Pourquoi en numérique ? Un entretien avec David Gaughran

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J’ai découvert David Gaughran à travers son blog et son livre Passons au Numérique. Je venais de publier mon deuxième ebook et son livre est plus qu’une traduction, il fournit des adresses utiles, des tuyaux et des entretiens spécifiques au marché français. Rappelons qu’en 2011 l’auto-publication était balbutiante en France.  Aujourd’hui, David Gaughran tente le marché francophone avec une longue nouvelle (traduite de l’anglais If You Go Into The Woods) Si tu vas dans les bois qu’il distribue sur Amazon.fr, Kobo, iBookStore et Nook. Une occasion pour moi de l’inviter à s’exprimer sur son travail et sur l’auto-publication. Conseils, partage d’expériences et plus…

David Gaughran est irlandais et vit à Londres. Il est l’auteur de A Storm Hits Valparaiso et propriétaire de deux blogs Let’s Get Digital  et South Americana, un site sur l’histoire de l’Amérique du sud.  Il écrit régulièrement pour l’ Indie Reader et plusieurs de ses articles sont parus dans l’Huffington Post, The Sunday Times, l’Irish Times et l’Irish Examiner.

Seulement 0,89Eur
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David répond aux  5 questions

1.

Pourquoi l’auto-édition et non pas l’édition ?

C’est une question que beaucoup d’auteurs se posent, mais en ce moment, aux États-Unis et au Royaume-Uni la question se pose aussi dans l’autre sens : pourquoi choisir l’édition traditionnelle et non pas l’auto-publication ?

Les avantages de l’auto-publication sont de plus en plus évidents à mesure que les lecteurs passent au numérique.

Parmi ces avantages, citons les principaux :

* L’argent. Le montant des droits d’auteurs concédés par les éditeurs traditionnels est bas, c’en est presque criminel. Un écrivain peut gagner quatre fois plus (par livre vendu) en se publiant par ses propres moyens. Aussi, en passant par un éditeur, vous êtes payé plusieurs mois après que les livres ont été vendus, généralement deux fois par an. Avec Amazon (Apple et les autres revendeurs), je touche mon argent chaque mois, 60 jours après la vente. Cela facilite grandement la gestion de mes finances.

* Le contrôle. Personne n’est là pour me dire ce que je peux ou ne peux pas publier. Je publie ce dont j’ai envie, quand j’en ai envie. J’ai un contrôle total sur les aspects créatifs de ma production et sur la façon dont elle est présentée au public. Les auteurs travaillant avec des éditeurs traditionnels n’ont pas vraiment leur mot à dire sur des choses comme l’illustration de la couverture, et n’interviennent pas du tout dans la question cruciale visant à établir le prix du livre. Les lecteurs se plaignent souvent que les livres numériques des grandes maisons d’édition sont trop chers. Je suis d’accord avec eux, et comme j’ai le contrôle, je choisis de proposer mes livres à un tarif bien plus bas qu’eux.

* L’attention. Les éditeurs sortent des livres en grande quantité chaque année et ne peuvent consacrer qu’un temps et des ressources limités pour mettre chaque titre sur le marché. Naturellement, le plus gros de leur énergie sert à promouvoir les auteurs les plus connus. Les écrivains qui débutent ne bénéficient que d’une part très limitée des actions marketing. En choisissant l’auto-publication, je m’assure que chacun de mes livres obtient les soins et l’attention dont il a besoin pour toucher son public.

* La vitesse. Si vous signez un contrat d’édition traditionnelle aujourd’hui, vous risquez de devoir attendre jusqu’à deux ans (ou plus) avant de voir votre livre dans les rayonnages. Une fois que mon livre a été corrigé, je peux le mettre en ligne en l’espace de quelques jours seulement.

Pour être honnête, quand on choisit un éditeur traditionnel, le seul bénéfice réel c’est que l’on a accès aux librairies – mais j’ai réussi à le faire aussi par mes propres moyens. Et de toute façon, seuls les livres des auteurs les plus connus sont stockés en grande quantité dans les librairies physiques.

Même si votre objectif final consiste à décrocher un contrat d’édition traditionnelle, je suis fermement convaincu que le meilleur moyen d’y arriver passe par l’auto-publication – ainsi vous constituez votre lectorat dans un premier temps et vous pouvez ensuite contacter les éditeurs en étant en position de force.

Sur Amazon.fr
Sur Amazon.fr

2.

Comment as-tu défini le prix de ton ebook ? Les raisons ?

La définition des prix est très importante, et c’est l’un des avantages-clés de l’auto-publication – surtout dans les pays comme la France, où il existe des lois empêchant les entreprises comme Amazon de pratiquer des réductions sur les livres édités. Ces lois maintiennent le prix des livres à un niveau artificiellement élevé. Je comprends les raisons pour lesquelles on les a instaurées, mais si pour résoudre un problème, il faut faire en sorte que les livres soient chers, je dirais, avec tout le respect qu’il se doit, que cette solution crée un problème encore plus gros que celui qu’elle est censée résoudre. Comme l’explosion de la lecture l’a clairement démontré aux États-Unis, en proposant des livres à un tarif bas, la lecture se répand en masse. Pour la première fois depuis des générations, les lecteurs (passés au numérique) achètent plus de livres. Il faut s’en féliciter et encourager tout le monde à poursuivre dans cette voie – et le moyen le plus efficace de réaliser cela, c’est de fixer des tarifs bas.

Pour ce qui est de ma stratégie de tarification personnelle, je m’en occupe sans états d’âme. Il est important de ne pas confondre le « prix » et la « valeur » d’un objet – ce sont deux concepts radicalement différents qui sont souvent amalgamés. Vous pouvez lire Dickens, Dumas ou Vonnegut gratuitement dans n’importe quelle bibliothèque, et cela n’enlève rien de la valeur de leur œuvre.

Je fixe mes prix à un niveau où mes revenus sont maximisés. Je choisis mon tarif à travers diverses expérimentations. Le niveau idéal est différent pour chaque auteur, chaque genre, chaque livre. En ce moment, j’ai tendance à proposer mes romans à 4,99 $ aux États-Unis, mais le marché britannique étant moins mature, je fixe un prix légèrement inférieur (comme c’est le cas en France aussi).

Toutefois, je joue aussi avec mes prix – et j’organise des offres spéciales à durée limitée où je vends un de mes romans à 0,99 $ (le temps de quelques jours) afin de booster un peu certaines ventes. Cela fonctionne très bien. J’explique mon point de vue sur les prix de façon plus détaillée à cet endroit (en anglais).

le premier roman de David Gaughran
le premier roman de David Gaughran

  

3.

Tu as fait ta couverture ? Basée sur quels critères : illustration pro ou non ? Si tu as travaillé avec un illustrateur, comment ça s’est passé (collaboration, tarif…) ? Qui as-tu choisi pour faire ce travail et pourquoi ?

Les couvertures sont extrêmement importantes – et contrairement à ce que l’on pourrait penser, elles sont encore plus importantes pour les livres numériques que pour les livres papier. Mettez-vous dans la peau du lecteur moyen qui achète un livre numérique. Normalement, il ne voit les couvertures des livres numériques que sur un site comme Amazon, où elles sont réduites à des miniatures. C’est pour cette raison qu’elles doivent se faire remarquer. Le titre et le nom de l’auteur doivent être visibles. Il est généralement préférable de choisir une seule image clé.

Votre principal atout marketing, c’est ce que vous mettez dans votre produit. Cela veut dire que si vous voulez que votre livre ait une chance, il vous faut une correction, un formatage et une couverture de qualité (et une bonne histoire aussi, bien sûr).

Parfois, les gens s’imaginent à tort qu’un auteur auto-publié doit tout faire par lui-même – mais ce n’est pas vrai. La plupart des auteurs travaillent avec des concepteurs de couvertures et des correcteurs professionnels. C’est quelque chose de simple.

Certains s’inquiètent du prix que cela va leur coûter, mais ce n’est pas nécessairement exorbitant. Vous pouvez échanger des services avec différentes personnes ou demander de l’aide à votre réseau. C’est ma sœur qui conçoit mes couvertures. Certains auteurs échangent des services de révision ou de web design avec des artistes ou des correcteurs. Et si vous n’avez pas ce genre de talents dans votre famille ou si vous n’avez pas de compétence particulière à échanger, vous pouvez toujours trouver une autre solution. Par exemple, ce concepteur de couvertures anglais vend des couvertures préfabriquées pour seulement 30 euros.

Si vous voulez en savoir plus sur le processus de conception d’une couverture tel que nous le suivons avec ma sœur, lisez ceci (en anglais).

4.

Quelles sont les plateformes qui vendent le mieux ton livre ? Sais-tu pourquoi ?

Amazon, et ce pour une simple et bonne raison. Amazon ne pose aucun obstacle entre mes lecteurs et moi. Laissez-moi m’expliquer.

Les gens sont souvent étonnés quand ils découvrent cela, mais tous les espaces des librairies physiques où l’on recommande des livres – les présentoirs, les emplacements près des caisses, et même la liste des meilleures ventes –, tous ces espaces sont monnayés. Les éditeurs paient des suppléments pour promouvoir certains livres dans ces espaces (où l’on retrouve généralement toujours les mêmes noms). Naturellement, cette promotion mène à une belle augmentation des ventes, et les librairies sont grassement payées pour louer leur « espace commercial ».

En ligne, c’est le même scénario. Barnes & Noble, Kobo, Google et Apple vendent tous les espaces les plus en vue aux grandes maisons d’édition (qui s’en servent pour promouvoir leurs auteurs les plus connus). La seule exception est Amazon. Eux utilisent ces espaces pour recommander les livres que le client est le plus susceptible d’acheter, selon leurs calculs – et chaque personne y voit des livres différents. Ils ne se soucient pas de savoir qui a publié le livre, ou quel est son prix. Cette stratégie peut s’avérer coûteuse pour eux la première fois, mais cela leur permet d’instaurer un lien de confiance dans ce système de recommandation – parce que c’est une chose plus utile, parce que ce sont des livres que le client a envie de lire, et non pas des livres qu’un éditeur pense qu’il devrait lire.

Pour moi, c’est la raison première pour laquelle Amazon a le dessus sur ses concurrents, et c’est aussi pourquoi la plupart des auteurs auto-publiés se vendent bien mieux sur Amazon que nulle part ailleurs. J’explique cela plus en détail à cet endroit (en anglais).

5.

Fais-tu ta promotion ou as-tu un(e) RP (Relation Presse) ?

Pour être honnête, je pense qu’embaucher un RP, c’est de l’argent jeté par les fenêtres. Ils ont tendance à se concentrer sur les médias traditionnels – journaux, radio, télévision –, tous ces supports qui n’aident pas vraiment à vendre des livres numériques. Il leur arrive *parfois* d’avoir un impact sur les ventes papier – mais seulement si vous pouvez assurer une diffusion au niveau national, et même dans ce cas, c’est assez minime.

Je parle d’expérience ici. Sans l’aide d’aucun RP, j’ai été interviewé sur une radio nationale, dans de grands journaux (The Huffington Post, The Sunday Times), et l’impact sur les ventes a été restreint.

La seule chose qui permette vraiment de vendre des livres, c’est le bouche-à-oreille. Et pour simplifier ce concept nébuleux, cela se résume à une recommandation provenant d’une source considérée comme fiable. Toutefois, il existe des moyens de susciter le bouche-à-oreille, et de soutenir sa diffusion – et vous n’avez pas besoin d’un RP pour faire cela. En réalité, il est encore mieux dans ces cas-là de ne pas faire appel à un RP, car ces moyens sont tous liés aux réseaux sociaux. Ce genre d’interaction est plus efficace lorsque c’est quelque chose d’authentique – et cette authenticité ne peut venir que de vous. J’évoque tous ces aspects dans mon livre (et c’est impossible de le résumer ici), mais au bout du compte, aucun de ces moyens ne vous coûtera un seul centime.

Propos traduits par Lise Capitan

Sortie bientôt ici
Sortie bientôt ici

 

Lire les entretiens précédents d’auteurs auto-publiés :

Entretien avec Mohamed Mouras

Entretien avec Isabelle Bouvier

Entretien avec Charlie Bregman

Entretien avec Agnès Martin-Lugand

Entretiens croisés avec Laurent Bettoni

Entretien avec Emily Hill

Entretien avec Fabienne Betting

Entretien avec Florian Rochat

Pourquoi en numérique ? est une série d’entretiens avec des auteurs autoédités en numérique, mais aussi d’autres acteurs qui font les corrections, le formatage, etc. et acceptent de travailler eux.

Si vous désirez un entretien veuillez lire les démarches à suivre. Si vous êtes auteur ici , si vous n’êtes pas auteur 


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Chris Simon _ Licence Creative Commons BY-NC

Photos  © David Gaughran

1ère mise en ligne et dernière modification le 8 mai  2013

Why Going Digital? An interview with David Gaughran

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I discovered David Gaughran through his popular self-publishing guide Let’s Get Digital: How To Self-Publish, as in 2011 I was sarting to self-publish myself, I read a couple of books on the subject including his.

He is the author of the South American historical adventure A Storm Hits Valparaiso and the short stories If You Go Into The Woods. He runs the publishing blog Let’s Get Digital and the South American history site South Americana, has a regular column at Indie Reader, and his work has been featured in the Huffington Post, The Sunday Times, the Irish Times, and the Irish Examiner.

Buy it on Amazon Kindle
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David answers 5 questions

1.

Why self-publishing and not traditional publishing?

This is a question a lot of writers are asking themselves, but in the US and the UK these days, the question often gets reversed: why traditional publishing instead of self-publishing?

The advantages of self-publishing are becoming clearer with each reader that switches to digital. Chief among them are:

* Money. The royalty rates from traditional publishers are criminally low. An author can earn four times as much (per book sold) if they publish themselves. Also, with a publisher, you get paid several months after the books are sold, and usually only twice a year. With Amazon (and Apple and the other retailers), I get paid monthly, 60 days after the book is sold. It makes it much easier to manage your finances.

* Control. Nobody tells me what I can and can’t publish. I publish what I like, when I like. I have complete creative control over my output and how it is presented to the public. Authors with traditional publishers have little say over things like cover design and no say at all over crucial issues like pricing. Readers complain that ebooks from large publishers are overpriced. I agree, and because I’m in charge, I can price much lower than they do.

* Attention. Publishers release a huge amount of books every year and only have limited time and resources to market each title. Naturally, most of their energy goes towards promoting their biggest names. Authors starting out get very little marketing. By self-publishing, I can ensure that each of my books gets the necessary care and attention required to reach readers.

* Speed. If you sign with a traditional publisher today, it could be up to two years (or more) before that book hits the shelves. Once my book is back from the editor, I can have it online in a matter of days.

To be honest, the only real benefit of going with a traditional publisher is access to bookstores – but I’ve been able to do that on my own too. And anyway, again, only the big names will be stocked in good quantities by every bookstore.

Even if a traditional publishing deal is your ultimate goal, I firmly believe that the best path to that is via self-publishing – building your audience first and then approaching a publisher from a position of strength.

2.

How did you define the price of your ebook? Why?

Pricing is very important, and this is a key advantage of self-publishing – particularly in countries like France where there are laws restricting how much companies like Amazon can discount books from publishers. Those laws keep book prices artificially high. I understand why they were first brought in, but if the solution to any problem is to make books more expensive, then I respectfully submit that the solution creates a bigger problem than the one it intended to solve. As the boom in American reading has clearly shown, if you make books cheaper, reading greatly increases. For the first time in a generation, readers (who switch to digital) are buying more books. This should be celebrated, and encouraged – and cheaper prices is the most effective way to do that.

As for my own pricing strategy, I remove all emotion from it. It’s important not to confuse “price” and “value” – they are two radically different concepts that often get conflated. You can get Dickens, Dumas, or Vonnegut free from any library, but that hasn’t devalued their work.

I price at the level that will maximize my revenue. I ascertain that price through experimentation. That sweet spot will vary for each author, genre, and book. Right now I’m pricing most of my full length books at $4.99 in the US. However, the UK market is less mature, so I price a little cheaper there (and in France too).

However, I also play with price – and run limited-time offers at 99c (for just a couple of days) to give flagging sales a boost. It works very well. I explain my detailed thoughts on pricing here.

Buy it
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3.

Have you made the cover yourself? Based on which criteria : is the illustration made by a pro? If you worked with an illustrator, how did it go (collaboration, rates…)? Who did you choose to do this work and why?

Covers are extremely important – despite what you might intuitively think, they are even more important for e-books than print books. Consider the average reader buying e-books. Normally, ebook covers are only visible on a site like Amazon where the cover is reduced to a tiny thumbnail. As such, it must stand out. The title and author name must be visible. A single striking image usually works best.

The most important marketing is that which you design into the product. This means that if you want your book to stand any chance, you need quality editing, formatting, and covers (and a good story of course).

Sometimes people are under the misconception that self-publishing means doing everything yourself – but this isn’t true. Most authors hire cover designers and editors. That process is simple.

Some people worry about the cost but it doesn’t have to be expensive. You can exchange services with people and call in favours. My cover designer is my sister. Other writers exchange copywriting skills or web design skills with artists or editors. Even if you don’t have talented members of the family or skills you can trade, there’s always a solution. For example, this English cover designer sells pre-made covers for just 30 Euro.

If you want to read more about the cover design process between me and my sister, read this.

4.

On which platforms does your book sell best? Do you know why?

Amazon, and the reason is simple. Amazon doesn’t place any obstacles in between me and readers. Let me explain.

It often surprises people to learn this, but all those spots in physical bookstores where books are recommended – the front table, beside the cash register, even the bestseller list – are bought and sold. Publishers pay extra money to promote certain books (usually the same names) in these spots. Naturally, this exposure causes a huge increase in sales, and bookstores make good money from selling this « real estate. »

Online, the same happens. Barnes & Noble, Kobo, Google and Apple all sell high-visibility spots to the large publishers (who reserve them for their biggest authors). The only exception is Amazon. They use these spots to recommend the books that they think you are most likely to purchase – and each person will see a different set of books. They don’t care who has published the book, or what price it is. This strategy might cost them revenue on that first sale, but it builds trust in the recommendations – because they are more useful, because they are the books that you want to read – rather than the ones a publisher thinks you should read.

For me, this is the primary reason why Amazon are winning against their competitors, and the main reason why most self-publishers sell much better on Amazon than anywhere else. I explain all this in more detail here.

Buy it
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5.

Do you handle the book promotion yourself, or do you have a PR?

I think a PR is a waste of money, to be honest. They tend to focus on traditional media – newspapers, radio, television – all things that aren’t very good at selling e-books. They *sometimes* have a small effect on print sales – but only if you have nationwide book distribution, and even then it can be minimal.

I’m speaking from experience here. Without the help of a PR, I’ve appeared on national radio, in major newspapers (The Huffington Post, The Sunday Times) and the effect on sales was minimal.

The only thing that has ever really sold books is word of mouth. And if you break down that nebulous concept, all it really means is a recommendation from a trusted source. However, there are ways of generating word of mouth, and helping it spread – and you don’t need a PR for any of it. In fact, it’s better in these situations not to use a PR because the solutions are social media based. Those interactions are most effective when they are authentic – and that authenticity can only come from you. I cover all this in detail in my book (and it’s impossible to squeeze in here), but virtually all of them don’t require you to spend any money.

Buy it
Make a reservtion. Coming soon

 

Read more interviews in English:

Interview with Lise Capitan

Interview with Emily Hill

Why going digital? is a series of interviews with Digital indie and Self-Published Authors (publishing in French), as well as professionals who work with them, helping them to create high quality books . 

If you want an interview, please read the form and choose 5 questions. Authors should look  here (Partie 1), non auhtors there (Partie 2)
If your French hasn’t been refreshed  since High School, don’t worry. Contact me, we’ll work out something.


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Photos  © David Gaughran

1ère mise en ligne et dernière modification le 8 mai  2013

La Bouche se maintient au Top20 d’Amazon Kindle

La Bouche, roman à 100 doigts,  a été lancé hier sur Amazon, mercredi 3 avril  2013, et aussitôt propulsé dans le TOP100 Amazon Kindle.

La bouche roman à 100 doigts
La bouche roman à 100 doigts

La Bouche ? Qu’est-ce que c’est ?

Un roman écrit par 10 auteurs. J’avais envie de réunir des auteurs autour d’un projet commun, un peu comme acteurs ou musiciens se réunissent pour faire des improvisations, mêlant ainsi plaisir et pratique de leur art et cela a donné La Bouche !

Les auteurs de La Bouche  : Isabelle Pariente-Butterlin, Anita Fernandez, Derek Munn, Marie de Quatrebarbes, Gilles Piazo, Maël Guesdon, Isabelle Sojfer, Ray Parnac, Christophe Grossi.

LA BOUCHE gratuit sur Amazon et

 Depuis 36 heures La Bouche se maintient dans le top 20  Kindle :

La Bouche au top100 Kindle classement général
La Bouche au top100 Kindle classement général

Et au top10 Amazon Kindle dans le classement littérature :

La Bouche au top10 Littérature
La Bouche au top10 Littérature

L’équipe de La Bouche vous invite à télécharger  le ebook gratuitement sur Kinlde, Kobo et iBookStore. Merci pour votre intérêt !

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Photos  © Hervé Lemonnier © Chris Simon

1ère mise en ligne et dernière modification le 4  avril 2013

Auteurs, réveillez-vous ! Des solutions avant que ReLIRE ne vous dépouille

Chris Simon est l’auteure de quatre livres numériques dont trois auto-publiés. 

Mes ebooks sur Amazon
Mes ebooks sur Amazon

Auteurs réveillez-vous ! 

Ouvrez les yeux sur le numérique et devenez Indés pour sauver vos biens !

Relisez :

Réfractaires, oui, mais pas vaincus ! car l’histoire permet des vues plus larges sur les événements.

Et signez la pétition contre la loi ici : LIRE or not ReLIRE

 

Livre numérique dans une liseuse
Livre numérique dans une liseuse

C’est dingue, aberrant et une violation de la loi de la part de l’état Français. Une loi votée le 21 mars 2013 et  intitulée ReLIRE (Registre des livres indisponibles en réédition électronique), très bien expliquée dans le billet de S.I.Lex. Ce Registre est une liste de 60 000 livres indisponibles (avec des erreurs) et oblige les auteurs de ces indisponibles à se manifester dans les six mois c’est-à-dire avant le 21 septembre 2013, faute de quoi leurs livres indisponibles seront exploités d’office par un tiers. Le registre est géré par la BNF.

Si vous connaissez des auteurs, des ayants droits, même d’un seul livre, faites circuler l’information en les renvoyant sur les sites de références en fin de ce billet.

Il est impératif que les auteurs soient informés, se mobilisent et trouvent des solutions individuelles et collectives. Il y en a. Lisez l’excellent billet de François Bon et rejoignez le site de lesindisponibles.fr, une coopérative qui se propose de numériser les indisponibles sur la demande des auteurs pour que ceux-ci gardent la gestion de leurs oeuvres et reçoivent donc la rémunération qui découlerait d’une exploitation numérique. En effet, d’après le Registre l’auteur a jusqu’au 21 septembre 2013 pour prouver qu’il est l’auteur du(des) titre(s) qu’il réclame et deux ans pour l’exploiter, spécifie ce même Registre, faute de quoi les oeuvres réclamées retomberaient automatiquement dans ReLire.

La légende de Little Eagle
La légende de Little Eagle

La vraie solution contre une telle spoliation est de prendre en charge l’exploitation de vos oeuvres indisponibles. Des auteurs se sont déjà lancés tels que Florian Rochat, Serge Brussolo ou Gilbert Gallerne qui déclare dans un entretien sur Ecran Total :

Il va falloir faire un tri dans tout cela, et je pense que cela passera par une prise de conscience des auteurs reconnus qui disposent de titres oubliés. Je pense notamment à tous ces auteurs du Fleuve Noir, à tous ces gens qui fournissaient les collections policières ou de science-fiction dans les années 1970 à 1990 et dont la plupart des ouvrages sont aujourd’hui introuvables. On commence à voir cela aux États-Unis, et dans une moindre mesure en France, où l’on a encore quelques années de retard, mais cela va venir. Que des gens comme Brussolo commencent à y venir est un très bon signe.

Gilbert Gallerne réedite ses indisponibles sur Kindle
Gilbert Gallerne réedite ses indisponibles sur Kindle

Faites comme ces auteurs. Défendez vos droits en mettant les mains dans le cambouis et ne laissez pas une loi vous voler des années de travail et de dévouement. Vous pouvez les rejoindre en exploitant vous-mêmes vos oeuvres sur les plateformes numériques comme Amazon, Kobo et iBookStore, ou contacter la coopérative lesindisponibles.fr,  rejoindre Le droit du serf, collectif de réflexion et d’action qui propose de lutter contre cette loi et trouver de l’aide pour l’auto-publication auprès de ce blog.

Si vous avez des questions n’hésitez pas à me contacter. Si vous connaissez d’autres organismes en mesure d’aider les auteurs d’oeuvres indisponibles, intervenez dans les commentaires.

Auteurs réveillez-vous ! 

Signez la pétition contre la loi ici : ReLIRE or not ReLIRE

Pour mieux comprendre cette loi et comment la contrer lisez :

S.I.Lex : De la loi sur les indisponibles au registre ReLIRE : la blessure, l’insulte et la réaction en marche

IDBOOX : Découvrir ReLire ou mourir ?

Actualitté/Billet de François Bon : Auteurs, contre l’État voleur, réclamez vos droits !

Le droit du serf sur La loi sur les indisponibles : Entretien avec Yal Ayerdhal

Page officielle du registre ReLIRE pour rechercher vos titres.

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1ère mise en ligne et dernière modification le 26 mars 2013.

Pourquoi en numérique ? Entretien avec Mohamed Mouras, auteur/blogueur

Aujourd’hui, j’accueille Mohamed Mouras, un blogueur depuis 2009 qui avoue volontiers qu’il aurait dû commencer le blogging bien plus tôt.

Mohamed Mouras n’écrit pas de fictions (pour l’instant), mais il vient de sortir un livre très ciblé au titre très « marketable » de Comment Vendre Son Livre Sans Faire Le Tapin. Un sujet, je pense, qui va vous intéresser. En effet, vendre ses ebooks reste la phase la plus difficile quand on est auteur.

J’ai rencontré Mohamed via Facebook. J’ai tout de suite apprécié sa générosité, son sens du partage, son énergie et une certaine efficacité, non dénuée d’humour, qui m’est familière. Mais place aux questions auquelles il a choisies de répondre.

Blogueur depuis 2009
Blogueur depuis 2009

Mohamed Mouras  répond au cinq questions

1.

Comment es-tu arrivé dans le numérique ?

Par la porte… comme tout le monde, j’imagine 🙂 Tout d’abord un grand merci pour ton invitation Chris. Je suis heureux d’être là J

Plus sérieusement, je suis à la base un blogueur et mes deux blogs principaux sont SemeUnActe.com (dédié au développement pro et perso) et SimpleDad.fr (dédié à la paternité).

J’ai commencé à bloguer en 2010 sur les conseils de ma femme. C’est une blogueuse littéraire depuis 2008. D’ailleurs, elle aime lire sur iPad, n’hésitez pas à faire un tour sur son blog LesLecturesDeLiyah.com et à lui toucher un mot de votre livre.

2.

Sur quelles plateformes les livres sur lesquels tu as travaillés sont distribués ?

Quelque part fin 2011, j’ai sorti mon premier livre, mais c’est vraiment en octobre 2012 que j’ai vraiment décidé de m’impliquer à fond dans la plateforme Kindle.

Pourquoi cette plateforme ? Comme tout le monde je pense : la simplicité et la rapidité de publication font qu’absolument aucune autre plateforme ne peut tenir la comparaison. D’ailleurs c’est la plus rentable et de loin !

J’ai récemment « essayé » de regarder pour publier sur iBooks, j’ai arrêté au bout de 20 minutes avec un mal de crâne. En clair, c’est du Apple. Ils veulent tout faire à leur sauce et rien qu’à leur sauce. Ça arrange bien Amazon qui pendant ce temps ne voit aucun vrai compétiteur se profiler. Ça n’arrange pas les auteurs indépendants, car être trop dépendant d’un seul acteur fait qu’on peut se retrouver du jour au lendemain blacklisté (avec tous les désagréments que cela suppose).

3.

Combien de temps passes-tu par jour à la promotion de ton dernier livre ? Cela empiète-t-il sur ton temps d’écriture ?

En ce moment ? Beaucoup trop si tu veux mon avis :-). Je viens de sortir un livre intitulé Comment Vendre Son Livre Sans Faire Le Tapin. Je suis très content de sa sortie puisqu’il est rentré en 19e position après seulement 16 heures d’existence.

En vente sur Amazon
En vente sur Amazon

Le problème c’est que c’est beaucoup de travail que de le maintenir dans le TOP20 et oui très clairement cela empiète sur mon temps d’écriture.

Qu’on ne se méprenne pas. Je suis très content de la sortie de mes deux derniers livres, tous deux dans le TOP30 mais c’est une chose que les indépendants ne voient pas forcément. Il y a une grosse somme de travail derrière un lancement de livre. Le point final de votre livre n’est que le début. C’est là que les choses sérieuses commencent.

Écrire un livre, c’est simple et c’est fun. Le vendre, ça, c’est plus compliqué ! D’où justement l’écriture de ce dernier livre qui à la base était une sorte de « post-it » personnel. Je l’ai partagé, car je voyais la possibilité d’aider beaucoup de monde et d’être remercié pécuniairement. Le temps me dira si j’avais raison !

En vente sur Amazon
En vente sur Amazon

4.

As-tu des conseils particuliers pour les auto-publiés ?

Oui ! Trois.

1. Écrivez ! Plus vous écrivez et plus vous occupez d’espace dans la bibliothèque virtuelle d’Amazon (ou d’un autre).

2. Un livre publié est un livre que vous voulez vendre, n’en ayez pas honte ! Je vois beaucoup d’indépendants qui se drapent dans « la pureté de leur art ». S’ils voulaient réellement rester « purs », ils se seraient contentés d’écrire leur livre, pas de le publier. Sortir un livre veut dire qu’on accepte de jouer le jeu de l’offre, de la demande et de la compétition (pas forcément de la rivalité d’ailleurs).

3. Le mot « marketing » est un mot obscène pour beaucoup. Pourtant, il permettrait à nombre d’auteurs d’apprendre que leurs livres n’est pas mauvais, c’est leur manière de le vendre qui est mauvaise (s’ils ont déjà une manière d’ailleurs… et non avoir une page facebook n’est pas une stratégie marketing).

5.

Comment vois-tu l’avenir de l’édition numérique ?

 En rouge et noir… OK je sors 🙂

Il y a un débat : le livre numérique va-t-il connaitre la même destinée qu’aux États-Unis ou allons-nous conserver notre exception culturelle et les livres numériques ne décolleront jamais en France.

Si vous participez au débat, c’est que vous n’avez rien lu de ce que j’ai répondu plus haut. La France a « absorbé » la totalité des révolutions américaines depuis plus de 20 ans. Si vous doutez de cette dernière révolution, eh bien révisez votre histoire.

Bref, le livre numérique n’en est qu’à ses débuts oui c’est un fait. Mais il fut un jour où tout le monde s’est demandé ce qu’était ce « MP3 »… aujourd’hui nos enfants se demandent ce qu’est un « CD ». Et mes deux enfants se demanderont certainement ce qu’est le « papier ».

Plus sérieusement, je ne peux pas dire à quelle échéance le papier sera inférieur au numérique, mais il n’y a pas à en douter une seule seconde. Ensuite est-ce que le livre papier disparaitra ? Je ne crois pas, mais je pense qu’il deviendra un objet de collection.

Plus intéressant je pense est de se demander : qui des trois géants va tirer son épingle du jeu ? Amazon, Google ou Apple ? Ou est-ce qu’un autre acteur entrera dans la course et bouleversera le tout. Rappelez-vous qu’Amazon Kindle, c’est 2007 aux USA et 2011 en France, tout est dit, je pense !

Merci Chris pour cette opportunité de m’exprimer sur un sujet qui me tient à cœur  🙂

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A propos de l’auteur : Mohamed MOURAS est auteur de six livres que vous pouvez retrouver ici sur Amazon. Vous pouvez télécharger gratuitement son premier livre sur son blog principal SemeUnActe.com/livre-gratuit. Ses sujets de prédilection le leadership, l’efficacité et la motivation. N’hésitez pas à le contacter pour des conseils, il aboie beaucoup, mais mord peu 🙂

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Lire les entretiens précédents d’auteurs auto-publiés :

Entretien avec Isabelle Bouvier

Entretien avec Charlie Bregman

Entretien avec Agnès Martin-Lugand

Entretiens croisés avec Laurent Bettoni

Entretien avec Emily Hill

Entretien avec Fabienne Betting

Entretien avec Florian Rochat

Pourquoi en numérique ? est une série d’entretiens avec des auteurs autoédités en numérique, mais aussi d’autres acteurs qui font les corrections, le formatage, etc. et acceptent de travailler eux.

Si vous désirez un entretien veuillez lire les démarches à suivre. Si vous êtes auteur ici , si vous n’êtes pas auteur 


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Chris Simon _ Licence Creative Commons BY-NC

Photos  © Mohamed Mouras

1ère mise en ligne et dernière modification le 15  mars 2013

Pourquoi en numérique ? Entretien avec Isabelle Bouvier, auteure

J’ai croisé Isabelle Bouvier sur Twitter. Au bout de quelques échanges, je l’ai invitée dans Pourquoi en numérique ? En effet, Isabelle correspond tout à fait au profil de la rubrique, après avoir auto-publié son premier roman en 2012  sur Amazon Carnet de voyage d’un mort débutant, elle vient d’auto-publier son deuxième ebook, un recueil de nouvelles  Le Cimetière des éléphants . Isabelle Bouvier est rédactrice web en Free-Lance et rien ne la destinait à s’auto-publier. Je la laisse se présenter :

Je suis née en 1970, à Paris, je vis actuellement en Côtes d’armor. J’ai participé dans les années 2000 au «  carnet interdit », un groupe d’échanges d’auteurs dans lequel j’ai bénéficié de nombreux conseils via des ateliers d’écriture, puis mon premier livre a été publié chez un éditeur traditionnel. J’ai par la suite consacré du temps à ma vie professionnelle, et personnelle, et les textes de fiction se sont entassés sur un coin de mon ordinateur. A la fin de l’année dernière, après avoir testé la lecture de textes publiés en numérique, j’ai décidé d’auto-publier mes propres écrits en commençant par mon roman puis des nouvelles.  Ces publications ont surpris les lecteurs de mon blog politique-société Mon avis t’intéresse  qui ne savaient pas que j’écrivais des fictions sous un autre nom que Iboux, cette surprise m’a valu le soutien de plusieurs blogueurs que je remercie ici par la même occasion ( dont Anna, Nathalie, Elody, Matéo qui m’ont fait le plaisir d’être mon comité de lecture )

Je vous laisse découvrir Isabelle Bouvier à travers les questions qu’elle a choisies et un petit bonus de fin.

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Isabelle Bouvier répond au cinq questions

1.

Pourquoi l’auto-édition ?

Après une expérience décevante chez un petit éditeur, l’option auto-publication m’est apparue comme la seule façon de conserver mes droits d’auteurs, et de gérer la publication de mes livres de A à Z. Que ce soit la fixation des prix, le choix de la couverture, la mise en page, la promotion de mes livres, je décide en toute indépendance.

Conserver cette liberté, tout en donnant une chance à mes histoires d’être lues, avoir des commentaires de mes lecteurs, voilà mes objectifs dans cette nouvelle aventure. Une aventure parmi les pionniers de l’auto-édition en numérique, en espérant rester jusqu’au bout du voyage. 🙂

2.

Pourquoi en numérique ?

Pour sa simplicité de mise en route. J’ai été aidée pour la numérisation de mon roman, et de mes nouvelles par « les passeurs de savoirs » une agence de com’ costarmoricaine. Une garantie pour moi d’avoir une mise en page agréable pour le confort du lecteur, et en plus l’agence m’a concocté mes deux couvertures, très colorées, avec un aspect BD que j’aime beaucoup.

Avec le numérique, on espère toucher un grand nombre de lecteurs francophones, d’autant que ce type de circuit est en plein essor avec les ventes de liseuses et autres tablettes tactiles.

D’autre part, étant blogueuse professionnelle, cela semblait logique d’opter pour ce format qui démocratise l’écriture, mais aussi la lecture, grâce aux prix attractifs de certains ebooks.

Je garde à l’esprit que l’auto-publication en numérique donne avant tout une opportunité de faire connaître mes écrits mais cela nécessite un travail de promotion et d’activer son réseau social.

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3.

Comment as-tu fixé le prix de tes ebooks ?

Le prix de vente est de maximum 3 euros. Cela me paraît un prix honnête et attractif pour un recueil de 20 nouvelles, qui a été mis en page par un professionnel. Il faut à mon sens que le numérique soit abordable, si le prix est le même en version papier, ça n’a plus d’intérêt pour l’acheteur, si ce n’est un intérêt écologique.

4.

Sur quelles plateformes ?

 Amazon et Kobo, pour l’instant. Je réfléchis à l’idée de les diffuser chez Itunes, et de proposer une version papier via Createspace sur Amazon, ce qui me permettrait de rencontrer des lecteurs dans des salons ( et de l’offrir à mon père, ancien imprimeur, allergique à l’informatique en général !

5.

Comment organises-tu la promotion de tes livres ?

J’utilise Facebook, Twitter, mes propres blogs, J’ai eu des articles sur d’autres blogs ayant lu mes livres, et enfin une critique dans un magazine féminin local «  Katell Mag », et cette sympathique invitation ici ! J’essaie de trouver du temps pour la promotion de mes ebooks au milieu de mes autres activités dont l’écriture de mon prochain livre,  je ne suis encore qu’une novice en marketing littéraire, du coup je lis les conseils d’auteurs auto-édités avec beaucoup d’intêret !

Retrouvez l’auteur sur son blog : http://isabelle-bouvier.blogspot.fr/

Et sur Twitter : @iboux

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Bonus

Qu’est-ce qui te satisfait le plus dans l’auto-édition ?

L’impression de prendre le destin de mes livres en main, sans avoir à  attendre le feu vert d’un éditeur qui aurait reçu mon manuscrit par la poste, ouvert l’enveloppe ( ce qui n’est pas toujours le cas, et là c’est très énervant ! ) puis apprécié le contenu. La patience n’est pas mon fort ! En auto-publiant, après avoir considéré mon livre comme abouti, je le transmets aux lecteurs, s’ils sont nombreux tant mieux, s’ils ne sont pas au rendez-vous, c’est que ce livre n’était pas LE livre, et que je dois donc me remettre au travail, avec encore plus d’obstination.

Je suis en même temps réaliste, un éditeur efficace possède un réseau que je n’ai pas pour faire connaître ses publications, il peut s’appuyer sur les librairies, les critiques littéraires, et pour les publications numériques, il peut s’appuyer sur l’ensemble des plate-formes qui existent. Je ne me leurre pas, j’ai auto-publié mon roman chez Kobo en octobre, Kobo qui annonce sur son Writing life un partenariat avec la Fnac, or à l’heure d’aujourd’hui mon livre n’y est toujours pas référencé malgré mes réclamations… Une bataille que j’abandonne, pour l’instant mon esprit étant fixé sur mon prochain roman et la promotion des livres déjà en ligne chez Amazon.

Je crois que le plus difficile dans l’auto-publication, spécialement numérique, est de s’accrocher à son désir d’être lu, mais dans tous les cas, le désir d’écrire restera, parce que c’est un plaisir pour moi d’inventer des histoires, de m’amuser de mes personnages. Être lue par un grand nombre de personnes, et soyons fou, vivre de sa plume en tant qu’auteur de fiction ce serait le summum, mais je crains de n’être pas la seule à caresser ce rêve, n’est-ce pas ?

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Lire les entretiens précédents d’auteurs auto-publiés :

Entretien avec Charlie Bregman

Entretien avec Agnès Martin-Lugand

Entretiens croisés avec Laurent Bettoni

Entretien avec Emily Hill

Entretien avec Fabienne Betting

Entretien avec Florian Rochat

Pourquoi en numérique ? est une série d’entretiens avec des auteurs autoédités en numérique, mais aussi d’autres acteurs qui font les corrections, le formatage, etc. et acceptent de travailler eux.

Si vous désirez un entretien veuillez lire les démarches à suivre. Si vous êtes auteur ici , si vous n’êtes pas auteur 


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Chris Simon _ Licence Creative Commons BY-NC

Photos  © Isabelle Bouvier

1ère mise en ligne et dernière modification le 14  mars 2013

Pourquoi en numérique ? Entretien avec Charlie Bregman, auteur

J’ai rencontré Charlie Bregman via Facebook. À travers nos échanges j’ai ressenti chez lui une certaine joie et légèreté. Charlie Bregman signe et publie avec Vivement l’amour ! son premier ebook auto-publié. Le roman raconte, avec humour, l’histoire d’un jeune adolescent qui tombe amoureux dingue de l’adolescente qu’il ne lui faudrait pas.

Charlie Bregman se présente ainsi :

Je suis né en 1974 et je vis en Haute-Savoie. Je pourrais dire que j’ai été élevé parmi les vaches et nourri à la raclette, mais ça ferait un peu cliché. La vérité est légèrement différente et n’a absolument aucun intérêt. J’ai toujours aimé lire et j’écris depuis l’âge de 13 ans. En 2006, j’ouvre un blog et me lance dans une aventure passionnante avec un dessinateur : un roman y prend forme, sous forme de feuilleton illustré. Il constituera l’ébauche de mon premier livre : Vivement l’amour.

D’autres textes sont en cours d’écriture mais pas encore assez aboutis. J’ai le défaut d’être à la fois très impatient et d’aimer prendre mon temps pour faire les choses correctement…

Je vous laisse découvrir cet auteur à la personnalité joyeuse : cocktail d’humour et de désir, de modestie et de sens de la dérision.

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Charlie Bregman répond au cinq questions

1.

Pourquoi en numérique ?

En tant que parfait novice, j’ai commis l’erreur de publier mon roman d’abord en papier, puis ensuite en numérique. Comme le projet m’avait habité durant de nombreuses années, j’étais très impatient de le voir pleinement concrétisé sous forme de livre papier. J’ai donc décidé de ne tenter ma chance auprès d’une seule grande maison d’édition, et lorsqu’ils m’ont fait part de leur refus sous forme de lettre type, je me suis dit que rester libre et indépendant sur toute la ligne serait une aventure tout aussi grisante, ce que je peux confirmer aujourd’hui.

Par contre, faire connaître son livre reste un travail pour lequel je n’étais absolument pas préparé (et absolument pas conscient à quel point il déborde sur le reste des activités), et c’est tout naturellement que je me suis orienté vers la publication en numérique, afin de pouvoir toucher plus de lecteurs. Lorsque l’on constate que certains livres ne restent qu’un ou deux mois à peine en librairie avant de retourner direction le pilon, il est clair qu’un nouvel auteur n’a qu’une chance très infime de se faire une place au sein de cette société d’hyper-consommation. En numérique, un ouvrage publié n’est pas supprimé au bout de plusieurs semaines en cas de ventes insuffisantes.

Et puis, je pense que l’avenir de la lecture se trouve d’autant plus dans ce support, qu’avec la crise, cela permet d’acquérir des ouvrages à des coûts très compétitifs.

2.

Comment as-tu défini le prix de ton ebook ? Les raisons  ?

Lorsque l’on écrit un roman, on ne le fait pas en gardant à l’esprit des idées de rentabilité ou de retour financier. Certains ouvrages le permettent peut-être, mais pas le roman. On écrit parce que l’on aime écrire, et si le succès est toujours quelque chose que l’on espère, on sait très bien qu’il ne constitue qu’une rencontre chanceuse d’un auteur avec un lecteur, à un instant T. Donc, pour moi, l’objectif était avant tout de pouvoir diffuser le livre en me mettant à la place du lecteur. Personnellement, quand je vois que certains éditeurs commercialisent leur version numérique au même tarif que la version papier, c’est du foutage de gueule. La vraie révolution du numérique, c’est de pouvoir réduire les coûts tout en augmentant l’impact écologique : zéro intermédiaire, zéro transport, « zéro » pollution (hormis celle produite pour la fabrication des liseuses, tablettes et ordinateurs, mais qui n’est pas du ressort de l’auteur). C’est une démarche qui peut paraître très indépendantiste, mais lorsque l’on voit, chez les éditeurs papier, qu’un auteur ne touche que 8 à 10% de royalties sur le livre qu’il a écrit, et que tout le reste sert à nourrir les autres acteurs de la chaine du livre, il y a quand même quelque chose qui ne tourne pas rond.

J’ai décidé de publier mon livre (420 pages en version papier) à 4,99€. Prix psychologique inférieur à 5€, sur lequel il doit me rester environ 3,20€ avant prélèvement des impôts sur le revenu. Pour un ebook téléchargé, pour un même résultat, il me faudrait vendre plus de deux livres papier. Pour le lecteur, au tarif du livre papier à 19€, cela représente le pouvoir d’acheter quatre livres au lieu d’un seul.

Je suis prêt à parier que les passionnés de lecture les plus réticents envers le numérique changeront très rapidement d’avis une fois qu’ils auront essayé !

3.

As-tu fait la couverture de ton ebook  ? Comment ?

Pouvoir concevoir moi-même ma couverture a été un des atouts qui m’a encouragé à passer à l’auto-édition. Après des études d’architecture, sans avoir eu ni le talent ni la formation pour exercer en tant que graphiste, j’ai pourtant toujours gardé un plaisir immense à jouer avec le dessin pour exprimer des idées. Je voulais une couverture pleine de symbolique, où l’on puisse comprendre d’emblée les thèmes principaux du roman, qui sont l’amour, l’adolescence et la sexualité, avec le réveil hormonal comme véritable cause cachée de ce que l’on peut qualifier d’impatiences amoureuses.

Pour résumer le concept, les 13 fleurs symbolisent l’entrée dans l’adolescence, en faisant référence au terme de « teenager » des anglo-saxons, que l’on emploie pour les 13-19 ans et la petite « bestiole » rouge qui se fait la malle vers l’intérieur du livre vous invite à la suivre !

4.

Fais-tu de la vente directe ?

Oui, je commercialise moi-même mon ouvrage sur le site officiel Syblio, avec paiement sécurisé via Paypal pour la version papier. Pour la version numérique, j’ai préféré pouvoir bénéficier des journées de promotion gratuite du programme Kindle Direct Publishing d’Amazon, pour lesquelles une clause d’exclusivité est exigée.

5.

Combien de temps passes-tu par jour à la promotion de ton livre ?

Promouvoir un livre sérieusement demande beaucoup de temps (d’où la réelle légitimité des « bons » éditeurs, il faut le reconnaître). Jusqu’à maintenant, je n’avais pas suffisamment de temps pour le faire correctement. Depuis le début d’année, j’ai pris conscience de cette nécessité (le nombre de téléchargements du livre en était arrivé au point mort) et j’essaie de faire connaître mon livre un peu plus activement, même si cela se fait au détriment de mes heures de sommeil.

Cela porte ses fruits. 320 téléchargement ont été effectués lors de la dernière promotion gratuite, avec une reprise des ventes à l’issue de ces deux journées. Les raisons de ce « succès » relèvent malgré tout plus d’un coup de chance d’une réelle maîtrise des stratégies de marketing de ma part : cette promotion a été relayée par le site AUTO-ÉDITION qui a bénéficié d’une forte promotion de la part des auteurs indépendants au même moment (je les en remercie !)

Pour le reste, j’utilise les réseaux sociaux Facebook, Twitter et Viadeo, sans toutefois savoir les maîtriser pleinement pour le moment.

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Lire les entretiens précédents d’auteurs auto-publiés :

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Pourquoi en numérique ? est une série d’entretiens avec des auteurs autoédités en numérique, mais aussi d’autres acteurs qui font les corrections, le formatage, etc. et acceptent de travailler eux.

Si vous désirez un entretien veuillez lire les démarches à suivre. Si vous êtes auteur ici , si vous n’êtes pas auteur 


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Photos  © Charlie Bregman

1ère mise en ligne et dernière modification le 25 février 2013