Pourquoi en numérique ? Un entretien avec Laurent Bettoni

J’ai déjà échangé avec l’auteur, Laurent Bettoni, dans un entretien croisé. Aujourd’hui je l’invite à répondre aux cinq questions. Sa double expérience à la fois dans l’édition traditionnelle et l’édition indé numérique lui permet d’émettre une excellente analyse de la situation, mais Laurent Bettoni ne se contente pas d’une analyse, il propose des pistes et des solutions. Voici comment il se présente lui-même :

Souvent empreints de références de la pop culture, les récits de Laurent Bettoni évoquent la fragilité des êtres et explorent l’âme humaine jusque dans ses recoins les plus sombres, où il aime à penser qu’une part de lumière, aussi faible soit-elle, scintille encore. Son regard n’exclut donc pas l’humour ni la bienveillance. Loin des clivages traditionnels et réducteurs entre littérature blanche et littérature noire, il se définit comme un auteur de littérature « grise », qui mêle les genres.

Laurent Bettoni
Laurent Bettoni

Son premier roman, Ma place au paradis, a été publié aux éditions Robert Laffont. Est parue en avril 2013 le premier épisode de sa série littéraire, intitulée Les Costello, une série mordante (éditons La Bourdonnaye). Son prochain roman, Arthus Bayard et les Maître du temps (Don Quichotte éditions), paraîtra le 17 octobre 2013.

Cet homme qui vit avec son temps s’intéresse également aux nouveaux modes d’écriture et d’édition. Il a publié avec succès en indépendant, Écran total (roman), Les Corps terrestres (roman), Le Bois mort (nouvelle), Léo et l’araignée (récit jeunesse), Léo et le monstre sans visage (récit jeunesse). Les trois derniers textes ont été adaptés, mis en musique et diffusés sur France Musique.

Laurent Bettoni est également auteur sociétaire de la Sacem et critique littéraire pour Service littéraire, La Cause littéraire et, à partir septembre 2013, pour IDBOOX.

Laurent répond aux  5 questions

1.

Quelle est ton expérience dans l’édition avant le numérique ? 

Mon premier roman, Ma place au paradis, est paru chez un éditeur traditionnel, Robert Laffont. Mais comme je n’étais pas connu, comme mon nom n’était pas vendeur, je n’ai pas eu la chance de bénéficier ni d’une campagne de communication ni d’une campagne de publicité. Et malheureusement, la personne grâce à qui j’avais été publié est décédée un an après la sortie du livre.

Il s’agissait de Laurent Bonelli, un grand libraire, un grand amoureux des livres, un « passeur de mots », comme il se définissait joliment lui-même. C’est lui qui m’a « découvert ». Après avoir dévoré mon manuscrit dès qu’il l’a eu entre les mains, il l’a transmis à l’éditeur, et une semaine plus tard je signais le contrat. Un vrai miracle ! J’ai eu une chance insolente, sur ce coup-là.

À la mort de Laurent, qui était devenu un ami, l’éditrice qui s’occupait de moi s’est montrée moins enthousiaste que lui sur mes textes. Et je n’ai carrément pas obtenu de réponse de sa part sur le dernier que je lui ai adressé. Élégant, n’est-ce pas ? Mais rétrospectivement, je peux affirmer que c’était un mal pour un bien. Le roman en question s’intitule Écran total, et il s’agit de mon premier succès d’auteur indé en numérique. Ce qui m’amène à la question suivante.

Disponible sur Amazon
Disponible sur Amazon

2.

Pourquoi le numérique ?

Avant tout, je tiens à préciser que je n’oppose pas, et que je n’opposerai jamais, le numérique au papier – ça, c’est un combat d’arrière-garde, totalement injustifié et stérile. Je les considère simplement comme deux supports de lecture, complémentaires l’un de l’autre.

J’ai actuellement 6 livres en numérique, et j’ai sorti en papier tous ceux qui remplissaient les conditions pour CreateSpace, le service d’impression à la demande (ou print on demand, ou POD) partenaire d’Amazon.

Fort de mon expérience de l’édition traditionnelle, l’édition indé en numérique m’est rapidement apparue comme le moyen de proposer mes textes directement aux lecteurs sans perdre mon temps ni mon énergie inutilement auprès de prétendus professionnels. Car après tout, le seul juge est le lecteur, et c’est son seul verdict qui m’intéresse.

Le numérique en indé, pour l’auteur, c’est donc avant tout la liberté.

Liberté de proposer son texte sans autre censure que la sienne, fidèle à l’idée qu’il s’en faisait lui-même initialement.

Liberté de s’adonner à plusieurs genres (littérature générale, polar, thriller, humour, etc.) et plusieurs formats (roman, nouvelle, théâtre, poésie, etc.).

Liberté de décider de la création graphique de sa 1re de couverture et de sa 4e de couverture.

Liberté de décider de son texte de 4e de couverture et de son texte de présentation aux lecteurs.

Liberté de définir sa politique tarifaire et de la modifier à volonté, dans le cadre d’offres promotionnelles ou de simples ajustements.

Liberté de consulter ses ventes en temps réel et de percevoir ses royalties tous les mois.

Liberté d’être rémunéré à hauteur de 70 % de royalties !

Enfin, l’édition indé en numérique peut permettre à un auteur de se faire repérer par un éditeur traditionnel. Libre à lui d’accepter ou non ensuite les clauses du contrat. Mais l’auteur se trouvera indéniablement dans une meilleure position pour négocier si c’est l’éditeur qui vient le chercher, et non si c’est lui qui se met à plat ventre pour n’obtenir qu’une lettre type de refus, plusieurs mois après avoir envoyé son manuscrit. Et encore, quand on lui répond.

Pour le lecteur, le numérique, s’il est proposé à des prix honnêtes, offre la possibilité de découvrir de nouveaux auteurs, d’acheter 4 ebooks pour le prix d’un livre papier grand format, de ne pas encombrer sa bibliothèque – qui de toute façon ne pourra plus rien contenir de plus un jour ou l’autre –, d’ajuster la taille des caractères (pratique pour les personnes âgées ou mal voyantes), d’emporter en déplacement 4 000 livres dans sa liseuse, d’en acheter à n’importe quel moment, y compris en pleine nuit, par simple téléchargement.

Par ailleurs, je suis persuadé que le numérique, pour toutes ces raisons, conduira à la lecture des personnes qui n’y seraient peut-être pas venues sans cela. Le numérique permet la démocratisation de la lecture, qui reste encore et toujours une occupation d’élite. Cela en arrange sûrement beaucoup, ce qui me demeure incompréhensible. Je ne peux pas accepter la rétention de la culture par une caste autoproclamée supérieure. Cette seule idée me fait horreur.

Les livre auto-publiés de Laurent Bettoni
Les livres auto-publiés de Laurent Bettoni 

3.

 Comment as-tu défini le prix de ton ebook ? Les raisons ?

J’ai traité cette question, avec le détail des calculs, sur mon blog, « Écran total », dans un article intitulé « Le juste prix du livre numérique (quand on est un auteur  indépendant) », voici le lien qui y renvoie :

http://cowboysetindies.blogspot.fr/2013/02/le-juste-prix-du-livre-numerique-quand.html

Je vais résumer ici.

J’ai pris comme point de départ la référence, à savoir le livre papier à 20 € TTC, soit 18,96 € HT. Partant de là, deux raisonnements.

Premier raisonnement, on considère comme justes les 8 % que perçoit l’auteur sur ce prix HT. Ce qui donne 1,52 €. Et donc, on y ajoute les taxes en vigueur ainsi que les pourcentages prélevés par les e-librairies, pour obtenir le prix de vente, soit 2,50 € au mieux

Second raisonnement, on considère comme injuste un système dans lequel le créateur de l’œuvre ne perçoit que 8 % du prix HT de son œuvre, quand il pourrait en percevoir au moins 20 % (pour l’explication, consulter l’article sur mon blog), ce qui donnerait 3,79 €. Soit un prix de vente de 6,15 € au mieux.

Mes livres d’auteur indé sont proposés à 3,99 €, ce qui se situe donc dans une fourchette de prix plutôt basse, et je songe sérieusement à augmenter un peu ce prix, pour le passer à 4,99 €. Car si je défends la démocratisation de la culture – et en particulier l’accès à la littérature pour le plus grand nombre – je ne suis pas pour brader le travail du créateur. Il existe un juste milieu, une zone de satisfaction pour tout le monde. Je crois que nous atteignons parfaitement cet équilibre avec un livre à 4,99 € (ce qui, je le souligne encore, reste 4 fois inférieur à un livre broché de 20 €).

J’en suis malade quand je constate que des auteurs indés, dans le but de – croient-ils – se faire connaître, gagner en visibilité et grimper dans le top 100 Amazon, diffusent leurs livres gratuitement. Cela m’attriste pour le message ainsi véhiculé, car s’ils se font connaître ce n’est certes pas de la bonne manière mais en se dévalorisant d’emblée aux yeux des lecteurs. Implicitement, ce qu’on dit à un lecteur en proposant son livre gratuitement, c’est : « Je suis tellement nul, mon livre est tellement mauvais, que je suis obligé de le donner. Alors, par pitié, téléchargez-le, c’est la dernière étape avant que je me suicide. »

L’écriture d’un livre représente des mois, voire des années, de travail. Ça ne vaut pas rien. Et si l’on pense que ce qu’on a écrit ne vaut rien, alors ayons la décence de ne pas le présenter aux lecteurs, même gratuitement. Le lecteur n’est pas notre poubelle.

En revanche, une offre promotionnelle, à un prix plancher ou symbolique, sur un temps court, au moment du lancement du livre, peut apparaître comme une excellente approche.

Mais de grâce, ne demandons pas l’aumône d’un téléchargement aux lecteurs ! La meilleure solution pour les intéresser à nos œuvres est de susciter leur désir par des couvertures, des présentations et des résumés attrayants. Et surtout par des livres qui soient des livres (j’y reviendrai dans la dernière question).

4.

Sur quelles plates-formes ton livre est-il distribué ? S’il y a des plates-formes sur lesquelles ton/tes livres ne sont pas distribué(s), donnes-en les raisons.

Mes livres sont distribués sur Amazon, Chapitre.com, Fnac/Kobo, et Apple.

Je n’ai aucune action ni aucune part dans aucune plate-forme, mais la seule qui soit vraiment pro et qui veuille réellement promouvoir les auteurs indés, c’est Amazon. Elle progresse constamment, recherche sans cesse la moindre amélioration, tant dans l’interface d’utilisation de sa plate-forme KDP – sur laquelle nous déposons les livres – que dans la visibilité qu’elle offre aux auteurs.

Amazon a récemment créé un onglet « ebooks Indés » sur sa page d’accueil consacrée aux ebooks, de la même manière qu’en musique il existe le rayon indé – soit dit en passant, le plus novateur et le plus inventif. C’est la meilleure façon de braquer les projecteurs sur les auteurs qui choisissent ce mode de publication et de rendre leurs œuvres aussi visibles que celles issues de l’édition traditionnelle.

Mais Amazon va encore plus loin, puisque, dès la rentrée 2013, elle mettra en avant des auteurs indés qui publient leur premier roman, et qui figureront ainsi à côté de ceux de la sempiternelle et monotone rentrée littéraire traditionnelle, avec son lot de petits arrangements entre amis, de renvois d’ascenseur et de partage du gâteau entre gens du même monde.

Enfin, Amazon, reverse les royalties aux auteurs tous les mois par virement bancaire. Le rêve…

Je ne suis pas naïf, je sais pertinemment qu’Amazon mise sur les best-sellers, chez les indés, mais cette e-librairie donne équitablement les moyens à chaque auteur indé de devenir un best-seller. Après, ce sont les goûts des lecteurs et les campagnes de communication des auteurs qui font la différence. Et peut-être aussi leur talent.

Chapitre.com m’apparaît comme la deuxième plate-forme digne d’intérêt. Mais elle est tout de même à la traîne, et l’interface d’utilisation est un calvaire pour l’auteur, qui doit éditer lui-même ses propres factures et les envoyer à la compta. Celle-ci paye à reculons et toujours très en retard.

Cela m’embête d’autant plus de le dire que j’entretiens d’excellents rapports avec les personnes qui s’occupent de cette plate-forme (ils sont venus me chercher après mon succès avec Écran total, et ça démontrait donc une volonté de leur part de se lancer dans la publication indé), mais c’est la vérité, les faits n’ont pas encore suivi les intentions.

Toutes les autres supposées grandes plates-formes, sans exception, méprisent littéralement les auteurs indés, je pense en particulier à la Fnac/Kobo, Apple et GooglePlay qui les refuse carrément. Il est de plus impossible d’établir le moindre contact avec ces gens-là, la palme revenant à Apple.

Le souci, c’est qu’il est difficile de faire sans, pour l’instant, car les formats de lecture diffèrent entre Amazon et eux. Amazon possède un format captif (Mobi), ce qui est très contestable, les autres fonctionnent avec l’ePub. Donc ne publier que sur Amazon te condamne à ne pas être lu par les possesseurs de liseuses d’ePub. Cela dit, la configuration étant ce qu’elle est aujourd’hui, tu réalises presque 100 % de tes ventes sur Amazon, quand tu es un auteur indé, puisque les autres ne font rien pour mettre tes livres en avant.

Nouvel épisode, le 4 !
Nouvel épisode, le 4 !

5.

Peux-tu décrire les avantages et désavantages de l’auto-publication numérique comparée à l’édition papier ?

De la même manière que je n’oppose pas le numérique au papier, je n’opposerai pas la publication indé à l’édition traditionnelle. D’ailleurs, mon prochain roman – Arthus Bayard et Les Maîtres du temps – paraît le 17 octobre chez Don Quichotte, un éditeur traditionnel ; ma série littéraire – Les Costello, une série mordante – est publiée chez un éditeur traditionnel (numérique), La Bourdonnaye, depuis le 15 avril ; et un autre de mes romans sera probablement publié en 2014 aussi chez un éditeur traditionnel. Le seul impératif reste à mes yeux la qualité.

Et il faut bien reconnaître – même si ça me fait mal au c… de me résoudre à ce constat, étant donné les positions que je défends – qu’en la matière l’avantage revient encore à l’édition traditionnelle. On peut penser ce qu’on veut de leurs contenus (je ne me montre pas particulièrement tendre, à ce sujet), mais les livres proposés par les maisons d’édition sont de vrais livres. Ils renferment de vrais textes écrits le plus correctement possible (bien qu’il reste toujours, là aussi, des coquilles), selon les règles grammaticales, orthographiques, syntaxiques et typographiques établies ; ils se parent de vraies couvertures aux maquettes et aux illustrations professionnelles ; ils possèdent une vraie mise en page.

Si la publication indé ne présente que des avantages, dans la mesure où l’auteur conserve la maîtrise totale sur la production de son œuvre, elle souffre d’un gros handicap, comparativement à l’édition traditionnelle, qui réside dans son amateurisme. C’est ce qui tuera dans l’œuf ce courant, encore naissant en France, à moins que ses représentants ne réagissent. La professionnalisation de la publication indé apportera la reconnaissance des médias, des journalistes, des critiques, des blogueurs, des libraires, des diffuseurs, et surtout… des lecteurs.

Dans leur esprit, un véritable auteur est celui dont les ouvrages sont publiés par un éditeur traditionnel. Aux auteurs indés de prouver le contraire et de gagner leurs lettres de noblesse par leur talent et leur professionnalisme.

À ce propos, même si j’ai l’impression de jouer au marchand de tapis, je me permets de parler un peu de mon activité d’accompagnement littéraire, « Laurent Bettoni, accompagnement littéraire ». Je propose diverses prestations, de la correction de texte (je suis correcteur professionnel, diplôme de Formacom) à l’accompagnement complet, et j’incite fortement les auteurs indés à recourir à ce genre de services. Leurs œuvres ne s’en porteront que mieux, leur lectorat aussi, et le courant indé d’une manière générale.

Et, non, un tonton fort en dictées ou un ami prof de français ne remplaceront jamais un correcteur professionnel.

Voici le lien qui renvoie sur mon site : http://laurentbettoni.wix.com/accomp-litteraire

D’autre part, je t’annonce un scoop, Chris. À partir de septembre, en plus de chroniquer dans Service littéraire et La Cause littéraire, je chroniquerai aussi sur IDBOOX (site dédié au numérique qui accueille des milliers de visiteurs par jour). Exclusivement des livres existant en version numérique (ils pourront bien sûr exister en papier). Et les livres des auteurs indés y seront les bienvenus… pour peu qu’ils soient pro. Je chroniquerai donc indépendamment des indés et des « tradis ». Ce qui revient à dire que je chroniquerai des livres écrits par des auteurs, sans autre distinction que le talent.

Enfin, toujours dans l’intention de faire connaître de nouvelles plumes issues de la publication indé, je lance un appel à projets pour la collection « Pulp », que j’ai créée et que je dirige chez La Bourdonnaye. Tous les renseignements utiles sont ici : http://www.labourdonnaye.com/collection/8/Pulp

Voilà, le monde littéraire se trouve à portée de main des auteurs indés, à eux de savoir le conquérir, de s’en donner les moyens.

Nouvel épisode, le 4 !
Nouvel épisode, le 4 !

 

Lire les entretiens précédents d’auteurs auto-publiés :

Entretien avec David Gaughran

Entretien avec Charlie Bregman

Entretien avec Agnès Martin-Lugand

Entretiens croisés avec Laurent Bettoni

Entretien avec Emily Hill

Entretien avec Fabienne Betting

Entretien avec Florian Rochat

Pourquoi en numérique ? est une série d’entretiens avec des auteurs autoédités en numérique, mais aussi d’autres acteurs qui font les corrections, le formatage, etc. et acceptent de travailler avec eux.

Si vous désirez un entretien veuillez lire les démarches à suivre. Si vous êtes auteur ici , si vous n’êtes pas auteur 

GOINGmobo, the Magazine of the Mobile Bohemian

Chris Simon _ Licence Creative Commons BY-NC

Photos  ©Laurent Bettoni

1ère mise en ligne et dernière modification le 16 juillet 2013

6 réflexions sur “Pourquoi en numérique ? Un entretien avec Laurent Bettoni

    1. Merci de le dire. Le baiser de la mouche regroupe beaucoup d’infos utiles à travers et grâce à l’expérience des auteurs auto-publiés. Ils partagent leurs expériences et je voudrais ajouter que de lire leurs livres aide aussi à mieux comprendre comment écrire et formater des livres de qualité. Excellente soirée.

  1. Pingback: Pourquoi en numérique ? Un entretien avec Marie Fontaine | le baiser de la mouche

  2. Pingback: Pourquoi en numérique ? Un entretien avec Claire Roig | le baiser de la mouche

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