Dans quelle langue, écris-tu ?

Longtemps j’ai cru qu’il n’y avait qu’une seule langue, que tout était dans la même langue : la littérature, les films, les conversations, les idées, le supermarché, les légumes et la monnaie…

Et puis à 8/9 ans, j’ai commencé à apprendre la langue des autres, leurs mots, leurs idées, leurs façons de voir les choses, de les appréhender… Ça ne me plaisait pas particulièrement, mais je me sentais comme le voyageur dans des contrées lointaines, prêt à découvrir, embrasser une civilisation inconnue, à la seule différence que tout se passait dans mon quartier…

Ainsi, doucement, je sortis de mon monolinguisme.

De la langue de la boulangère à celle de la voisine en passant par le facteur,  la caissière, l’épicier du coin et les professeurs, je suis devenue de plus en plus étrangère, moins aux autres qu’à moi-même.

On est habituellement l’étranger d’un autre, d’une civilisation donnée ou dominante. Devenir sa propre étrangère s’avérait pour moi une forme de voyage initiatique très risqué. Je risquais à tout moment la disparition, la possibilité d’un effacement de la carte géographique et sociale…

J’ai pris ce risque.

J’ai commencé à écrire des tous petits textes ! 10 lignes, 20 lignes et puis les lignes se sont allongées, des personnages sortaient de ces lignes comme des sujets libres. Ils aspiraient à vivre leur vie au-delà de moi, des langues apprises et officielles, et pour finir au-delà du langage que j’avais dû finalement inventer pour tout simplement écrire.

Aujourd’hui, je parle une seule langue, même si j’en comprends plusieurs. Je parle la seule langue qui décrit exactement le monde tel que je le vois.

En février, retrouvez ma mobolife en anglais dans GOINGmoboICI

Textes et photos © Chris Simon

« Les petites histoires à lire debout » : un projet éditorial complétement mobo !

L’accès en continu à internet, les performances des smartphones et la fréquentation croissante des réseaux sociaux changent progressivement notre rapport au monde et aux autres, notre façon de les penser, de les rencontrer, de travailler et de vivre.

Ce n’est pas en envoyant un manuscrit par la poste, ni le long du boulevard Saint Germain que j’ai rencontré Jean-François Gayrard, directeur des éditions NumérikLivres, mais en butinant sur les réseaux sociaux.

Nous sommes devenus amis, followers, connaissances à travers Facebook, Twitter et Google +. Au fil des mois, je me suis familiarisée avec son travail d’éditeur et les auteurs de sa maison d’édition, j’ai appris à connaître sa personnalité, à apprécier ses qualités de partage et d’entraide et, plus que tout, sa capacité et son désir à penser et travailler autrement. Être éditeur et auteur numérique implique un ajustement de comportements et force à renouveler le rapport commercial et culturel établi au fil des siècles entre éditeurs, auteurs, distributeurs.

Le 27 décembre 2011, j’ai reçu un message Facebook dans lequel Jean-François Gayrard me proposait de publier un de mes textes de La couleur de l’oeil de Dieu. pour une nouvelle collection littéraire 100% numérique baptisée « Les Petites histoires à lire debout« . J’ai aussitôt dit : Ouuuuuuuuuuui !

« Les petites histoires à lire debout » est une collection conçue pour lire d’une tablette, d’un smartphone ou d’une liseuse de quelques endroits où l’on se trouve : transports en commun, queues interminables, salles d’attentes, dans son lit avec un café le matin ou le soir avant de s’endormir. Format court par excellence, chaque module de la collection est composée de trois nouvelles d’un auteur Numériklivres et d’une nouvelle d’un auteur invité. Quatre nouvelles en tout pour une somme modique de 1.49€ ou 2.99 $. Les deux premiers modules de la collection proposent des nouvelles Faute d’amour et Douceur amère d’Anita Berchenko, auteur de Suite 2806 et Les hirondelles sont menteuses aux éditions NumérikLivres et deux auteurs invités Christophe Sanchez avec La Bella Ragazza et Chris Simon (moi-même) avec La couleur de l’oeil de Dieu, nouvelle extraite de mon premier recueil numérique. Jean-François vit à Montréal, Anita à Toulouse, Christophe à Marsillargues et moi à Paris. Je ne les ai jamais rencontrés physiquement, je lis leurs textes et blogs, j’échange et dialogue avec leur avatar et nous voilà, aujourd’hui, réunit autour d’une collection.

Personne n’est obligé de lire dans les transports en commun ou les salles d’attentes, seulement, les gens le font depuis qu’ils savent lire. Le mobo exploite ces situations pour se connecter, répondre à ses messages ou en envoyer, lire un article, un blog ou établir même de nouveaux contacts virtuels ou locaux (lire à ce sujet l’excellent article de GOINGmobo du mois de décembre : How to Stand in Line?). Avec Les petites histoires à lire debout, NumérikLivres offre comme alternative à la bureaucratie nomade, aux jeux, magazines ou journaux, de lire des fictions courtes sur des trajets courts, des tranches de temps calibrés. Fini, les lectures qui s’arrêtent en milieu de paragraphe ou de phrase sur une sonnerie d’ouverture de porte de rame de métro, les marque-pages perdus, la page que l’on ne retrouve plus… Enfin, des escapades littéraires en numérique pour les mobos de tout poil, du plaisir, des histoires contemporaines écrites par les auteurs du web, des aventures au bout des doigts…

Je vous invite à découvrir cette nouvelle collection et ne résiste pas à conclure sur une citation d’Henry Murger, l’auteur qui a le mieux décrit la bohème,le bohémien et son époque : « L’espoir est le million des pauvres »

Excellent réveillon et bonne année 2012 à tous !

Pour acheter « Les petites histoires à lire Debout » Cliquez sur l’ebook :

Pour découvir et acheter des livres ou s’abonner aux Éditions NumérikLivres ICI


GOINGmobo est le magazine du bohémien mobile de Jenz Johnson (Lire  mon article Êtes-vous un(e) mobo ?)

Pour s’abonner

Êtes-vous un(e) Mobo ?

Mobo ? ??

J’ai découvert ce mot dans le magazine américain “Goingmobo”, qui m’a été envoyé via Twitter par son créateur, Jenz Johnson, se définissant lui-même comme un auteur mobo.

Fanny, cinépile et Facebookienne mobo

J’ai appris dans ce magazine que mobo vient de la contraction de “mobile bohemian”, une personne qui utilise son téléphone portable (comme le  iPhone) dans un nombre varié de circonstances et à des fins multiples et diverses. Un mobo se rend à un entretien d’embauche ou une soirée avec l’aide de Google map, il décide de dîner avec des amis au restaurant à la dernière minute, d’un clic passe en revue les commentaires d’ex-clients des restaurants du quartier dans lequel il se trouve et, avec ses amis décide en quelques minutes du restaurant. Il n’est pas nécessairement jeune, même s’il est porté sur les nouvelles technologies et les réseaux sociaux. Il peut être une femme ou un homme, appartient à des couches sociales diverses. Il n’est pas attaché à un bureau ou des horaires 9h-17h, il est mobile, agit et interagit sans frontières, échange informations, idées, adresses, films, musiques, prose et poésie… Avec des individus du monde entier, se connecte sur le monde et crée du lien social, des blogs, des magazines, des entreprises tout ça de son téléphone portable ou tablette.


L’éditeur numérique Québécois, Jean-François Gayrard, mobo @ Numériklivres

Le mobo ne souffre pas de téléphoniiiiite aigüe. Vous ne l’entendez pas dans le bus ou le métro ou à la boulangerie blablater à hauts décibels. Il est discret, efficace, rapide, soucieux de ne pas perdre son temps et par conséquent respectueux de celui des autres. Il maîtrise l’outil et en tire le meilleur parti pour enrichir sa vie professionnelle, sociale, culturelle et amicale. Le mobo lit en numérique et écrit en numérique, il partage l’info, ses coups de coeur et ses bonnes adresses. Le mobo développe des compétences technologiques, de nouvelles pratiques et invente un art de vivre : l’hyper social.  Le « bohémian » dans mobo se réfère au bohème : individu qui adoptait au 19e siècle en France à la fois un style de vie qui rejetait la domination bourgeoise et sa rationalité dans le cadre de la société industrielle au profit de la recherche d’un idéal artistique.

Quels sont les atouts et qualités d’un mobo d’après Jenz Johnson ?

– À l’aise avec la technologie

– Travaille dans des domaines d’activités dans lesquelles la vie sociale et culturelle est centrale

– Multi-tâches

– Curieux et instinctif

– Collabore et se connecte aux autres de partout où il se trouve

L’auteur et éditeur mobo,  François Bon, lors d’une conférence

Le mobo se connecte de différentes manières : en mettant à jour son statut ou son blog régulièrement, en commentant le statut ou le blog d’un autre, en lisant les infos, en recherchant un film, en téléchargeant un livre, en complétant une info sur Wikipédia par exemple, en répondant à la question d’un internaute sur les forums auxquels il appartient, en postant une photo… Le mobo navigue vite, répond vite à ses courriels parce que le monde dans lequel il évolue est par définition un espace qui réduit le temps et la distance. Ces activités multiples lui permettent d’acquérir des qualités, des compétences, mais aussi d’avoir de nombreux avantages dans la société, toujours d’après Jenz Johnson :

– Suivre au jour le jour l’actualité, la météo et tous sujets qui l’intéressent

– Rester en contact direct avec amis, amant(e)s, femmes, maris, enfants, partenaires et associés

– Découvrir de nouveaux livres, films, restaurants, quartiers, musées et autres lieux culturels…

– Trouver son chemin dans n’importe quelle circonstance, qu’il voyage en transports publics ou privés

– Transporter sa bibliothèque (livres, musiques), écouter  sa musique, ses radios à tout moment grâce aux écouteurs.

– Magasiner et comparer les prix avant de faire un achat.

– Correspondre d’où il se trouve et à tout moment avec les membres d’un de ses groupes ou forums favoris

Lucia, escrimeuse professionnelle mobo

Le mobo jouit d’une liberté de choix et d’une autonomie physique et géographique qui étaient impensables il y a quelques années. L’individu se nomadise, développe des compétences sociales, acquiert des avantages et un accès illimité à la société humaine, rien qu’avec son portable. Mais le mobo va plus loin, il transfère et transpose ses compétences dans son environnement immédiat, car il n’est pas un autiste, il partage et interagit aussi avec les gens autour de lui, certains diront, il le fait même mieux grâce aux pratiques et savoirs qu’il expérimente et développe sur son smartphone.

Alors, vous vous êtes reconnu !? Exprimez-le  sur cette page et partagez.

Lire aussi sur le même sujet :  Ma bohème. The modern Bohemian in Paris

Texte © Chris Simon – Photos © Brahim Metiba,  JF Gayrard et FBon

(Remerciements aux personnes m’ayant envoyé et permis d’utiliser leurs photos)

Pour lire l’excellent magazine Goingmobo (en anglais uniquement pour l’instant) c’est ICI

Jenz Johnson est l’auteur de deux livres : Giga Bites: Hacker Cookbook et Road to Reboot, en vente sur amazon. com papier ou numérique.