Publier un livre sur Google Play

Je sais que beaucoup dauteurs se demandent comment publier sur Google. Le billet de sediter est assez complet. je le reblogue.

Le Souffle Numérique

Jusqu’où serais-je prêt à aller pour vous, mes chers lecteurs ? Face au succès des articles tutoriels qui expliquaient comment publier un livre sur Amazon, YouScribe ou Kobo, je me suis décidé à expérimenter les services de Google Play, la plateforme numérique de Google, qui fournit notamment tous les smartphones Androïd et qui vend livres numériques, jeux et autres films. Mon objectif initial était d’y mettre en vente mon premier ebook : Réalités Virtuelles, de manière à pouvoir tester la plate-forme et en écrire un rapide didacticiel.

Je dois avouer qu’après diverses errances sur la plateforme, j’ai décidé de ne pas finaliser l’expérience. Histoire de ne pas avoir perdu mon temps, je vais tout de même vous donner un didacticiel aussi précis que possible, et vous expliquer pourquoi je n’ai jamais mis en vente mon ouvrage sur Google Play. Si c’est…

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Interview de Chris Simon, auteur auto-éditée

Je reblogue ici l’entretien publié ce matin par le Souffle numérique. Une série littéraire auto-éditée ça démarre comment et pourquoi ?

Le Souffle Numérique

Lacan et la boîte de mouchoirsVoilà un petit moment que je côtoie l’auteur Chris Simon via les réseaux sociaux, où elle est particulièrement active…. et suivie ! Blogueuse depuis des années, Chris Simon connaît très bien le monde du numérique, et plus encore celui de l’auto-édition, puisqu’elle a publié plusieurs de ses romans et recueils de nouvelles en indépendante. L’un de ses livres a également été édité chez Publie.net, que l’on ne présente plus.

J’ai pensé que la récente publication de son dernier projet : Lacan et la boîte de mouchoirs, un roman qui sera publié en plusieurs épisodes diffusés de manière mensuelle, était l’occasion parfaite pour lui proposer un petit entretien sur ce blog. C’est sans rechigner une seconde que Chris Simon a accepté de répondre à mes questions plus ou moins intelligentes, dans l’interview que je vous présente aujourd’hui !

Interview de Chris Simon

Le Souffle Numérique…

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Pour un web ouvert

Le baiser de la mouche reprend aujourd’hui un texte de Laurent Margantin – Pour une web-association des auteurs – qui propose de penser et cultiver un espace d’échange et de liberté pour l’écriture numérique, et notamment l’écriture de blog. Un peu à l’image d’un jardin à l’anglaise plutôt que d’un jardin à la française. Billet reblogué du site qui est désormais consacré à cette tentative, et dans laquelle cette démarche s’inscrit : Pour une web-association des auteurs, Disséminer les écritures

Web-association des auteurs

« Fort heureusement, il n’existe pas un seul web mais plusieurs », écrit Guillaume Vissac sur son blog Fuir est une pulsion après avoir pris connaissance de ma proposition de lancer une web-association des auteurs. Et il dit avoir lui aussi beaucoup réfléchi sur le concept de « web-édition », et que ce n’est pas un modèle qui l’attire.

Les idées sont importantes, mais mettre en pratique l’est plus encore: cette semaine j’accueillais Guillaume sur Oeuvres ouvertes, Pierre Cendrin reprenait un texte de moi et un autre de Claude Favre. Le choix n’est pas entre un camp et un autre – j’ai lancé une proposition, pas un appel à se battre -, mais entre deux logiques: celle d’un web fermé, avec péage à l’entrée (ici on appelle ça le Tiers payant) où il s’agit avant tout de contrôler le plus de territoire possible (textes et auteurs), et celle d’un web ouvert…

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Entretiens croisés entre Chris Simon et Laurent Bettoni_5. Démocratie et écriture ?

Cette rubrique est née sur une idée de Laurent Bettoni. Il m’a proposé ces entretiens croisés entre son blog Écran total et le mien. J’ai accepté aussitôt.

Nous échangerons autour de six questions. Chaque question sera publiée en alternance sur mon blog et sur celui de Laurent Bettoni Écran total. « Croisé » signifie que nous avons établi un véritable cross-over entre nos deux blogs ; les questions 1, 3 et 5 seront traitées sur Le baiser de la mouche, les questions 2, 4 et 6 sur Écran total.

Au-delà du plaisir que nous prenons tous deux à échanger et à partager sur le thème du livre et de l’autoédition numériques – un vrai plaisir littéraire – nous espérons susciter des réactions, des réflexions, des débats. Un engouement, qui sait…

Q 5

En quoi le numérique peut-il démocratiser l’écriture ?

 

 

Chris Simon(Photo @louise_imagine)
Chris Simon
(Photo @louise_imagine)

Chris Simon. Les blogueuses et blogueurs sont de plus en plus des amateurs, des passionnés d’un sujet et qui écrivent sur celui-ci. Ils découvrent et font découvrir aux autres. Ils partagent leur savoir. Il y a une très forte notion de partage dans le numérique. Ce partage est parfois mal compris et certains pensent que tout devrait être gratuit sur internet. Je ne crois pas. Je peux décider de partager ma connaissance sur les papillons, mais je peux aussi décider d’en tirer un profit pour vivre, de créer mon propre emploi (vu la disparition des emplois dans les pays occidentaux !). Les deux approches sont viables et respectables.

Nous sommes finalement arrivés à créer une société ou la grande majorité des gens savent lire et écrire. On devrait s’en réjouir. C’est un réel accomplissement de société humaine.

Laurent Bettoni
Laurent Bettoni

Laurent Bettoni.

Il est devenu très facile de publier et de diffuser ses écrits sur le Net. C’est en cela que le numérique démocraitse l’écriture. En quoi est-il gênant que très peu de textes ainsi publiés soient « lisibles » ou dignes d’intérêt ? Qui cela embête-t-il ? Et puis, ce qui est inintéressant pour moi sera peut-être captivant pour toi. Les lecteurs sont bien assez grands pour savoir ce qu’ils aiment ou non. On effectue un tri rapide de ce qui va nous plaire ou pas.

Je me réfère encore à la musique et à la video, mais le numérique et le Net ont permis dans ces domains de découvir des talents. Il n’ y a aucune raison pour que cela ne se produise dans l’écriture.

à suivre…

Retrouvez la Question 6 demain 6 janvier 2013 sur Ecran Total

Il vous manque une question ? Lire la Q1, Q2, Q3, Q4

Chris Simon & Laurent Bettoni
Chris Simon & Laurent Bettoni

Bibliographies

Des ebooks de 0,00 à 4,00 Euros
Des ebooks de 0,00 à 4,00 Euros

Chris Simon :

Laurent Bettoni :

GOINGmobo, the Magazine of the Mobile Bohemian

Chris Simon _ Licence Creative Commons BY-NC

Photos © @Louise_Imagine, © LaurentBettoni

1ère mise en ligne et dernière modification le 5 janvier 2013

Entretiens croisés entre Chris Simon et Laurent Bettoni_3. Papier/numérique, des ennemis ?

Cette rubrique est née sur une idée de Laurent Bettoni. Il m’a proposé ces entretiens croisés entre son blog Écran total et le mien. J’ai accepté aussitôt.

Nous échangerons autour de six questions. Chaque question sera publiée en alternance sur mon blog et sur celui de Laurent Bettoni Écran total. « Croisé » signifie que nous avons établi un véritable cross-over entre nos deux blogs ; les questions 1, 3 et 5 seront traitées sur Le baiser de la mouche, les questions 2, 4 et 6 sur Écran total.

Au-delà du plaisir que nous prenons tous deux à échanger et à partager sur le thème du livre et de l’autoédition numériques – un vrai plaisir littéraire – nous espérons susciter des réactions, des réflexions, des débats. Un engouement, qui sait…

Q 3

Que penses-tu de la rivalité papier/numérique ?

 

 

Chris Simon(Photo @louise_imagine)
Chris Simon
(Photo @louise_imagine)

Chris Simon. La rivalité se trouve au niveau financier. Un livre papier se vend en plus grande quantité (même en auto-publication) qu’un livre numérique. C’est l’état du marché actuel. Seulement l’auteur en numérique gagne autant que l’auteur en papier. Je m’explique : sur un livre vendu 2,99€ sur Amazon, Amazon me reverse 1,98€, c’est plus que les 10% de droits d’auteur pratiqués par la plupart des maisons d’éditions papier sur un livre à 18,00€. Chez un éditeur numérique, l’auteur touchera autour de 30 % et bénéficiera de tous les services d’une maison d’édition à compte d’auteurs. L’éditeur numérique ÉLP reverse jusqu’à 60%. Je le signale car ce tarif est rare.

L’argent, donc. Le numérique remet en cause le partage des revenus et des coûts sur un livre au profit de l’auteur et du lecteur. En effet, le prix des livres numériques des auteurs auto-publiés et des Pure Players est très en dessous du tarif pratiqué par les maisons d’éditions papier. C’est plutôt une bonne nouvelle, non ?

En tant que lectrice j’apprécie de pouvoir lire en abonnement le catalogue (plus de 600 titres) de Publienet pour 95,00€ par an. En tant qu’auteur, j’apprécie de gagner de  30 % à 70 % (en auto-édition) des ventes de mon livre et non pas 10%.

L’argent aura raison de ce débat numérique/papier qui n’en est pas un. Le papier n’est pas mort, mais le ebook ne tue pas d’arbres et n’est pas trop gourmand en électricité sur liseuse.

Laurent Bettoni
Laurent Bettoni

Laurent Bettoni. Opposer le papier au numérique, c’est comme si je disais à un pote : « Écoute vieux, je viendrais bien chez toi, mais tu te chauffes à l’électricité. Et moi, ce que je préfère, c’est le silex et la torche, y a que ça de vrai, tu comprends ? Alors, ça va pas être possible. » Stupide. Proprement stupide.

Le papier et le numérique sont juste deux supports de lecture différents, pour deux usages différents, l’un n’excluant pas l’autre, mais le complétant au contraire. Évidemment, je préfère l’objet livre à une tablette ou une liseuse. Un livre – surtourt ceux de chez Lunatique qui sont des œuvres d’art – est autrement plus sexy, plus charnel, plus sensuel qu’un ordinateur de poche froid et numérique. Je ne suis pas comme ces mecs qui se la racontent en prétendant qu’ils sentent le papier, qu’ils le caressent, qu’ils écoutent la couverture craquer, etc. Perso, je n’ai jamais vu aucun de ceux-là sniffer un livre, ni caresser les pages, ni s’émouvoir d’une couverture qui craque, parce que les livres qu’on achète aujourd’hui ne sentent que la colle qui pue à mort, que leurs pages ne possèdent aucune nervure, vu qu’on édite sur du papier recyclé et archirecyclé, et que les couv. sont cartonnées, voire vernies, et non en vieux cuir, alors pour les entendre craquer, bonjour ! Bref, je ne suis pas comme ces personnes, mais je préfère, quand j’en ai la possibilité, tenir un livre entre les mains plutôt qu’un reader. Seulement, je m’intéresse aussi au contenu, à la quantité et à l’apect pratique. Là, une liseuse est imbattable. Quand je pars en vacances, tous mes livres tiennent dans ma liseuse. Pour les chroniques que je rédige, j’ai besoin de lire pas mal de livres. Les recevoir en numérique éviterait l’encombrement de ma bibliothèque. Et si le livre m’a plu, rien ne m’empêche de l’acheter ensuite en broché.

Il est important de signaler, à cet égard, qu’une des grandes plates-formes d’autopublication numérique propose également les livres en version papier, en impression à la demande, ce qui contente tout le monde. Chez ce libraire en ligne, mes romans sont ainsi disponibles en ebook et en papier.

Enfin, si on pense aux élèves, les tablettes de 150 grammes remplaceront bientôt, j’espère, les kilos de manuels qu’ils se coltinent sur le dos à longueur d’année. Là encore, vive le numérique.

Et le numérique permet le livre enrichi, qui peut trouver tout son sens dans les ouvrages pédagogiques ou pratiques. Mais pas que. Avant, il y avait les livres-disques ; demain, il y aura les livres-films.

à suivre…

Retrouvez la Question 4 demain 4 janvier 2013 sur Ecran Total

Il vous manque une question ? Lire la Q1, Q2

Chris Simon & Laurent Bettoni
Chris Simon & Laurent Bettoni

Bibliographies

Des ebooks de 0,00 à 4,00 Euros
Des ebooks de 0,00 à 4,00 Euros

Chris Simon :

Laurent Bettoni :

GOINGmobo, the Magazine of the Mobile Bohemian

 

Chris Simon _ Licence Creative Commons BY-NC

Photos © Louise_Imagine, © LaurentBettoni

1ère mise en ligne et dernière modification le 3 janvier 2013

2012 in review/Bilan 2012

10,000.00 visiteurs sur Le baiser de la Mouche en 2012

Je remercie tous les visiteurs et leur présente mes meilleurs voeux pour 2013 :

Happy New Year 2013!

Je vous souhaite une belle et heureuse année 2013 !

 Le baiser de la mouche commence l’année 2013 dès demain 1er janvier avec les entretiens croisés entre Laurent Bettoni d’Ecran total et moi-même.

Here’s an excerpt:

600 people reached the top of Mt. Everest in 2012. This blog got about 10,000 views in 2012. If every person who reached the top of Mt. Everest viewed this blog, it would have taken 17 years to get that many views.

Click here to see the complete report.

À télécharger… Numéritérature Magazine N°4 !

 À télécharger… Numéritérature Magazine N°4 !.

Retrouvez la rubrique Pourquoi en numérique ? dans le magazine de la littérature numérique ! En ligne et gratuit !

« Les petites histoires à lire debout » : un projet éditorial complétement mobo !

L’accès en continu à internet, les performances des smartphones et la fréquentation croissante des réseaux sociaux changent progressivement notre rapport au monde et aux autres, notre façon de les penser, de les rencontrer, de travailler et de vivre.

Ce n’est pas en envoyant un manuscrit par la poste, ni le long du boulevard Saint Germain que j’ai rencontré Jean-François Gayrard, directeur des éditions NumérikLivres, mais en butinant sur les réseaux sociaux.

Nous sommes devenus amis, followers, connaissances à travers Facebook, Twitter et Google +. Au fil des mois, je me suis familiarisée avec son travail d’éditeur et les auteurs de sa maison d’édition, j’ai appris à connaître sa personnalité, à apprécier ses qualités de partage et d’entraide et, plus que tout, sa capacité et son désir à penser et travailler autrement. Être éditeur et auteur numérique implique un ajustement de comportements et force à renouveler le rapport commercial et culturel établi au fil des siècles entre éditeurs, auteurs, distributeurs.

Le 27 décembre 2011, j’ai reçu un message Facebook dans lequel Jean-François Gayrard me proposait de publier un de mes textes de La couleur de l’oeil de Dieu. pour une nouvelle collection littéraire 100% numérique baptisée « Les Petites histoires à lire debout« . J’ai aussitôt dit : Ouuuuuuuuuuui !

« Les petites histoires à lire debout » est une collection conçue pour lire d’une tablette, d’un smartphone ou d’une liseuse de quelques endroits où l’on se trouve : transports en commun, queues interminables, salles d’attentes, dans son lit avec un café le matin ou le soir avant de s’endormir. Format court par excellence, chaque module de la collection est composée de trois nouvelles d’un auteur Numériklivres et d’une nouvelle d’un auteur invité. Quatre nouvelles en tout pour une somme modique de 1.49€ ou 2.99 $. Les deux premiers modules de la collection proposent des nouvelles Faute d’amour et Douceur amère d’Anita Berchenko, auteur de Suite 2806 et Les hirondelles sont menteuses aux éditions NumérikLivres et deux auteurs invités Christophe Sanchez avec La Bella Ragazza et Chris Simon (moi-même) avec La couleur de l’oeil de Dieu, nouvelle extraite de mon premier recueil numérique. Jean-François vit à Montréal, Anita à Toulouse, Christophe à Marsillargues et moi à Paris. Je ne les ai jamais rencontrés physiquement, je lis leurs textes et blogs, j’échange et dialogue avec leur avatar et nous voilà, aujourd’hui, réunit autour d’une collection.

Personne n’est obligé de lire dans les transports en commun ou les salles d’attentes, seulement, les gens le font depuis qu’ils savent lire. Le mobo exploite ces situations pour se connecter, répondre à ses messages ou en envoyer, lire un article, un blog ou établir même de nouveaux contacts virtuels ou locaux (lire à ce sujet l’excellent article de GOINGmobo du mois de décembre : How to Stand in Line?). Avec Les petites histoires à lire debout, NumérikLivres offre comme alternative à la bureaucratie nomade, aux jeux, magazines ou journaux, de lire des fictions courtes sur des trajets courts, des tranches de temps calibrés. Fini, les lectures qui s’arrêtent en milieu de paragraphe ou de phrase sur une sonnerie d’ouverture de porte de rame de métro, les marque-pages perdus, la page que l’on ne retrouve plus… Enfin, des escapades littéraires en numérique pour les mobos de tout poil, du plaisir, des histoires contemporaines écrites par les auteurs du web, des aventures au bout des doigts…

Je vous invite à découvrir cette nouvelle collection et ne résiste pas à conclure sur une citation d’Henry Murger, l’auteur qui a le mieux décrit la bohème,le bohémien et son époque : « L’espoir est le million des pauvres »

Excellent réveillon et bonne année 2012 à tous !

Pour acheter « Les petites histoires à lire Debout » Cliquez sur l’ebook :

Pour découvir et acheter des livres ou s’abonner aux Éditions NumérikLivres ICI


GOINGmobo est le magazine du bohémien mobile de Jenz Johnson (Lire  mon article Êtes-vous un(e) mobo ?)

Pour s’abonner

Mon 1er salon, ma mouche et le petit peuple de décembre

Samedi. 7h50. Je remarque au-dessus des boîtes aux lettres tout un petit peuple dansant contre le mur écaillé de ma cage d’escalier, bonnets rouges enfoncés sur la tête, barbichettes blanches et souliers vernis. Gare du Nord sur le quai du RER D, j’interroge un homme discret, accoudé, sur une valise à roulettes.

– Mennecy ?

– Vous allez au Salon du livre ?

– Oui.

Auteur de Travail au noir chez L’Harmattan, il sourit, tire sur sa valise tandis que je soulève mon carton de livres et nous montons dans la rame qui arrive à quai.

Mennecy en Gare. L’auteur, Marc S. Masse, Marianne Brunschwig, Stéphanie Goud des Éditons Kirographaires et moi traversons le joli village. On a l’air d’un groupe de représentants de commerce se hâtant chez le gros client, nos valises roulant derrière nous sur le trottoir dans un charivari.

Cette année, le salon se déroule au Gymnase de Mennecy, on nous assigne la table de notre maison d’édition (Kirographaires), avec nos noms écrits en gros. Ça nous flatte l’égo, forcément ! Marianne déballe son recueil, Carré Blanc ; et moi, Le baiser de la mouche. Nous faisons des piles, bien droites. À travers les immenses verrières, les rayons du soleil nous arrivent droits dans les yeux, on se croirait en plein été !

Vient l’heure du discours des pontes municipaux, du café qui est offert et des papotages entre auteurs. T’es chez qui ? C’est bien ? Etc. Cathy Bohrt, aussi auteur chez Kirographaires avec Entre Parenthèses, se présente à nous. Nous nous embrassons, son ami nous prend en photo.

De gauche à droite, Chris Simon, Cathy Bohrt, Marianne Brunschwig

On annonce le cocktail. La foule qui écoutait le discours, tourne à angle droit devant nos livres, s’engouffre dans l’arrière salle du gymnase, direction le buffet. Les auteurs les suivent. Je me retrouve seule à la table avec ma littérature empilée… Je sors mes mouches de mon sac et les place savamment sur la couverture de mes recueils. Elles ont l’air tellement vivant ! Le premier lecteur qui m’achète Le baiser de la mouche, je lui dédicace bien sûr, et lui offre une mouche ! Cadeau. Souvenir du salon, du baiser…

Les mouches

Je musarde, peu intéressée par les verres de cocktail d’un jaune étrange qui vont-et-viennent, tombe sur Luc-Michel Fouassier, assis, avec son roman Un si proche éloignement aux Éditions Luce Wilquin. Il n’en est pas à son premier salon du livre, ni à son premier livre… Tout ce vide, ce calme le rendent nerveux.

Marianne et Stéphanie me rapportent des amuse-gueules sur une serviette en papier. Le buffet bat son plein. Les visiteurs n’en décollent plus, Marianne y repart. Stéphanie me prend en photo avec mes mouches ; deux qui se courent après sur la fenêtre de la couverture, une sur le nez, cinq dans la main… On rit beaucoup. Deux femmes, telles de gentilles mamans, nous distribuent un bon-repas gratuit. Nous sommes chouchoutées !

Bzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz !

La jarre de cocktail épuisée, le buffet se vide, le salon se remplit, mais à notre grande surprise, il y a une fuite, car il se vide aussitôt. Qu’à cela ne tienne, les auteurs filent chercher leur plateau déjeuner pour passer le temps. Cyriac Guillard, auteur de polars dont Sombre miroir de l’âme aux Editions Édilivre, nous montre son plateau : carottes rapées, céleri rémoulade, camembert, beurre, demie- baguette, boeuf-carottes pommes-vapeur, 1/4 de rouge.

De gauche à droite, Cyriac Guillard, Cathy Bohrt, Luc Fortin et le photographe

On mange, on boit aussi. C’est bon et vraiment je trouve ce salon génial, nous sommes traitées comme des vedettes sur un plateau télé. C’est agréable. Je n’ai pas encore signé un seul livre, mais il reste l’après-midi pour s’en préoccuper.

L’après-midi s’étire, peut-être à cause du vin, des bavardages ou de la digestion. Deux grands événements, quand même !

Une mouche, une vraie, vient se poser sur mon nez, suffisamment longtemps pour me laisser me retourner vers Stéphanie et lui dire :

– Regarde Stéphanie, j’ai une mouche sur le nez !

Elle est ébahie. Je comprends à son regard qu’elle entre dans une autre dimension, moi aussi. On flotte un instant. La mouche s’envole. Quelque chose se passe d’inexplicable avec ma nouvelle, Le baiser de la mouche, qui est aussi le titre du recueil, une mouche me rend visite régulièrement, m’envoie des signes. Stéphanie vient d’en être témoin, Marianne aussi, même si elle n’a pas encore vu les photos. Je ne peux m’expliquer cette soudaine communication avec les mouches, sans considérer sérieusement la puissance et la magie de la littérature.

Un visiteur saisit une de mes mouches. Un couple, elle la quarantaine sympa, lui légèrement bizarre. J’engage la conversation. J’offre une mouche ! (pas la vraie, elle est déjà partie, mais la fausse, celle qui est sur la photo qu’on a prise deux heures avant l’arrivée de la vraie). Pour Noël, voyage à Londres. Et pour le jour de l’an, ils organisent chez eux à Mennecy, une soirée Kill Bill. Tarantino, le film ! Je ne leur demande pas leur prénom, c’est indiscret. J’y crois jusqu’au bout… Je les cuisine un peu. Lui repose la mouche, elle, s’écarte de la table. Un signal. Ils s’éloignent, nous tournent le dos sans acheter ni mon livre, ni celui de Marianne.

Je suis là

19h30, retour rue Cadet, le petit peuple a proliféré. Les bonnets rouges ont escaladé portes, fenêtres et s’y agrippent hilares. Les plus grands portent des hottes, les plus petits conduisent des traîneaux, ils ont même planté un sapin au milieu de la cour, décoré, enguirlandé… Ça clignote.

Le salon de Mennecy était mon premier salon du livre, mais pas ma première signature ! Ma mouche et moi, on en rit.

Texte © Chris Simon pour le baiser de la mouche, Photos © Cathy Bohrt et Stéphanie Goud, directrice d’ouvrages aux Éditions Kirographaires.

  • Remerciements photos à Cathy Bohrt et Stéphanie Goud.