Auteurs, réveillez-vous ! Des solutions avant que ReLIRE ne vous dépouille

Chris Simon est l’auteure de quatre livres numériques dont trois auto-publiés. 

Mes ebooks sur Amazon
Mes ebooks sur Amazon

Auteurs réveillez-vous ! 

Ouvrez les yeux sur le numérique et devenez Indés pour sauver vos biens !

Relisez :

Réfractaires, oui, mais pas vaincus ! car l’histoire permet des vues plus larges sur les événements.

Et signez la pétition contre la loi ici : LIRE or not ReLIRE

 

Livre numérique dans une liseuse
Livre numérique dans une liseuse

C’est dingue, aberrant et une violation de la loi de la part de l’état Français. Une loi votée le 21 mars 2013 et  intitulée ReLIRE (Registre des livres indisponibles en réédition électronique), très bien expliquée dans le billet de S.I.Lex. Ce Registre est une liste de 60 000 livres indisponibles (avec des erreurs) et oblige les auteurs de ces indisponibles à se manifester dans les six mois c’est-à-dire avant le 21 septembre 2013, faute de quoi leurs livres indisponibles seront exploités d’office par un tiers. Le registre est géré par la BNF.

Si vous connaissez des auteurs, des ayants droits, même d’un seul livre, faites circuler l’information en les renvoyant sur les sites de références en fin de ce billet.

Il est impératif que les auteurs soient informés, se mobilisent et trouvent des solutions individuelles et collectives. Il y en a. Lisez l’excellent billet de François Bon et rejoignez le site de lesindisponibles.fr, une coopérative qui se propose de numériser les indisponibles sur la demande des auteurs pour que ceux-ci gardent la gestion de leurs oeuvres et reçoivent donc la rémunération qui découlerait d’une exploitation numérique. En effet, d’après le Registre l’auteur a jusqu’au 21 septembre 2013 pour prouver qu’il est l’auteur du(des) titre(s) qu’il réclame et deux ans pour l’exploiter, spécifie ce même Registre, faute de quoi les oeuvres réclamées retomberaient automatiquement dans ReLire.

La légende de Little Eagle
La légende de Little Eagle

La vraie solution contre une telle spoliation est de prendre en charge l’exploitation de vos oeuvres indisponibles. Des auteurs se sont déjà lancés tels que Florian Rochat, Serge Brussolo ou Gilbert Gallerne qui déclare dans un entretien sur Ecran Total :

Il va falloir faire un tri dans tout cela, et je pense que cela passera par une prise de conscience des auteurs reconnus qui disposent de titres oubliés. Je pense notamment à tous ces auteurs du Fleuve Noir, à tous ces gens qui fournissaient les collections policières ou de science-fiction dans les années 1970 à 1990 et dont la plupart des ouvrages sont aujourd’hui introuvables. On commence à voir cela aux États-Unis, et dans une moindre mesure en France, où l’on a encore quelques années de retard, mais cela va venir. Que des gens comme Brussolo commencent à y venir est un très bon signe.

Gilbert Gallerne réedite ses indisponibles sur Kindle
Gilbert Gallerne réedite ses indisponibles sur Kindle

Faites comme ces auteurs. Défendez vos droits en mettant les mains dans le cambouis et ne laissez pas une loi vous voler des années de travail et de dévouement. Vous pouvez les rejoindre en exploitant vous-mêmes vos oeuvres sur les plateformes numériques comme Amazon, Kobo et iBookStore, ou contacter la coopérative lesindisponibles.fr,  rejoindre Le droit du serf, collectif de réflexion et d’action qui propose de lutter contre cette loi et trouver de l’aide pour l’auto-publication auprès de ce blog.

Si vous avez des questions n’hésitez pas à me contacter. Si vous connaissez d’autres organismes en mesure d’aider les auteurs d’oeuvres indisponibles, intervenez dans les commentaires.

Auteurs réveillez-vous ! 

Signez la pétition contre la loi ici : ReLIRE or not ReLIRE

Pour mieux comprendre cette loi et comment la contrer lisez :

S.I.Lex : De la loi sur les indisponibles au registre ReLIRE : la blessure, l’insulte et la réaction en marche

IDBOOX : Découvrir ReLire ou mourir ?

Actualitté/Billet de François Bon : Auteurs, contre l’État voleur, réclamez vos droits !

Le droit du serf sur La loi sur les indisponibles : Entretien avec Yal Ayerdhal

Page officielle du registre ReLIRE pour rechercher vos titres.

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1ère mise en ligne et dernière modification le 26 mars 2013.

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MON PROCHAIN GROS TRUC, si j’ose dire.

Mon prochain gros truc est l’adaptation française de The Next Big Thing, un mème viral dans lequel les auteurs exposent leur prochain projet puis invitent d’autres auteurs à faire de même sur leurs blogs respectifs.

C’est à Jean-Basile Boutak, un des auteurs de Historietas (ebook auquel j’ai participé) chez Edicool que je dois d’avoir été « tagué ».

ebook en vente sur Edicool, Amazon.fr et itunes
ebook en vente sur Edicool, Amazon.fr et itunes

L’expression « gros truc » en français me fait sourire, mais je comprends pourquoi cela n’a pas été traduit par grand machin ou grosse chose. 😉

Je dois avouer que j’aurais sans doute passé mon tour si je ne venais pas de finir un premier jet de mon roman en cours. Je n’aime pas vraiment parler de mes projets – peur de perdre l’énergie et le désir qui me portent. Mais je me suis dit, pour une fois, sois à la hauteur de tes personnages, fais face à tes peurs.


1. Quel est le titre de votre prochain texte ?

Je ne vais pas le dire, je veux faire la surprise !

2. D’où vous vient l’idée principale ?

De mon premier roman Ma mère est une fiction  chez Publie.net, dans lequel j‘ai fait se croiser quatre histoires. J’ai été sollicitée et encouragée sur les réseaux sociaux par des lecteurs (et même un éditeur) à développer l’une d’entre elles en roman, je me suis dit qu’ils avaient peut-être raison et j’ai essayé.

En vente sur Publie.net, Amazon, Bookeen, iBookStore...
En vente sur Publie.net, Amazon, Bookeen, iBookStore…

3. À quel genre appartient-il ?

Je ne pose jamais la question du genre. À tort peut–être ? Je me concentre sur l’histoire, les personnages. Cependant, je sens ce roman au croisement du roman d’anticipation et de l’uchronie.

4. Si votre texte était adapté au cinéma, quels acteurs verriez-vous dans les rôles principaux ?

Cette question me parle pour deux raisons. 1. L’ histoire au départ était une nouvelle de quatre pages. Ma première idée, en la relisant, était d’en faire un scénario de long-métrage, car je voyais le film. 2. J’écris mes romans en utilisant les techniques du scénario. Il faut dire que c’est ma formation. Cependant, je n’ai pas envie pour l’instant de mettre des visages connus sur mes personnages alors que je le ferais si j’écrivais un scénario.

 5. Quel est le synopsis du texte en une phrase ?

Un voyage qui tourne mal, très mal et met en péril la vie du personnage principal. 😉

6. Allez-vous être publié par un éditeur ou en auto-édition ?

Je n’ai pas décidé, mais l’auto-édition numérique me convient très bien. J’ai déjà publiés deux livres.

7. Combien de temps avez-vous mis pour produire votre premier jet ?

Deux mois. Mais c’est maintenant que le travail le plus long commence.

8. À quel autre livre pouvez-vous le comparer ?

Aucun pour l’instant. Mais je n’ai pas lu tous les livres !

9. Qui ou quoi a inspiré l’écriture de votre livre ?

C’est une histoire que j’avais dans la tête depuis une douzaine d’année. Mais, je ne sais pas pourquoi, je n’arrivais pas à m’asseoir et à l’écrire. Et puis un jour au printemps 2011, j’ai enménagé dans un nouvel appartement et j’ai trouvé sous une latte du plancher qui bougeait, un billet d’1 dollar. Qui avait laissé ce billet ? Les propriétaires avaient-ils connaissance de cette cachette ? Ces questions en ont  apporté d’autres.  À quoi servent les traces ? Le souvenir ? La mémoire permet-elle de nous apprendre quelque chose sur nous-mêmes et sur la nature humaine ? J’ai remis le billet et repositionné la latte et j’ai écrit la première version.

10. Que pourriez-vous dire pour piquer l’intérêt de votre lecteur ?

Une des quatre parties de Ma mère est une fiction est ma matrice et permet une incursion dans le roman .

Pour prendre la suite, et se soumettre à cette pratique virale, j’invite Fabienne Riveyran, , Marlène Tissot, Claire Roig, Camille Philibert-Rosignol, Éric, Dubois, Laurent Bettoni, Olivier Moyano, Florian Rochat, Jean-Christophe Heckers, Adam Molariss. S’ils le veulent, bien sûr.

Bibliographies

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1ère mise en ligne et dernière modification le 13 février 2013

Inventer une infrastructure pour le livre numérique en 2013

Volet 4

Bilan 2012 : manque d’infrastructure pour faire émerger les ebooks de qualité

Livre numérique dans une liseuse
Livre numérique dans une liseuse

Suite à un article de l’auteure anglaise Suw Charman-Anderson parut dans Forbes Magazine, j’ai soudain compris que ma rubrique Pourquoi en numérique ? était une réponse (à très petite échelle et petits moyens) au manque cruel de structures et de venues pour la diffusion et la promotion des contenus numériques (notamment le récent marché des ebooks). En effet, chaque pays possède des infrastructures qui permettent aux livres et aux auteurs d’émerger du chaos et de la diversité d’un marché du livre donné. En France, il sort chaque automne plus de 600 livres (événement appelé la rentrée littéraire, événement qui fascine et amuse tout à la fois les critiques littéraires des quotidiens urbains et magazines littéraires aux États-Unis). L’article de Suw Charman-Anderson relate la publication d’une excellente critique dans le New York Times par le critique  littéraire Michiko Kakutani d’un livre auto-publié “The Revolution Was Televised” d’Alan Sepinwall et développe l’idée que le phénomène reste rare dû en partie au système du milieu littéraire américain. Au Royaume-Uni et aux États-Unis, l’éditeur de même que les agents littéraires font office de filtre pour les critiques littéraires, car ce sont eux qui préconisent la lecture des nouveautés aux critiques en qui ils font confiance. Il y a trop de livres pour le nombre de critiques et donc l’écrémage en amont est essentiel. Qu’en est-il dans le numérique ?

Ebook auto-édité et dans les 10 meilleurs livres 2012 (NYTimes)
Ebook auto-édité et dans les 10 meilleurs livres 2012 (NYTimes)

Il n’y a pas d’écrémage. Un critique ne se sent pas à l’aise à être en contact direct avec un auteur. C’est compréhensible. Des intermédiaires sont donc nécessaires. Or dans le numérique, tout étant nouveau, il n’y a ni intermédiaire, ni infrastructure. Comment des journalistes habitués à recevoir des maisons d’éditions, des attachés de presse, des rédacteurs en chef les livres à lire et recommandables pourraient soudainement se jeter corps et âmes dans la jungle d’une industrie naissante : le numérique ? Bien souvent ils n’ont jamais entendu parler de la maison d’édition ou de l’auteur qui proposent un nouveau livre.

En France ou le système même de la société  est plus hiérarchique qu’aux États-Unis, les critiques littéraires sont souvent des directeurs littéraires de maisons d’éditions (lire le billet édifiant de Laurent Margantin, Le système Gallimard : Un palmarès des critiques littéraires au service d’un éditeur), et les libraires, qui  existent encore viennent ajouter un écrémage supplémentaire. Au final un nombre très limité de livres atteint une visibilité.

De plus, la plupart des blogueuses/blogueurs littéraires se contentent de lire exclusivement les livres papier des plus grosses maisons d’éditions. Une poignée de ces blogues s’aventure hors des sentiers battus et dans cette poignée deux ou trois accepteront de lire un livre numérique.

La plupart des clubs de lecture se contentent aussi de distribuer et faire lire les livres des grandes maisons d’éditions dont les plus grosses ventes sont des livres papiers, pas des livres numériques.

De fait, les maisons d’éditions numériques les « pure players » comme les auto-édités se retrouvent à faire de l’auto-promotion à travers leurs blogues, dailynews en ligne et newsletters… L’auto-promotion est donc inévitable tant qu’il n’y aura pas les infrastructures nécessaires à la promotion de ce nouveau marché qu’est le livre numérique. En attendant de nombreux livres ne sont pas lus, pas remarqués et c’est regrettable car ils représentent une énorme somme de travail et de créativité de la part des auteurs et des « Pure players ».

Art
Art

Depuis Marcel Duchamp les artistes savent qu’ils peuvent faire de l’art avec tout matériaux. Les auteurs, eux, se servent toujours des mots, uniques matériaux d’écriture. Ce qui a changé grâce au numérique depuis quelques années, c’est qu’ils peuvent écrire ces mots partout.

Paris 9e
Paris 9e

Des murs des villes au papier des cahiers, les mots sont venus sur les écrans des villes, des habitats, sur les blogues, les sites, les ebooks… Les mots voyagent transitent, passent d’un support à l’autre, d’un lecteur à l’autre à la vitesse du numérique et non plus à la vitesse de l’imprimerie.

Le temps réel n’est pas le temps de l’imprimerie.

La légende de Little Eagle
La légende de Little Eagle

Pour un nouveau monde, créons une nouvelle infrastructure, ensemble réfléchissons à des nouveaux modes de communication. Après tout, nous sommes auteurs, c’est-à-dire des créateurs.

Dès 2013, Le baiser de la mouche proposera une nouvelle rubrique : Entretiens croisés, en cours d’élaboration avec l’auteur Laurent Bettoni. Nous publierons bientôt le premier entretien à la fois sur son blogue Écran Total et sur le mien.

Solution pour 2013 : Auteurs et “Pure Players”créez ou/et continuez de créer vos propres outils de communication.

Quatrième volet d’un état des lieux et analyse de la situation et de la condition de l’auteur, de ses difficultés et de son devenir. Lire le volet 1, volet 2, volet 3

Tuyaux pour les auto-publiés et les éditeurs “pure-players” dans les billets Pourquoi en numérique ? Vous trouverez des ressources pour créer et promouvoir vos ebooks.

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1ère mise en ligne et dernière modification le 27 décembre 2012.

Pourquoi en numérique ? Entretien avec Emily Hill

En vente sur Amazon Kindle et papier

J’ai remarqué Emily Hill pour la première fois sur Twitter. Comme elle venait de proposer une traduction en français de son ebook Les histoires de fantômes et les imprévus (Ghosts Stories and the Unexplained) sur Amazon Kindle, j’ai eu envie d’ouvrir la rubrique aux auto-publiés anglophones. Emily n’en est pas à son premier ebook aux États-Unis, mais c’est son premier livre numérique traduit et publié en français.

Emily Hill est d’origine canadienne et auteure d’histoires de fantômes. Elle vit à Edmonds, petite ville au nord de Seattle (état de Washington). Sur son site, Emily Hill, au son d’une musique étrange, vous invite à répondre à un questionnaire pour tester vos connaissances et vos goûts en matière de fantômes et autres êtres surnaturels. Cette approche ludique reflète bien l’atmosphère et l’ambiance des univers qu’elle invente dans ses livres. Emily aime avant tout raconter des histoires, c’est ainsi qu’elle se définit elle-même :

J’aime une bonne histoire, bien ficelée, qui étonne, qu’elle soit ecrite dans un style économe ou un lyrisme volubile, avec des phrases courtes et energiques ou longues et alambiquées – Ça m’est égal ! Mais racontez moi une histoire, ou mieux encore, laissez-moi vous raconter une histoire – Et vous ferez mon bonheur !

Amateurs de Fantômes, d’univers surnaturels, je vous invite à lire son premier livre traduit en français qu’elle dédie à ces ancêtres francophones, venus du Canada.

En vente sur Amazon Kindle

Résumé du livre :

Depuis que ma mère – et toute ma famille _ sont morts, j’ai hérité de leurs photos qui ont circulé de main en main pendant des années. L’autre jour, j’étais en train de contempler une photo de papy Jimmy, deuxième mari de ma grand-mère. Son premier mari, Earl, était mort en 1925, d’une drôle de façon, alors que ma mère avait à peine 13 mois…

Existe en aussi en version papier sur Amazon

Emily Hill et Histoire de fantômes 1

Emily Hill répond aux 5 questions

1.

Pourquoi l’auto-édition et non pas l’édition ?

Au moment même où j’ai terminé mon premier manuscrit et où je me sentais prête à me lancer en tant qu’auteure, la crise économique secouait l’Europe. C’était au printemps 2009, la crise avait déjà frappé aux États-Unis.  Je revenais d’un séjour en France. J’avais visité la normandie, les villes de Nantes et Paris. Je ne pouvais que constater la baisse des ventes des livres et la fermmeture des maisons d’édition ou du moins leurs frilosités face à l’économie morose.

Donc pour publier, il m’a fallu penser autrement, en dehors du circuit traditionnel, et être inventive ! À cette époque, L’auto-publication n’avait pas bonne presse. Elle était surnomée “la pente obscure” (The dark side).  On ne pouvait pas être plus marginal que ça !

2.

Quelle est ton expérience dans l’édition avant le numérique) ?

Mes ancêtres canadiens francophones ont atterri à Baltimore (état du Maryland), après avoir été expulsés du Canada. Une fois bien établis, ils sont devenus propriétaire d’une imprimerie.Mes grand-pères et tous mes oncles ont tous travaillé soit dans l’imprimerie et soi pour les quotidiens de presse – C’est devenu un gène dans la famille!

3.

Pourquoi en numérique ?

Mon mentor à l’époque m’avait mise en garde. L’Auto-publication papier est confidentielle car sans distribution, alors que l’ebook non seulement est largement distribué et pourrait devenir le mode de lecture du futur ! De plus un livre papier de qualité professionnelle,] peut être très cher à produire.

4.

Ton livre est-il classé dans un genre particulier ? Si non, comment le répertories-tu sur les plateformes ?

Oui, j’écris des histoires de fantômes, donc je les répertorie dans Mysticisme et contes folkloriques.

5.

Comment as-tu défini le prix de ton ebook ? Les raisons ?

J’ai lu Dean Wesley Smith, qui a écrit 100 ebooks. Je suis ses conseils en matière de distribution et de prix.

Traduction française Catherine Bedeski

Pourquoi en numérique ? est une série d’entretiens avec des auteurs autoédités en numérique, mais aussi d’autres acteurs qui font les corrections, le formatage, etc.

Si vous désirez un entretien veuillez lire les démarches à suivre. Si vous êtes auteur ici , si vous n’êtes pas auteur 

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Photos © Emily Hill

1ère mise en ligne et dernière modification le 5 novembre 2012

À télécharger… Numéritérature Magazine N°4 !

 À télécharger… Numéritérature Magazine N°4 !.

Retrouvez la rubrique Pourquoi en numérique ? dans le magazine de la littérature numérique ! En ligne et gratuit !

Pourquoi en numérique ? Entretien avec Fabienne Betting

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NOUVEAU ! Version Originale !  sur Smashwords(tout format)

Je ne connaissais pas du tout Fabienne Betting, j’étais donc contente de découvrir une nouvelle  auteure auto-éditée ! Nos échanges par courriels se sont passés sans heurt. Fabienne est une personne directe et franche avec une pointe d’ironie sous-jacente dans le ton. En voyant sa photo, et en lisant  sa bio et le résumé de Version originale !, son premier roman, je n’ai pu m’empécher de sourire.  La dérision est un élément important de sa personnalité. Voici comment elle se présente elle-même :

Fabienne Betting a commencé sa carrière littéraire en écrivant des nouvelles qui lui ont valu le prix Vedrarias 2000 et le prix de la nouvelle policière de Dôle en 2007. Spécialiste internationale du quatrième pays balte, la Mesménie, elle lui consacre son premier roman, « Version Originale ! », qui compte déjà des centaines de lecteurs à travers le monde. Rejoignez le mouvement : Tous en Mesménie !

Fabienne aborde l’auto-édition avec nonchalance et une honnête paresse qui la rend très sympathique et invite la chance à donner le coup de pouce nécéssaire à son pari.

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Résumé du livre :

« Version originale ! »,  c’est l’histoire du jeune Thomas serveur chez McDo après avoir abandonné ses études littéraires. Il avait une bonne raison pour laisser tomber : une déception amoureuse dont l’objet était  sa prof de mesmène, langue du quatrième pays balte. Pressé par sa copine de trouver autre chose, il trouve une annonce dans « 20 minutes » juste faite pour lui : « Recherche traducteur pour le mesmène vers le français. Rémunération très bien. »

Malgré ses connaissances plus qu’approximatives de cette langue, il est incapable de résister et répond à l’annonce. Le commanditaire, estonien à l’air louche qui répond au nom de Sergeï, lui donne trois semaines  pour traduire presque 200 pages. Thomas se met au travail avec ardeur, et il traduit tant bien que mal, arrange à sa sauce les détails qu’il comprend mal, corrige ce qu’il prend pour des inepties.

Au final il s’en sort,  rend sa copie au mystérieux Sergeï, touche son dû et n’entend plus parler de sa traduction… jusqu’au jour où la Mesménie se retrouve à la une des journaux, et où le livre qu’il a traduit devient un succès de librairie.

A partir  de là, il va de surprise en surprise : Sergeï a disparu, on le menace d’un procès pour vol de manuscrit, il passe pour l’auteur du livre et Mali, sa belle prof de mesmène resurgit dans sa vie…

Fabienne Betting

Fabienne Betting répond aux 5 questions

1.

Pourquoi l’auto-édition et non pas l’édition ?

Soyons honnête : tout auteur de roman aimerait être publié par les voies « officielles » de l’édition ; c’est encore aujourd’hui le meilleur moyen d’accréditer un livre et je ne suis pas différente des autres.

Soyons réaliste : se faire éditer par une grande maison d’édition quand on est totalement inconnu, quand on ne connait personne dans le milieu ou dans la sphère médiatique, c’est presque mission impossible. Je ne fais pas le procès des maisons d’édition mais je pense qu’elles reçoivent trop de manuscrits pour les examiner attentivement. A la rigueur, si on vise le public adolescent avec des histoires de magiciens, ou si on écrit sur des sujets très vendeurs comme la politique ou l’érotisme, a-t-on une petite chance d’être remarqué. Une idée serait de mêler l’ensemble et de proposer un titre du genre « François Hollande contre les vampires libidineux de Belleville » mais je n’aurais pas le talent d’écrire un tel chef d’œuvre.

Pour les petites maisons d’édition, le problème est différent. Il faut les identifier, comprendre leur ligne éditoriale, comprendre si le roman que l’on propose correspond à cette ligne. C’est un travail assez ardu, et pour mon livre qui est une histoire souriante qui ne vise aucun public en particulier, je n’ai pas su le mener à bien.

Il me restait l’auto-édition que je connaissais mal et que j’imaginais fastidieuse et onéreuse. Par pur hasard, peu de temps après la finition de mon roman, j’ai lu sur la toile un article sur Amazon et sur sa plateforme de livres numériques ouverte à l’auto-édition. J’ai donc essayé et j’ai trouvé un moyen simple et rapide d’avoir accès à un grand nombre de lecteurs potentiels dont je suis ravie.

2.

Pourquoi le numérique ?

Le numérique est le format idéal pour l’auto-édition. Il permet de fixer un prix raisonnable et assure une certaine visibilité du produit quand on le diffuse à travers des plateformes telles qu’Amazon.

Et puis je crois fermement à l’avènement des liseuses numériques dans les années ou même les mois à venir. Nous savons qu’aux Etats-Unis elles ont de plus en plus d’utilisateurs mais il n’y a pas qu’outre atlantique que les lecteurs les adoptent.  J’étais à Moscou la semaine dernière et j’ai vu dans le métro que plus de la moitié des gens lisaient sur des supports numériques !

A mon sens, l’exception Française ne vient pas tant de l’attachement au format papier, même si cet attachement existe, qu’au  problème de l’offre en numérique qui est encore réduite et surtout du coût puisque les livres numériques restent souvent au même prix que leur version papier grand format, ce qui est proprement scandaleux. Malgré ces inconvénients, les liseuses présentent tellement d’avantages, notamment le choix de la taille de caractères, le poids, l’encombrement, que je suis sûre qu’elles finiront par d’imposer.

Illustration du roman Version Originale

3.

Ton livre est-il classé dans un genre particulier ? Si non, comment le répertories-tu sur les plateformes ?

La question du genre est particulièrement délicate pour moi. J’ai écrit un livre d’aventures que j’espère assez drôle mais qui  n’appartient pas à une catégorie particulière. Au début je l’ai laissé dans « littérature générale » sur Amazon et j’ai eu la surprise de le voir entouré par « la guerre des boutons » et « le Kamasoutra », ou bien par « A la recherche du temps perdu » et « les aventures de Sherlock Holmes ».  Je n’y voyais pas d’inconvénient mais je devais bien reconnaitre que le mélange ma semblait incongru. Je l’ai alors transféré dans des sections plus spécialisées telles que « Humour et BD » et « Policier et Suspens » mais là encore, je n’avais pas l’impression qu’il avait trouvé sa place. Si les lecteurs de cet article veulent bien me donner leur avis après avoir lu mon livre, je suis preneuse !

4.

Comment as-tu défini le prix de ton ebook ? Les raisons ?

J’ai d’abord envisagé de proposer le livre gratuitement sur Amazon et puis j’ai changé d’avis pour deux raisons : d’abord, même si j’ai pris beaucoup de plaisir à écrire ce livre, c’est un vrai travail d’écriture, très chronophage, et je pense que tout travail mérite salaire. Ensuite, et surtout, je pense que les lecteurs qui vont payer un livre seront plus exigeants quant à son contenu et auront plus tendance à laisser un commentaire et c’est ce que je recherchais. Pour fixer le prix, cela a été plus difficile. Je voulais un montant raisonnable tout en étant significativement moins cher que les livres papiers et finalement  je me suis laissée guider par Amazon qui avait un prix conseillé, je ne sais pas sur quel critère, mais qui m’a paru convenable aussi je l’ai laissé à ce prix-là.

Version Originale ! Illustration

5.

Démarches-tu les blogs et sites de critiques. Combien de critiques as-tu obtenu sur ton/tes livre(s)? Es-tu satisfait(e) de tes relations avec ces sites et blogs ?

L’auto-promotion est une notion indissociable de l’auto-édition mais c’est une tâche bien différente de celle de l’écriture. J’ai essayé de démarcher certains sites, dont ID BOOX où Elizabeth Sutton m’a fait une très gentille critique mais dans l’ensemble je n’ai pas beaucoup démarché de blog, essentiellement par manque de temps et de connaissances de ces sites. Par contre, j’ai eu l’agréable surprise d’avoir été remarqué par certains d’entre eux et j’ai eu une dizaine de très bonnes critiques sur Amazon, qui ne sont pas de mon fait ni de celui de mon entourage. Je le précise car autant je suis partisane de l’auto-édition, autant l’auto-éloge me parait préjudiciable et discrédite l’ensemble des livres auto-édités.

Quand je l’ai pu, je me suis mise en contact avec les personnes qui avaient eu la gentillesse de commenter mon livre.

Sites sur lesquels on peut trouver les commentaires sur mon livre :

Les jardins d’Hélène Libfly, Le.cas.ss. Le blog de Tilly

l’ A B C de Fabienne Betting

A. Comment as-tu fait le formatage ?

Je l’ai fait moi-même sous Windows 7, avec word2010, pas très difficile pour Amazon et j’ai été trop paresseuse pour le formater et le mettre sur les autres sites comme iBookStore et Kobo.
La plus grande partie du formatage se fait pendant l’écriture, en respectant quelques règles simples :
1/ Utiliser les fonctions de mises en page pour définir les retraits de début de texte et les dialogues plutôt que mettre des espaces ou des tabulations  qui sont mal pris en compte à la conversion
2/ Bien penser à insérer un saut de page à la fin de chaque chapitre
3/ Pour centrer les titres et les illustrations, utiliser le bouton permettant de centrer le texte. De même utiliser le bouton « justification » pour la mise en forme des paragraphes.
4/ Pour les illustrations; insérer les images en jpg et ne pas faire de copier/coller.
J’ai passé beaucoup de temps à reformater les dialogues : J’avais mis un trop grand retrait au départ car j’écrivais en format A4 et, au moment de la conversion, ce retrait n’a pas été réduit alors que la longueur des lignes l’était, elle ! Le résultat était très vilain et j’ai du revoir ma copie.

De très bons conseils de formatage sont donnés à :
https://s3.amazonaws.com/kdp-na/files/Building-Your-Book-for-Kindle-FR.pdf

B. Combien as-tu vendu d’exemplaires à ce jour ?
A ce jour, j’ai dépassé les 150 exemplaires en un an avec une seule plateforme (Amazon Kindle)

C. Es-tu satisfaite du rythme de tes ventes ? considérant que tu es inconnue et que c’est ton premier roman.
En fait je suis plutôt agréablement surprise, autant par le nombre de commentaires favorables que par les ventes. Ça me donne envie de faire de la promotion mais à vrai dire je ne sais pas trop comment m’y prendre, et j’ai l’impression que Florian Rochat a tout à fait raison dans son entretien, quand il dit que l’auto-promotion est mal vue.

Version Originale ! Illustration

Pourquoi en numérique ? est une série d’entretiens avec des auteurs autoédités en numérique, mais aussi bientôt d’autres acteurs qui font les corrections, le formatage, etc.

Si vous désirez un entretien veuillez consulter ce billet pour les démarches à suivre.

 

Chris Simon _ Licence Creative Commons BY-NC

Photos © Fabienne Betting

1ère mise en ligne et dernière modification le 9 octobre  2012

Pourquoi en numérique ? Entretien avec Florian Rochat

J’ai rencontré Florian Rochat sur les réseaux sociaux. Tous deux auteurs autoédités, nous échangeons depuis quelques mois informations et tuyaux. C’est donc un mini portrait de son avatar, avec lequel mon avatar communique régulièrement, que je vais faire.

Florian Rochat apparaît comme un aventurier tranquille. Ancien journaliste de presse écrite, radio et télévision, il vit au pied des montagnes du Jura suisse, où il pratique de manière assidue la randonnée et le ski de fond. Il aime “Trekker” et les auteurs de l’ouest américain comme Jim Harrison et Rick Bass. Grand amoureux du Montana, la  « terre d’ancrage » de deux de ses romans, il est tourné vers la Nature et le rapport de l’homme à la Nature. Autoédité très bien informé, il est généreux, ouvert d’esprit et partageur. En aventurier jusqu’au bout, il a choisi d’autopublier en numérique son nouveau roman, La légende de Little  Eagle, qu’il a couplé avec une version papier realisée au sein du programme Create d’Amazon. Florian Rochat a été  le premier à répondre à mon invitation du 31 aôut, et c’est avec un grand plaisir que je vous le présente.

La légende de Little EagleEn vente sur Amazon, iBookStore, Kobo, Fnac... et Smashwords
La légende de Little Eagle
En vente sur Amazon, iBookStore, Kobo, Fnac… et Smashwords

Tous les formats du livre ici

Résumé : Hélène Marchal, journaliste dans la quarantaine, hérite d’une maison dont elle n’avait jamais entendu parler. Ces lieux avaient abrité un secret de famille que sa mère lui avait révélé peu avant sa mort. Mais en se rendant à Verdeil pour y découvrir son bien, une autre surprise l’attend dans ce petit village bourguignon.
Sur un rayon de bibliothèque où quelques livres ont été abandonnés, elle découvre un bout de papier qui dépasse d’un ouvrage. C’est une copie carbone d’une lettre adressée en 1947 par son grand-père maternel aux parents du premier lieutenant John Philip Garreau, pilote de chasse dans l’armée de l’air américaine… lire la suite

Montana

Florian Rochat répond aux 5 questions

1.

LeBdelaM : Comment as-tu découvert l’auto-édition numérique ?

Début 2011. Quelqu’un m’avait envoyé un article sur le succès d’Amanda Hocking, qui avait autopublié plusieurs livres après  avoir été rejetée par tous les éditeurs et qui en avait vendu 900 000 en moins d’un an sur Amazon. De fil en aiguille, j’ai découvert d’autres pionniers du numérique, notamment Joe A. Konrath, un auteur de polars qui avait écrit une  dizaine de livres et totalisé… 600 refus. Depuis sa première autopublication en 2009, ses ventes approchent  aujourd’hui le million d’exemplaires. Donc, à l’automne 2011, suite à plusieurs refus d’éditeurs pour mon nouveau  roman, « La légende de Little Eagle », je me suis dit que je n’allais pas passer cinq ans (comme précédemment) pour en trouver un éditeur (le mien m’ayant laissé tombé) . j’ai décidé de tenter le coup de l’autopublication

2.

LeBdelaM : Question formatage et couverture, tu t’y es pris comment ?

Je n’ai pas  essayé  de formatter moi-même, je ne suis  pas un « geek » en informatique ! Mais j’ai un ami informaticien qui s’en est chargé, et nous avons fait les procédures de téléchargement ensemble. Même aux Etats-Unis, tous les auteurs ne  formattent pas eux-mêmes. Il y a des dizaines de petites sociétés qui offrent ce service pour quelques centaines de  dollars. Ensuite, j’ai acheté une photo “clean et pro” à un photographe anglais. Mon ami informaticien l’a “habillée” (titre, couleurs) en collaboration avec moi et fait le formatage pour le KDP et Smashwords.

3.

LeBdelaM : Pourquoi Smashwords ? Avantages, inconvénients ?

Smashwords m’est apparu comme un complément à Amazon, parce qu’ils distribuent les livres qu’on publie  chez eux à d’autres plateformes (Apple, Kobo, Fnac, Sony, Diesel, Barnes & Noble…) Voilà pour l’avantage. Quant aux inconvénients, je ne  vois pas… sinon que mes ventes sur ces plateformes-là sont inférieures à celles que j’ai sur Amazon. C’est Amazon qui marche le mieux. Deux opération “gratuites” et limitées dans le temps sur Smashwords ont suscité un peu plus de 100 téléchargements.

4.

LeBdelaM : Comment tu fais la promotion de ton livre ?

Pas de Relation Presse. J’ai essayé (et je continue) de le faire via les Twitter et Facebook, qui sont sensés être les sésames pour la promotion, mais pas vraiment dans mon cas. Le plus souvent avec des “amorces” de mes articles de blog sur le numérique, ou le partage d’articles sur la question ou la littérature en général. Quelques tentatives sur des forums, qui ont marché un peu. Mais les intervenants sur ces forums sont souvent intolérants: “Il fait de l’autopromotion !!!” (La honte…) Et les bloggeurs aussi ne sont pas très ouverts à l’autopublication.

LeBdelaM : Des suggestions pour faire évoluer les mentalités ?

Sacrée  question… La stigmatisation et le mépris pour l’autopublication sont tels en France, pays où les « vrais écrivains » ne  peuvent qu’être ceux reconnus par un éditeur traditionnel… Je crois qu’un problème important est justement la  facilité avec laquelle on peut se proclamer aujourd’hui « écrivain » en s’autopubliant. Beaucoup de livres offerts sur le Kindle Store ou ailleurs me semblent mauvais, et ça fait du tort aux vrais auteurs. Mais il y en a ! Les meilleurs ont une véritable éthique, ce sont des « pros » qui écrivent de bonnes histoires, sur des thèmes intéressants, en se montrant rigoureux sur la structure, la correction, l’édition. Pour reprendre l’exemple américain, beaucoup d’écrivains autopubliés recourent aux service de correcteurs et d’éditeurs indépendants. Cela coûte de l’argent, mais cela en vaut la peine. Reconnaissance: depuis quelques mois, le New York Times inclut les livres autopubliés dans ses listes des meilleures ventes. Il faudra encore un certain temps pour que L’Express ou le Point s’y  mettent…  En ce qui me concerne, j’ai re-re-re-re-lu mon livre maintes fois, y apportant de nombreuses collections  alors que le le croyais « fini ». Je l’ai fait lire par plusieurs lecteurs et lectrices capables de le critiquer au lieu  de me dire: « C’est génial ! », et j’ai souvent (mais pas toujours, ils n’avaient pas forcément raison, et l’auteur doit  être le dernier à trancher) tenu compte de leurs remarques. Cela dit, l’autoédition peut être diabolique: j’ai  retrouvé, après publication, plusieurs coquilles mineures, une référence grossièrement fausse, et une phrase qui ne  voulait rien dire du tout ! L’avantage de l’autopublication, c’est qu’on peut corriger cela facilement et rapidement.  Ce qui a été fait.

5.

LeBdelaM : Entretiens radio et autres

Oui, une émission d’une demi-heure, débat avec un auteur “classique” sur les avantages et inconvénients du numérique. Un très bon article sur un site spécialisé dans l’aviation, et plusieurs blogs/forums aviation et guerre très accueillants.

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l’ A B C

Bonus technique et idéologique de Florian Rochat en trois lettres

A.

LeBdelaM : Sur Amazon couplée avec la version numérique, tu proposes une version papier, comment ça marche exactement ?

J’ai découvert la possibilité du « papier » peu avant mon  autopublication en numérique, avec le service CreateSpace d’Amazon: https://www.createspace.com/ (se logger en ouvrant  un compte, puis cliquer sur « Start a book for free » pour voir comment ça marche. Il faut aussi formater, bien sûr.)  Cette option me semblait très complémentaire au numérique, dans la mesure où une grande majorité de lecteurs potentiels ne sont pas encore équipés de tablettes ou liseuses. Les versions papier ET numérique apparaissent groupées sur les sites d’Amazon. Les lecteurs ont donc le choix du support. La version imprimée, dont la fabrication est gratuite, mais pour laquelle Amazon offre également de l’aide moyennant une somme assez modeste) peut être vendue à un prix très concurrentiel par  rapport à un livre issu de l’édition traditionnelle. Et c’est quand même toujours sympa d’offrir un (« vrai) livre à ses amis et à ses proches… J’encourage chacun à utiliser cette possibilité. Si on connaît un ou quelques libraires, on peut même s’arranger avec eux pour qu’ils offrent le livre dans leur assortiment.

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B.

LeBdelaM : Comment vis-tu, perçois-tu ce nouveau statut pour les auteurs ?

L’autopublication est vraiment une révolution pour les auteurs. Pour ceux qui ne trouvent pas d’éditeurs (parce que les  éditeurs ne peuvent pas tout publier, même si ce sont de bons livres). Pour ceux qui croient qu’en ayant déjà publié chez des éditeurs traditionnels (comme moi, chez 2 différents), ils peuvent encore en trouver un. Mais ce n’est pas  garanti, et ça peut prendre DES ANNÉES… Cinq, pour mon précédent roman, mais le dernier éditeur contacté a eu un coup de coeur et s’est décidé en deux jours !  C’est aussi une révolution pour des auteurs confirmés aux Etats-Unis, où ils sont de plus en plus nombreux à tourner le dos aux éditeurs traditionnels. Parce qu’ils peuvent publier au rythme qu’ils veulent. Parce qu’ils sont payés chaque mois, au lieu de l’être un an après la sortie de leur livre. Parce qu’ils sont mieux rémunérés sur des prix beaucoup plus bas. Parce  qu’ils conservent tous leurs droits: traductions, adaptation cinématographique (pour les chanceux). Un exemple parlant est celui de Barry Eisler, un auteur de thrillers  politiques qui n’est pas un best seller comme James Patterson ou Steven King, mais dont les livres se vendaient tout de  même à quelques centaines de milliers d’exemplaires. Il a refusé une offre de 500 000 $ de son éditeur pour ses deux  prochains livres, et a autopublié le premier (« The Detachment »), ce qui lui a rapporté plus d’argent qu’auparavant.  N’oublions pas que l’auteur, économiquement parlant, est le maillon le plus faible dans la chaîne du livre traditionnel. Un scandale ! Et que les contrats des éditeurs sont léonins dans leurs conditions et restrictions de toutes sortes. Enfin, les livres autopubliés en numérique sont « éternels » sur le Net, contrairement aux livres  imprimés, dont la grande majorité  qui disparait rapidement des librairies.  Je m’intéresse beaucoup, ces jours, à Joël Dicker, un jeune écrivain genervois de 27 ans, dont le polar « La Vérité sur l’affaire Harry Quebert »(Editions L’Age  d’Homme/de Fallois) figure dans les premières sélections pour le Goncourt et le Femina. Il a des critiques canon dans la presse parisienne, et il vit un rêve extraordinaire. Prix ou pas prix, son livre sera sans doute un succès, et je le lui souhaite de tout coeur. Mais voilà: ce genre de situation est l’exception, et donc je ne fantasme absolument pas là-dessus.

C.

LeBdelaM : Projettes-tu de continuer l’autopublication en numérique ?

Oui. Je pense terminer vers la fin de l’année un nouveau livre, « Printemps sans chien, printemps chagrin » (une  « histoire de chiens » sous forme de récit personnel, pour simplifier) et je vais évidemment l’autopublier. Mes chances de succès sont aussi incertaines que chez un éditeur traditionnel, mais qu’importe puisque je n’y peux rien. Mais le  créneau ou la catégorie « Animaux de compagnie » sur Amazon me semble bons et bien visibles. Les auteurs qui  s’autopublient accroissent leurs chances avec chaque nouveau titre ajouté à leur liste sur les plateformes de vente, il  y a un effet boule de neige avec le temps. Le numérique et le nombre d’ereaders augmentent chaque jour, partout. Donc :  écrire, écrire, selon son envie, son inspiration, son rythme. Sans se prendre la tête ni se faire du mouron par rapport aux affres du monde de l’édition traditionnelle ou au succès si désiré, mais toujours en donnant le meilleur de soi- même. Et, comme disait une vieille chanson américano-espagnole, « que sera, sera ».

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Pourquoi en numérique ? est une série d’entretiens avec des auteurs autoédités en numérique, mais aussi bientôt d’autres acteurs qui partiquent la correction, le formatage, etc.

Si vous désirez un entretien veuillez consulter ce billet pour les démarches à suivre.

 

Chris Simon _ Licence Creative Commons BY-NC

1ère mise en ligne et dernière modification le 24 septembre 2012