américains (vidéo-marketing) dans plusieurs niches, de façon quasiment automatique en référençant des vidéos sur Youtube pour faire des démos de produits auxquels je suis affilié. J’adore voyager (souvent), lire, cuisiner, apprendre de nouvelles choses et aider les autres à se développer pour vivre comme moi de leurs passions. Mon idéal est de permettre à un maximum de personnes de développer leur carrière tout en aménageant du temps libre, grâce au web.

Éric répond aux  5 questions

1.

Pourquoi l’auto-édition et non pas l’édition ?

Si tu permets un préambule, merci pour ton accueil et à tous ceux et celles qui nous lisent. J’ai choisi l’auto-édition par pur esprit d’indépendance. Cela s’est imposé à moi parce que comme pour n’importe laquelle de mes activités, je m’imaginais pas devoir attendre le bon vouloir de tiers pour agir, en l’occurrence d’un éditeur pour publier. Surtout en plus quand on connait la pingrerie de la plupart de ces derniers, et qu’on compare avec les pourcentages qu’on gagne en étant auteur-éditeur indépendant !

2.

Pourquoi le numérique ?

Je crois beaucoup en l’avenir du numérique. Christian Godefroy qui en était un précurseur prévoyait déjà, avant même l’invention de la tablette et du smartphone ou encore même du Kindle, qu’un jour nous allions pouvoir lire sur des supports électroniques transportables. Cette phrase était toujours restée dans un pan de ma mémoire, même si je me suis mis à publier bien longtemps après. Une autre raison peut-être d’avoir fait ce choix, est que je suis un geek hyperactif qui adore tout ce qui est numérique :))

Plus sérieusement, vu que je publie non pas de la fiction, mais uniquement du contenu informatif comme des guides pratiques par exemple, je trouve l’idée de pouvoir remettre le contenu à jour séduisante, car elle permet de proposer du contenu toujours frais, en temps réel, et de tenir compte des suggestions de lecteurs lorsqu’elles sont constructives.

La plume autonome aussi sur Facebook
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3.

Vérification du formatage sur liseuses et tablettes. Quels problèmes as-tu rencontré ? As-tu pu les régler ? Si oui, facilement ? Difficilement ?

Vaste sujet ! Aaahh ce formatage – il m’en a fait passer des heures à se cogner parfois la tête contre les murs, surtout avec Open Office qui est un remarquable outil pour toutes sortes de documents, mais un vrai cauchemar pour le formatage Kindle ! Au départ j’utilisais un logiciel qui aujourd’hui est « has been » (Mobipocket) ensuite j’ai enchainé avec Calibre et toujours quelques galères même en utilisant Word.

Puis j’ai pris un système ultra-rapide et très sympa pour formater en ligne mais aujourd’hui, je ne me préoccupe même plus de formatage grâce à un autre logiciel étonnant qui prend tout en charge, en permettant aussi de publier plus d’ebooks en un temps record. Je fais d’ailleurs la démo de ce logiciel sur un article de mon blog tant je le trouve incroyablement génial pour le temps et le rendement qu’il permet de gagner.

4.

Utilises-tu des stratégies différentes selon les livres que tu publies et pourquoi ?

Oui, car lorsque tu publies du contenu informatif il faut s’assurer de bien appréhender ton marché et comme je publie sur plusieurs marchés avec des profils d’auteurs différents (noms de plume) je ne m’adresse pas toujours aux mêmes audiences et du coup, la stratégie varie d’un sujet à l’autre. Ceci étant dit, je suis pas un « stratège » dans l’âme, et je pense qu’il faut aussi une part de feeling, d’intuition qu’on développe au fur et à mesure qu’on publie. Par ailleurs le fait même de publier plusieurs ebooks et pas focaliser sur seulement un est une stratégie en soi, qui peut aussi très bien fonctionner pour de la fiction: J’ai des amis/collègues auteurs américains de fiction qui affirment avoir boosté les ventes de leur premier bouquin après avoir sorti d’autres de la même série ou du même thème.

Disponible sur Amazon
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5.

Es-tu satisfait de tes relations avec tes lecteurs que ce soit sur ton blog ou sur les plate-formes comme Amazon ?

Oui. Si on prend l’exemple de mon guide de publication : Comment bien gagner sa vie en publiant facilement je mets un point d’honneur à entretenir d’excellentes relations avec la plupart de mes lecteurs, d’autant que nous partageons une passion commune pour l’auto-édition numérique.

Le blog (que j’avais créé bien avant de sortir le guide) et la newsletter gratuite Secrets d’auto-édition me permettent d’apporter à mes collègues auteurs indépendants un vrai suivi et du soutien dans leur activité, ainsi que la « Skyperoom des Plumo’s » une conference-room virtuelle que j’ai créée pour leur permettre d’échanger tuyaux et commentaires entre eux, tout en apportant ma contribution.

Sur Amazon, le guide a + de 50 commentaires positifs qui viennent du cœur, et seulement 2/3 critiques de grincheux ce qui est à la fois une logique mathématique et un mal nécessaire car fort heureusement, on ne peut plaire à tout le monde et il existe des profils de gens à qui on préfère de toute façon… Ne pas plaire !

Pour la plupart de mes autres publications j’avoue ne pas avoir cherché à tisser des liens avec les lecteurs, même si j’apprécie la plupart de leurs commentaires sur Amazon je préfère – s’agissant d’ebooks publiés sous d’autres noms – garder un peu de distance tout en me mettant en quatre pour leur apporter du contenu de valeur.

Disponible sur Amazon
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Lire les entretiens précédents d’auteurs indés :

Entretien avec Laurent Bettoni

Entretien avec David Gaughran

Entretien avec Charlie Bregman

Entretien avec Agnès Martin-Lugand

Entretiens croisés avec Laurent Bettoni

Entretien avec Emily Hill

Entretien avec Fabienne Betting

Entretien avec Florian Rochat

Pourquoi en numérique ? est une série d’entretiens avec des auteurs autoédités en numérique, mais aussi d’autres acteurs qui font les corrections, le formatage, etc. et acceptent de travailler avec eux.

Si vous désirez un entretien veuillez lire les démarches à suivre. Si vous êtes auteur ici , si vous n’êtes pas auteur 

GOINGmobo, the Magazine of the Mobile Bohemian

 

Chris Simon _ Licence Creative Commons BY-NC

Photos  ©Éric Nicolas

1ère mise en ligne et dernière modification le 21 juillet 2013

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Êtes-vous un(e) Mobo ?

Mobo ? ??

J’ai découvert ce mot dans le magazine américain “Goingmobo”, qui m’a été envoyé via Twitter par son créateur, Jenz Johnson, se définissant lui-même comme un auteur mobo.

Fanny, cinépile et Facebookienne mobo

J’ai appris dans ce magazine que mobo vient de la contraction de “mobile bohemian”, une personne qui utilise son téléphone portable (comme le  iPhone) dans un nombre varié de circonstances et à des fins multiples et diverses. Un mobo se rend à un entretien d’embauche ou une soirée avec l’aide de Google map, il décide de dîner avec des amis au restaurant à la dernière minute, d’un clic passe en revue les commentaires d’ex-clients des restaurants du quartier dans lequel il se trouve et, avec ses amis décide en quelques minutes du restaurant. Il n’est pas nécessairement jeune, même s’il est porté sur les nouvelles technologies et les réseaux sociaux. Il peut être une femme ou un homme, appartient à des couches sociales diverses. Il n’est pas attaché à un bureau ou des horaires 9h-17h, il est mobile, agit et interagit sans frontières, échange informations, idées, adresses, films, musiques, prose et poésie… Avec des individus du monde entier, se connecte sur le monde et crée du lien social, des blogs, des magazines, des entreprises tout ça de son téléphone portable ou tablette.


L’éditeur numérique Québécois, Jean-François Gayrard, mobo @ Numériklivres

Le mobo ne souffre pas de téléphoniiiiite aigüe. Vous ne l’entendez pas dans le bus ou le métro ou à la boulangerie blablater à hauts décibels. Il est discret, efficace, rapide, soucieux de ne pas perdre son temps et par conséquent respectueux de celui des autres. Il maîtrise l’outil et en tire le meilleur parti pour enrichir sa vie professionnelle, sociale, culturelle et amicale. Le mobo lit en numérique et écrit en numérique, il partage l’info, ses coups de coeur et ses bonnes adresses. Le mobo développe des compétences technologiques, de nouvelles pratiques et invente un art de vivre : l’hyper social.  Le « bohémian » dans mobo se réfère au bohème : individu qui adoptait au 19e siècle en France à la fois un style de vie qui rejetait la domination bourgeoise et sa rationalité dans le cadre de la société industrielle au profit de la recherche d’un idéal artistique.

Quels sont les atouts et qualités d’un mobo d’après Jenz Johnson ?

– À l’aise avec la technologie

– Travaille dans des domaines d’activités dans lesquelles la vie sociale et culturelle est centrale

– Multi-tâches

– Curieux et instinctif

– Collabore et se connecte aux autres de partout où il se trouve

L’auteur et éditeur mobo,  François Bon, lors d’une conférence

Le mobo se connecte de différentes manières : en mettant à jour son statut ou son blog régulièrement, en commentant le statut ou le blog d’un autre, en lisant les infos, en recherchant un film, en téléchargeant un livre, en complétant une info sur Wikipédia par exemple, en répondant à la question d’un internaute sur les forums auxquels il appartient, en postant une photo… Le mobo navigue vite, répond vite à ses courriels parce que le monde dans lequel il évolue est par définition un espace qui réduit le temps et la distance. Ces activités multiples lui permettent d’acquérir des qualités, des compétences, mais aussi d’avoir de nombreux avantages dans la société, toujours d’après Jenz Johnson :

– Suivre au jour le jour l’actualité, la météo et tous sujets qui l’intéressent

– Rester en contact direct avec amis, amant(e)s, femmes, maris, enfants, partenaires et associés

– Découvrir de nouveaux livres, films, restaurants, quartiers, musées et autres lieux culturels…

– Trouver son chemin dans n’importe quelle circonstance, qu’il voyage en transports publics ou privés

– Transporter sa bibliothèque (livres, musiques), écouter  sa musique, ses radios à tout moment grâce aux écouteurs.

– Magasiner et comparer les prix avant de faire un achat.

– Correspondre d’où il se trouve et à tout moment avec les membres d’un de ses groupes ou forums favoris

Lucia, escrimeuse professionnelle mobo

Le mobo jouit d’une liberté de choix et d’une autonomie physique et géographique qui étaient impensables il y a quelques années. L’individu se nomadise, développe des compétences sociales, acquiert des avantages et un accès illimité à la société humaine, rien qu’avec son portable. Mais le mobo va plus loin, il transfère et transpose ses compétences dans son environnement immédiat, car il n’est pas un autiste, il partage et interagit aussi avec les gens autour de lui, certains diront, il le fait même mieux grâce aux pratiques et savoirs qu’il expérimente et développe sur son smartphone.

Alors, vous vous êtes reconnu !? Exprimez-le  sur cette page et partagez.

Lire aussi sur le même sujet :  Ma bohème. The modern Bohemian in Paris

Texte © Chris Simon – Photos © Brahim Metiba,  JF Gayrard et FBon

(Remerciements aux personnes m’ayant envoyé et permis d’utiliser leurs photos)

Pour lire l’excellent magazine Goingmobo (en anglais uniquement pour l’instant) c’est ICI

Jenz Johnson est l’auteur de deux livres : Giga Bites: Hacker Cookbook et Road to Reboot, en vente sur amazon. com papier ou numérique.