Pourquoi en numérique ? Entretien avec Charlie Bregman, auteur

J’ai rencontré Charlie Bregman via Facebook. À travers nos échanges j’ai ressenti chez lui une certaine joie et légèreté. Charlie Bregman signe et publie avec Vivement l’amour ! son premier ebook auto-publié. Le roman raconte, avec humour, l’histoire d’un jeune adolescent qui tombe amoureux dingue de l’adolescente qu’il ne lui faudrait pas.

Charlie Bregman se présente ainsi :

Je suis né en 1974 et je vis en Haute-Savoie. Je pourrais dire que j’ai été élevé parmi les vaches et nourri à la raclette, mais ça ferait un peu cliché. La vérité est légèrement différente et n’a absolument aucun intérêt. J’ai toujours aimé lire et j’écris depuis l’âge de 13 ans. En 2006, j’ouvre un blog et me lance dans une aventure passionnante avec un dessinateur : un roman y prend forme, sous forme de feuilleton illustré. Il constituera l’ébauche de mon premier livre : Vivement l’amour.

D’autres textes sont en cours d’écriture mais pas encore assez aboutis. J’ai le défaut d’être à la fois très impatient et d’aimer prendre mon temps pour faire les choses correctement…

Je vous laisse découvrir cet auteur à la personnalité joyeuse : cocktail d’humour et de désir, de modestie et de sens de la dérision.

Charlie Bregman répond au cinq questions

1.

Pourquoi en numérique ?

En tant que parfait novice, j’ai commis l’erreur de publier mon roman d’abord en papier, puis ensuite en numérique. Comme le projet m’avait habité durant de nombreuses années, j’étais très impatient de le voir pleinement concrétisé sous forme de livre papier. J’ai donc décidé de ne tenter ma chance auprès d’une seule grande maison d’édition, et lorsqu’ils m’ont fait part de leur refus sous forme de lettre type, je me suis dit que rester libre et indépendant sur toute la ligne serait une aventure tout aussi grisante, ce que je peux confirmer aujourd’hui.

Par contre, faire connaître son livre reste un travail pour lequel je n’étais absolument pas préparé (et absolument pas conscient à quel point il déborde sur le reste des activités), et c’est tout naturellement que je me suis orienté vers la publication en numérique, afin de pouvoir toucher plus de lecteurs. Lorsque l’on constate que certains livres ne restent qu’un ou deux mois à peine en librairie avant de retourner direction le pilon, il est clair qu’un nouvel auteur n’a qu’une chance très infime de se faire une place au sein de cette société d’hyper-consommation. En numérique, un ouvrage publié n’est pas supprimé au bout de plusieurs semaines en cas de ventes insuffisantes.

Et puis, je pense que l’avenir de la lecture se trouve d’autant plus dans ce support, qu’avec la crise, cela permet d’acquérir des ouvrages à des coûts très compétitifs.

2.

Comment as-tu défini le prix de ton ebook ? Les raisons  ?

Lorsque l’on écrit un roman, on ne le fait pas en gardant à l’esprit des idées de rentabilité ou de retour financier. Certains ouvrages le permettent peut-être, mais pas le roman. On écrit parce que l’on aime écrire, et si le succès est toujours quelque chose que l’on espère, on sait très bien qu’il ne constitue qu’une rencontre chanceuse d’un auteur avec un lecteur, à un instant T. Donc, pour moi, l’objectif était avant tout de pouvoir diffuser le livre en me mettant à la place du lecteur. Personnellement, quand je vois que certains éditeurs commercialisent leur version numérique au même tarif que la version papier, c’est du foutage de gueule. La vraie révolution du numérique, c’est de pouvoir réduire les coûts tout en augmentant l’impact écologique : zéro intermédiaire, zéro transport, « zéro » pollution (hormis celle produite pour la fabrication des liseuses, tablettes et ordinateurs, mais qui n’est pas du ressort de l’auteur). C’est une démarche qui peut paraître très indépendantiste, mais lorsque l’on voit, chez les éditeurs papier, qu’un auteur ne touche que 8 à 10% de royalties sur le livre qu’il a écrit, et que tout le reste sert à nourrir les autres acteurs de la chaine du livre, il y a quand même quelque chose qui ne tourne pas rond.

J’ai décidé de publier mon livre (420 pages en version papier) à 4,99€. Prix psychologique inférieur à 5€, sur lequel il doit me rester environ 3,20€ avant prélèvement des impôts sur le revenu. Pour un ebook téléchargé, pour un même résultat, il me faudrait vendre plus de deux livres papier. Pour le lecteur, au tarif du livre papier à 19€, cela représente le pouvoir d’acheter quatre livres au lieu d’un seul.

Je suis prêt à parier que les passionnés de lecture les plus réticents envers le numérique changeront très rapidement d’avis une fois qu’ils auront essayé !

3.

As-tu fait la couverture de ton ebook  ? Comment ?

Pouvoir concevoir moi-même ma couverture a été un des atouts qui m’a encouragé à passer à l’auto-édition. Après des études d’architecture, sans avoir eu ni le talent ni la formation pour exercer en tant que graphiste, j’ai pourtant toujours gardé un plaisir immense à jouer avec le dessin pour exprimer des idées. Je voulais une couverture pleine de symbolique, où l’on puisse comprendre d’emblée les thèmes principaux du roman, qui sont l’amour, l’adolescence et la sexualité, avec le réveil hormonal comme véritable cause cachée de ce que l’on peut qualifier d’impatiences amoureuses.

Pour résumer le concept, les 13 fleurs symbolisent l’entrée dans l’adolescence, en faisant référence au terme de « teenager » des anglo-saxons, que l’on emploie pour les 13-19 ans et la petite « bestiole » rouge qui se fait la malle vers l’intérieur du livre vous invite à la suivre !

4.

Fais-tu de la vente directe ?

Oui, je commercialise moi-même mon ouvrage sur le site officiel Syblio, avec paiement sécurisé via Paypal pour la version papier. Pour la version numérique, j’ai préféré pouvoir bénéficier des journées de promotion gratuite du programme Kindle Direct Publishing d’Amazon, pour lesquelles une clause d’exclusivité est exigée.

5.

Combien de temps passes-tu par jour à la promotion de ton livre ?

Promouvoir un livre sérieusement demande beaucoup de temps (d’où la réelle légitimité des « bons » éditeurs, il faut le reconnaître). Jusqu’à maintenant, je n’avais pas suffisamment de temps pour le faire correctement. Depuis le début d’année, j’ai pris conscience de cette nécessité (le nombre de téléchargements du livre en était arrivé au point mort) et j’essaie de faire connaître mon livre un peu plus activement, même si cela se fait au détriment de mes heures de sommeil.

Cela porte ses fruits. 320 téléchargement ont été effectués lors de la dernière promotion gratuite, avec une reprise des ventes à l’issue de ces deux journées. Les raisons de ce « succès » relèvent malgré tout plus d’un coup de chance d’une réelle maîtrise des stratégies de marketing de ma part : cette promotion a été relayée par le site AUTO-ÉDITION qui a bénéficié d’une forte promotion de la part des auteurs indépendants au même moment (je les en remercie !)

Pour le reste, j’utilise les réseaux sociaux Facebook, Twitter et Viadeo, sans toutefois savoir les maîtriser pleinement pour le moment.

 

Lire les entretiens précédents d’auteurs auto-publiés :

Entretien avec Agnès Martin-Lugand

Entretiens croisés avec Laurent Bettoni

Entretien avec Emily Hill

Entretien avec Fabienne Betting

Entretien avec Florian Rochat

Pourquoi en numérique ? est une série d’entretiens avec des auteurs autoédités en numérique, mais aussi d’autres acteurs qui font les corrections, le formatage, etc. et acceptent de travailler eux.

Si vous désirez un entretien veuillez lire les démarches à suivre. Si vous êtes auteur ici , si vous n’êtes pas auteur 


GOINGmobo, the Magazine of the Mobile Bohemian

Chris Simon _ Licence Creative Commons BY-NC

Photos  © Charlie Bregman

1ère mise en ligne et dernière modification le 25 février 2013

Pourquoi en numérique ? Entretien avec Agnès Martin-Lugand, auteure

Agnès Martin-Lugand est l’auteure de Les gens heureux lisent et boivent du café, ebook classé n°2 (ce jour) dans le top 100 meilleures ventes de la Boutique Kindle d’Amazon. Si vous êtes un adepte de la Kindle, vous avez sûrement remarqué sa couverture en première page d’Amazon : une femme seule fume attablée dans un café.

Elle a vendu 3000 exemplaires numériques en trois semaines et se pince tous les jours en se demandant si elle n’est pas tout bêtement au milieu d’un joli rêve. Pour vous donner un ordre d’idée sur l’année 2011 mon premier ebook La couleur de l’œil de Dieu, qui était gratuit, a été téléchargé moins de 2000 fois. Le marché du ebook en France décolle ! ;-)

Son livre enregistre déjà 28 commentaires et son prix est passé cette semaine de 0,89 à 2,68Euros. Si vous aimez la littérature sentimentale, je vous recommande de l’acheter très vite, car le prix du livre risque de continuer d’augmenter !

Les gens heureux lisent et boivent du café est son premier roman et Agnès ne rêve pas. Ce succès immédiat (elle a publié son livre il a à peine trois semaines, le 25 décembre 2012) l’étonne et c’est humblement qu’elle s’est prêtée aux règles de l’entretien.

Je suis heureuse de son succés et heureuse de le partager avec vous. Que son expérience vous inspire, vous encourage à persévérer dans tout ce que vous entreprendrez… Tout est incroyablement possible dans ce monde et ce n’est pas Agnès qui va me contredire.

Mais place à l’invitée qui se résume simplement :

Après six ans d’exercice en qualité de psychologue clinicienne dans la protection de l’enfance, Agnès Martin-Lugand se consacre aujourd’hui à la littérature. Elle analyse et dissèque avec finesse, humour et tendresse les mécanismes de l’âme humaine pour nous livrer des récits qui nous parlent et qui nous vont droit au coeur.

3000 exemplaires en 3 semaines

3000 exemplaires en 3 semaines

Agnès Martin-Lugand répond à cinq questions

1.

Pourquoi l’auto-édition et pas l’édition  ?

Je dois revenir un peu sur mon parcours et mon aventure de l’écriture. J’ai écrit mon roman toute seule dans mon coin une bonne année. Après réflexion, j’ai eu l’envie et le besoin d’avoir l’avis d’un professionnel, de ne pas être ménagée, et d’évaluer mon écriture. C’est là que j’ai rencontré Laurent Bettoni. J’ai eu la chance de suivre un de ses tutorats. Grâce à lui, j’ai retravaillé mon histoire, mon texte, mon style. Au terme de cette ré´criture, j’ai envoyé mon manuscrit à quelques éditeurs. J’ai attendu, attendu, et attendu. Puis, deux réponses sont arrivées, plutôt encourageantes, mais négatives ! Après le coup de bambou, et sur les conseils de Laurent, j’ai repris mon roman pour la énième fois. Et finalement, ce que j’imaginais pénible a été bénéfique. La version finale est ce que j’attendais depuis le début. La question s’est alors posée : devais-je reprendre contact avec les éditeurs qui m’avaient répondu et dont j’avais suivi les recommandations ? Ou bien en solliciter d’autres ? Ayant assisté à l’expérience de Laurent en tant qu’auteur indépendant, j’ai été titillée moi aussi par l’aventure. Et puis, un peu comme un caprice, je n’avais pas envie d’attendre six mois ou plus, qu’un éditeur me refuse, et de me retrouver avec deux manuscrits sur les bras (parce que je suis en plein dans le second !). J’ai ressenti le désir profond d’être lue, de me soumettre à l’avis des lecteurs, d’aller à leur rencontre. Qu’est-ce qui compte lorsqu’on écrit ? Et bien d’être lu ! Ça semble bête et logique, mais c’est comme ça… Quelle solution avais-je ? L’auto-édition. L’aventure de l’indépendance est excitante, terrifiante, on prend le risque de commettre des erreurs de débutants, c’est le jeu. On crée une petite entreprise pour permettre à son histoire et ses personnages de vivre leur vie. Je reconnais que le fait d’être entourée et conseillée par un auteur expérimenté m’a grandement facilité les choses, la découverte de ce milieu, le formatage des fichiers, la couverture…

Je ne me faisais aucune illusion au moment du lancement, je tentais un coup de poker, mais j’allais au bout de ma démarche, au bout de mon projet. Une façon d’assumer mon écriture, mon travail. Aujourd’hui, cela fait trois semaines que mon roman est en ligne, et jamais je ne regretterais mon choix. Je suis émerveillée par le succès rencontré. Comme on dit la sauce a pris, et je mène ma barque comme je l’entends.

2.

Pourquoi en numérique ?

J’ai découvert la lecture numérique il y a un an. Je faisais partie des septiques, accro au papier. Je contemplais ma bibliothèque prête à s’écrouler, et je fermais les yeux en tendant ma carte bleue chez le libraire. Et puis pour voir ce qui se faisait en édition indépendante, je me suis secouée, et j’ai tenté le coup. J’ai commencé à lire avec ma tablette des livres numériques, j’ai trouvé ça d’une facilité déconcertante, de l’achat à la lecture, en passant par le peu de place que cela prend ! En tant que lectrice, je peux découvrir de nouveaux auteurs à moindre coût. Comme beaucoup, j’attends que le prix des livres numériques de l’édition traditionnelle baisse… Les liseuses et les tablettes sont des outils formidables, simples. En sortant mon roman à ce format, j’ai bousculé les habitudes de mon entourage, bien souvent réticent à utiliser ces petites choses pour lire. Certains ont adhéré. Tant mieux !

4e de couverture

4e de couverture

3.

Comment as-tu défini le prix de ton ebook ? Les raisons  ?

C’est un mixte entre le point de vue de la lectrice, de l’auteur-indépendant, de la primo-romancière. À ça, j’ai rajouté le nombre de pages, mon roman est court, 180 pages. Soyons clairs, l’attractivité du prix permet de se rendre visible, le lecteur ne prend pas beaucoup de risques en achetant un livre à 2,68 euros. L’offre de lancement à 0,89 euro, et qui a duré presque trois semaines avait clairement pour but de frapper fort dès le début. Mais au-delà de l’aspect commercial, c’est aussi un moyen de rendre la littérature accessible à un plus grand nombre. Utopiste, me dira-t-on.

4.

Sur quelles plateformes  ?

Amazon, Kobo, Chapitre.com, iTunes.

5.

Combien de temps passes-tu par jour à la promotion de ton dernier livre ? Cela empiète-t-il sur ton temps d’écriture ? Utilises-tu les réseaux sociaux ? Lesquels et comment ?

Il est difficile de quantifier le temps que j’y passe, c’est récent pour moi, et je suis encore dedans. Et je dois reconnaître que je me suis peut-être éparpillée ! Pour résumer, plusieurs heures par jour, pour activer des contacts, et en chercher d’autres, solliciter des personnes susceptibles de faire connaître mon roman. J’ai déjà eu la chance d’avoir un papier dans un quotidien régional, une interview sur le blog de Laurent Bettoni, Écran total, et un passage sur une chaine de télévision locale, sans oublier la présente interview ! Et tout ça, ça prend du temps, mais c’est dans la continuité de la démarche d’indépendance, c’est pour la bonne cause, c’est intéressant, instructif et grisant. On est maître du jeu.

Bien sûr, cela a empiété sur mon temps d’écriture, les deux premières semaines, je n’ai pas écrit un mot. Ce n’est pas dû en totalité au temps consacré à la promo, l’excitation, l’obsession du compteur, des avis y sont aussi pour beaucoup. Depuis, je me canalise, et je m’astreins à me remettre au travail, à écrire, à me concentrer sur mon second roman. Je divise mon temps. Lorsque je suis sur la promo, je ne fais que ça, et lorsque j’écris, je m’enferme dans ma bulle avec ma nouvelle histoire, mes nouveaux personnages.

Au sujet des réseaux sociaux, je n’étais pas une adepte, loin de là. J’avais un Facebook dormant où je ne me rendais jamais, je n’avais pas ou peu d’amis virtuels ! Il a bien fallu s’y mettre. Activer mon compte, être plus présente sur la toile, ne serait-ce qu’avec les gens que je connais. Ça a été aussi l’occasion pour moi d’apprendre à me servir de cet outil, je patauge encore. Je me suis créé un nouveau profil dédié à mon activité d’auteur. Profil qui a permis à quelques lecteurs ou des curieux de rentrer en contact avec moi, j’ai pu recevoir leur ressenti, certains m’ont posé des questions sur l’auto-édition, sur le prix, sur la date de sortie de mon prochain roman. Pour le moment, je ne m’aventure pas plus loin, je continue mon apprentissage, chaque chose en son temps.

Acheter Les gens heureux lisent et boivent du café

4e de couverture

Le livre existe aussi en version papier

 Lire les entretiens précédents d’auteurs auto-publiés :

Entretiens croisés avec Laurent Bettoni

Entretien avec Emily Hill

Entretien avec Fabienne Betting

Entretien avec Florian Rochat

Pourquoi en numérique ? est une série d’entretiens avec des auteurs autoédités en numérique, mais aussi d’autres acteurs qui font les corrections, le formatage, etc. et acceptent de travailler eux.

Si vous désirez un entretien veuillez lire les démarches à suivre. Si vous êtes auteur ici , si vous n’êtes pas auteur 


GOINGmobo, the Magazine of the Mobile Bohemian

Chris Simon _ Licence Creative Commons BY-NC

Photos  © Agnès Martin-Lugand

1ère mise en ligne et dernière modification le 18 janvier 2013

Pourquoi en numérique ? Entretien avec Sylvie Lavoie, blogueuse

Je suis tombée sur le blog de Sylvie Lavoie, Je lis en numérique et j’adore, au fil de mes balades sur la toile, naviguant d’un lien l’autre, d’un réseau social l’autre. Le nom m’a de suite interpellé. J’en aime la simplicité et l’excès de la fin.

Je suis toujours à la recherche de nouvelles blogueuses/blogueurs qui lisent en numérique, d’une part pour leur proposer mes ebooks, d’autre part pour les inviter dans cette rubrique, créée pour accueillir toutes celles et tous ceux qui participent à la numérisation littéraire des esprits. ;-)

J’aurais pu rencontrer Sylvie d’une autre manière, car je me suis rendue-compte, après coup, que nous appartenions au même club de lecture numérique ! Club qui lui a donné envie de créer ce blog. Sylvie dirige aussi une librairie virtuelle d’ebooks illustrés pour enfants.

Mystérieuse et franche, simple et byzantine, timide et passionnée, responsable et fantaisiste, Sylvie Lavoie est un personnage curieux et une personne curieuse. Elle ajoute donc à ses nombreuses activités, Je lis en numérique et j’adore, dans lequel elle partage, depuis mars 2011, ses lectures d’adulte, avec un grand appétit et plein d’enthousiasme. Ses goûts littéraires me semblent assez variés. Déjà partenaire avec Onlit, et StoryLab, elle aime la litttérature enfantine (en tant qu’auteure aussi) et la littérature générale. Sylvie s’intéresse particulièrement à la mise en perspective de la lecture et la pédagogie et de la technologie et la littérature :

Éducatrice en petite enfance, praticienne en santé naturelle et ayant toujours écrit ; du simple journal intime à la création de sites web, de livres pratiques sur les plantes médicinales, de livres pour enfants. Toujours à l’affût des nouvelles technologies qu’elle découvre, elle expérimente toutes les possibilités pour transmettre son expérience au service des créateurs du monde littéraire.

C’est ainsi qu’elle arrive au monde numérique.

Blog de lectures

Blog de lectures

Sylvie Lavoie répond à cinq questions

1.

Comment es-tu arrivée dans le numérique ?

J’y ai fait mon entrée sur deux paliers soit en tant que lectrice et en tant qu’auteure jeunesse.

Mon arrivée dans le numérique en tant que lectrice :

La première fois que j’ai lu un livre numérique, c’est en expérimentant un e-lecteur sur mon agenda électronique. J’ai tout de suite trouvé des avantages du livre papier malgré des restrictions sur cet appareil. L’écran n’était pas très large mais lorsqu’on lit, nous n’avons pas besoin de voir la page entière. Une fois cette habitude acquise, j’aimais bien faire descendre les pages avec mon pouce.
De plus, je pouvais adapter les polices d’écriture pour plus de confort de lecture en rapport avec ma vue.

Puis, je me suis procurée une tablette numérique que j’ai expérimentée pour la lecture et comme je voulais lire à l’extérieur, je suis passée à une liseuse à encre électronique qui s’ajuste à la lumière du jour.

Mon arrivée dans le numérique en tant qu’auteure jeunesse :

Depuis quelques années, j’écris des histoires pour la petite enfance. Je m’associe avec des illustrateurs pour réaliser des manuscrits illustrés. J’ai participé également à des projets comme Tandem jeunesse. Chaque projet finalisé, nous nous dirigeons vers les maisons d’édition en leur soumettant notre manuscrit. Malheureusement, cette démarche ne porte pas les fruits espérés. L’attente et la compétition me découragent.

C’est alors que je songe à proposer nos livres sous forme numérique en créant une librairie virtuelle pour enfants. Ce projet m’oblige à étudier les meilleurs formats pour visionner des illustrations numériques afin de les adapter aux différents supports multimédia. Je découvre une autre branche de la littérature jeunesse contemporaine.

Liseuses

Liseuses

2.

Pourquoi en numérique ?

Avec la liseuse, j’ai trouvé mon support idéal de lecture. J’ai recommencé à lire mes classiques, disponibles gratuitement partout sur le web. Je me suis abonnée à une bibliothèque virtuelle où de chez-moi j’emprunte mes " e-books" régulièrement. Ouvrir ma liseuse c’est comme ouvrir une porte sur le Monde avec tous les livres à ma disposition. Quoiqu’il m’arrive encore de lire des " livres papiers", je n’éprouve plus de différences proprement dites avec ma lecture virtuelle. Une fois installée dans l’histoire, on oublie le support qui nous le livre. Ceci dit, j’apprécie davantage le confort de ma liseuse.
 Elle est si légère dans mes mains.

3.

Lis-tu un genre particulier ?

Dans mon aventure avec les livres numériques, je suis privilégiée grâce aux contacts établis par le biais de mon blog. Des lectures en commun, des " challenges" et des propositions de maisons d’éditions m’amènent à lire des genres différents. J’aime les découvrir ainsi que leurs auteurs.

On assiste avec le monde de l’édition numérique à plus de liberté pour les auteurs à publier leurs oeuvres. Il y en a vraiment pour tous les goûts et c’est à nous de chercher dans le vaste choix proposé sur le web.

Liseuse Kindle

Liseuse Kindle

4.

Qui sont tes clients ?

J’écris mes chroniques littéraires pour le plaisir. J’ai débuté mon blog avec cette idée en tête et c’est dans cet esprit qu’il se développe de jour en jour. S’y est greffé de belles rencontres et des propositions de partenariat avec des maisons d’édition numérique qui en échange d’une critique me font parvenir un livre. Il arrive aussi que des auteurs m’en fasse la demande ainsi que des visiteurs qui parfois  me suggèrent des titres.

5.

Quels sont tes souhaits sur l’évolution, le développement de l’édition numérique ?

Je souhaite que les livres numériques pour enfants soient mieux exploités par les parents et les intervenants de l’enfance. Que les créateurs jeunesse trouvent leur place dans ce marché et diminuent leurs réticences à franchir le pas. Ayant expérimenté maintes fois le visionnement d’e-books auprès des enfants, que ce soit sur un ordinateur ou une tablette électronique, je peux vous affirmer que la même magie d’entendre et de voir une histoire est toujours la même pour eux.
 De plus, les livres électroniques sont moins coûteux que les livres papier d’où la facilité à se créer une belle bibliothèque jeunesse touchant des thèmes pédagogiques des différents stades de développement de l’enfant.

Suivre Je lis en numérique et j’adore

Blog de lectures

Blog de lectures

 

Pourquoi en numérique ? est une série d’entretiens avec des auteurs autoédités en numérique, mais aussi d’autres acteurs qui font les corrections, le formatage, etc. et acceptent de travailler eux.

Si vous désirez un entretien veuillez lire les démarches à suivre. Si vous êtes auteur ici , si vous n’êtes pas auteur 


GOINGmobo, the Magazine of the Mobile Bohemian

Chris Simon _ Licence Creative Commons BY-NC

Photos  ©SylvieLavoie ©Florian Rochat

1ère mise en ligne et dernière modification le 11 janvier 2013

AllSinnersSerie : retour d’expérience d’écritures en temps réel

Sur mon billet précédent, je vous annonçais la série über interactive AllSinnersSerie de Jeff Balek, projet de « Fiction transmédia et collaborative » en temps réel sur le réseau social Twitter.

Je me suis inscrite pour participer au projet en mon nom, je pensais y participer en tant que l’auteur Chris Simon, mais je ne sais pas comment ç’est arrivé, au deuxième jour deux personnages me sont apparus : un très jeune enfant accompagné de sa gouvernante américaine. C’est donc ensemble que nous avons traversé la tempête s’abattant sur Yumington entre le 28 novembre et le 2 décembre 2012. Je retrace dans ce billet mon experience et publie le texte qui en a résulté (dans lequel j’ai inséré mes intéractions avec d’autres Twitt’actrices/acteurs du projet).

En chiffres ma participation c’est : 80 tweets (dont la majorité sur le dernier jour), 4 intéractions, 3 retweets.

En terme d’expérience : je constate que j’ai mis du temps à démarrer, 1 tweet par jour dans les deux premiers jours, je n’ai pas lu toutes les consignes dès le début sur le site de AllSinnersSerie, ce qui fait que je n’ai pas eu toutes les informations en main dès le départ. Exemple : l’existence du Bar pour rencontrer les autres twitt’actrices et acteurs. J’ai navigué et me suis emparée de l’univers de Jeff Balek à l’intuition et chaotiquement, mais le contexte même du scénario n’était-il pas un chaos !?

Qu’est-ce que ça m’a apporté : j’écris rarement au kilomètre si je puis dire. Je réfléchis beaucoup avant d’écrire et mets sur le papier peu de phrases, ce qui explique mon lent démarrage sur AllSinners. Sur les derniers jours, j’ai écrit au kilomètre, je veux dire sans réfléchir pousser par chaque phrase. C’est un exercice que je pratique rarement. J’ai ressenti une impression  de grande liberté et de spontanéité (mais n’allez pas en déduire qu’il n’y a aucune spontanéité dans mes écrits !) J’ai aussi établi une ponctuation adaptée au format twitter (140 signes maximum) afin de gagner des espaces (chaque tweet devant contenir : #AllsinnersSerie #TwitterFiction) et je publie le texte avec cette ponctuation qui me semble lisible. Et j’ai aussi rencontré de nouvelles têtes sur Twitter et ça c’est cool ! ;-)

Qu’est-ce que j’aimerais voir améliorer : l’interaction avec les autres twitt’actrices/acteurs de manière à faire se rencontrer nos personnages dans les décors de Yumington, même tenter d’agir sur leurs trajectoires indivituelles. Il m’a paru difficile dans le projet tel quel de le faire. J’ai tenté de retweeter certains récits que je voyais passer, m’en inspirer parfois dans mon propre récit, interagir avec d’autres twitt’acteurs… Je dis bien j’ai tenté !

Bilan : Positif. J’ai trouvé cette forme d’écriture très addictive et proche de la performance. Le dernier jour j’ai fait deux fois 1h30 de suite de récit tweeté. Je me suis prise au jeu. J’ai apprécié l’urgence (5 jours), la necessité de répondre en intègrant les news de Yumington et surtout me retrouver dans l’univers d’un autre auteur. Je crois que le fait que tout se déroule en temps réel a été libérateur pour moi. C’est une autre forme d’écriture, il faut fournir, faire appelle à son imagination, écrire tout ce qui nous vient à l’esprit. C’est une technique d’écriture plus scénaristique que romanesque. Je ne rendrais certainement pas public un premier jet de scénario, mais ce texte  dont  je ne suis pas sûre de la légimité de le publier dans son entier puisque les tweets du récit n’ont pas été conçus pour une forme de permanence, je le montre ici et  j’assume le récit abracadabrant de cette écriture effrenée ! Une deuxième forme de libération !

Série transmedia et collaborative ent temps réel

Série transmedia et collaborative ent temps réel

Jour 1 : 28 novembre 2012

Horreur ? L’écrivain n’aimait pas ce mot Il lui fit horreur et il l’effaça

Jour 2 : 29 novembre 2012

Elle ne sait pas quoi faire de ce colis daté de 1897 C’est lourd, encombrant, comme sa tête Aspiriiiiine!

Jour 3 : 30 novembre 2012

Episode 1

Impossible d’appeler YouPS De rendre le colis La route inondée ressemblait au Mekong Ouvrir Ne pas ouvrir

Elle appela son fils Espérait qu’il ne contenait rien de périssable Un enfant irresponsable devant la loi

-Je sais que ce n’est pas Noël Noël en novembre ! -Il est trop gros -Ouvre, c’est pour toi -J’en veux pas

-C’est pas pour toi Ouvre ! Il lui sourit et tira sur la ficelle qui céda vu son grand âge

Il tomba sur les fesses La boîte se désagrégea, nauséabonde Elle recula protégeant l’enfant -Ferme les yeux !

Episode 2

Je retweete une Twitt’actrice :

30 Nov Marlene@marlene_tissot

Va savoir si la tempête saura nettoyer tout ça. Effacer le passé de chacun. Remettre les choses nues et claires #AllSinners #TwitterFiction

Retweeted by Chris Simon

Qui m’inspire le tweet suivant :

Une vague de 5 mètres de haut remonta la carcasse gigantesque et les emporta Elle, le petit, les débris du colis

Le petit se retrouva happé entre les côtes du dinosaure en décomposition Elle ne lui lâcha pas la main

Une autre vague la propulsa à son tour dans la cage thoracique du mastodonte dont la puanteur s’estompait

Chutes d’eau, torrents, cascades Il était impossible de savoir si le petit pleurait, si elle était blessée

Le petit suffoquait le visage bleui, elle aussi Combien de temps tiendraient-ils ?

Sur la vague Hawaïenne le Dinosaure redressa ses vertèbres dorsales, puis cervicales

L’eau lui redonnait vie La gueule surplombant la vague déferlant Il respirait, pétant le feu !

La cavité de ses orbites se remplissaient d’une crème gélatineuse et laiteuse formant des globes oculaires

Une interaction avec un Twitt’lecteur :

Chris Simon@Qrisimon

La cavité de ses orbites se remplissaient d’une crème gélatineuse et laiteuse formant dees globes oculaires #TwitterFiction #AllSinnersSerie

Details

30 Nov sc△lp@scaalpaa

@Qrisimon #TwitterFiction #AllSinnersSerie je mange, sinon.

Chris Simon@Qrisimon

@scaalpaa tu as quoi au menu ?

Tweet text 30 Nov sc△lp@scaalpaa

@Qrisimon demi canard rôti "old bohemian style" pic.twitter.com/KuB3m35g

Ils viraient au noir Des rétines se dessinaient Le gaillard trouva l’équilibre sur l’arête de la vague

Le dinosaure épris d’un râle d’épuisement respira profondément. L’oxygène chaud lui arriva en pleine tête

Elle imagina une fenêtre ouverte sur la campagne, se reprit et serra le petit contre l’oesophage du monstre

Je retweete un Twitt’acteur :

30 Nov H_X_Lemonnier ‏@H_X_Lemonnier

#AllSinners #twitterfiction http://www.youtube.com/watch?v=6WNrDCRjd7k … Deux hommes qui ne savaient plus. Un démiurge insolent. Un navire dérouté. Une femme jetée.

Retweeted by Chris Simon

Jour 4 : 1er décembre 2012

Épisode 1

Une déflagration à rendre sourd le dinosaure éclate Il tourne la gueule de gauche à droite de droite à …

En réponse à un des tweets(non retrouvé) de @marlene_tissot tiwtt’actrice, qui fait part de l’explosion d’une baie bitrée !

Des bouts de verres éclatés lui forment des crêtes sur l’échine dorsale jusqu’à la queue qu’il agite

Il ne saigne pas Il a hérité d’une trombophilie de sa grande tante dragon

Le petit aspire l’oxygène, revient à lui Il ouvre les yeux Vivant Pooky Vivant tu es Vivants nous sommes

Nous nous embrassons Rions Le dinosaure est pris d’une crise d’éternuements Ça lui secoue les tripes

Jour 5 : 2 décembre 2012

Épisode 1

Elle avait faim Pookie aussi Le vent cessa et le dinosaure s’immobilisa contre des troncs d’arbres empilés

Il se secoua vivement, queue, crête dorsale, pattes, une par une Perdit quelques bouts de verre

Il escalada les troncs et marcha Il tomba nez à nez avec un engin rouge qui roulait dans sa direction

Comme il ne savait pas ce que c’était Il marcha dessus Un autre arriva dans l’autre sens

Il entendit des hurlements et -Un diplodocus Un diplodocus Il attrapa le bus et le porta à son oeil gauche

Les passagers sautaient par les fenêtres puisque les portes par sécurité leurs restaient fermées

Le chauffeur criait -Le diplodocus est herbivore. Restez calme -Le diplodocus est herbivore

-Prête-nous ton bonnet Comme la fille refusait, le punk, le plus maigre lui arracha et s’en couvrit le crane

L’autre punk, grassouillet, enroula son foulard comme un turban Le diplodocus le regardait avec intérêt

Arrête de bouger, il t’a repéré Les deux punks pacifistes de nature n’en menaient pas large

Et la fille reprit son bonnet et se planqua sous une banquette Le diplodocus laissa tomber le bus et bu

Une énorme flaque d’eau dans lequel il avança et se vit Devant son reflet, il recula se rapprocha recula

Effaré de rencontrer un animal avec une si petite tête et de si grosse pattes

Pendant ce temps, Pookie ne tenait plus en place et commençait à en avoir marre d’être dans le noir

Sa gouvernante américaine le faisait jouer à Simon says pour passer le temps et le rassurer

Deux bus rouges firent un demi-tour voyant le diplodocus boire sur le bord de la route

Deux autres encore Ces demi-tours intempestifs des deux côtés de la route créaient un embouteillage démesuré

D’autant plus qu’il était impossible de faire une sortie de route Les inondations l’en empêchaient

Pookie refusait de jouer à Simon says Il voulait jouer à What’s for dinner? L’état de son humeur s’aggravait

Le diplodocus se trouvait beau Il continuait de fixer la flaque entre chaque gorgée

Pookie se prit une douche, il s’éloigna de l’estomac et se calma No dinner no dinner criait la gouvernante

Épisode 2

L’embouteillage était à son comble et la police n’arrivait pas Certains disaient qu’il n’y en avait plus

Do you like liver? Pookie ne connaissait pas ce mot Elle lui tendit un morceau marron-rouge

Swallow C’est gluant Swallow C’est visqueux Swallow Pookie ferma les yeux et ouvrit la bouche

Je retweete :

2 Dec Natalia@ARRIBASNatalia

En suis-je capable?Vivre sous un seuil d’alerte perpétuel ? Agir ou guetter ? Tuer ou l’être? Prison ou liberté?#AllSinners #Twitterfiction

Retweeted by Chris Simon

Tandis que la gouvernante se tailladait une tranche de foie avec son coupe-ongles porte-clés

Pookie déglutit, tira la langue et fit sa première phrase complète en anglais. This is not veal!

But Pookie what could it be? Trop tard elle avait avalé la tranche et un doute angoissant l’assaillit…

Elle félicita Pookie lui proposant une autre tranche mais il fit la tronche et bouda Le foie verdissait

Pookie, liver makes you speak English! Take more! Whatever liver! Elle était contente de sa trouvaille

Son apprentissage fonctionnait enfin ! 6 mois de babytalks ! Elle entendit une sirène de Police

Et Pookie enchaîna Tududute Tududute à tue-tête dans le ventre du diplodocus Tududute Tududute

Le diplodocus ressentit un malaise, une sorte de nausée spacio-temporel existencialo

Il avait le mal de mer, détourna les yeux de son reflet et tapa de sa queue aux écailles de verre la route

Quel carambolage ! La route ressemblait à une casse quand 150 CRS atterrirent en parachute sur la chaussée

Ils plièrent leur voile distribuèrent des barres en chocolat à petits et grands et approchèrent le monstre

Quand on est herbivore et qu’on a mal au coeur, le chocolat ça peut blesser ou énerver Et ça l’énerva

Il cracha une flamme d’une longueur de 100 mètres et ça réchauffa l’atmosphère

Tout feu tout flamme la gouvernante, Pookie sur les épaules, jaillit de l’estomac

Elle heurta les dents du mastodonte, tomba sur un tapis rugueux et baveux, y roula

Elle fut propulsée, retombant sur le petit pour finir au volant d’une Fiat 500, new look

Les passagers avaient fuit la voiture dont le moteur tournait toujours

Elle poussa Pookie sur le siège passager et accéléra droit devant traversant les flammes

La chaleur intense avait séché les bas côtés de la route et les champs attenants

Intéraction avec  :

2 Dec Natalia@ARRIBASNatalia

@Qrisimon aurais tu pris des champis ? :o

Chris Simon@Qrisimon

@ARRIBASNatalia Tu n’imagines pas si j’en prenais! ;-O

9:53 AM – 2 Dec 12 ·

Natalia@ARRIBASNatalia

@Qrisimon euh…Je préfère pas l’imaginer non lol

2 Dec Chris Simon@Qrisimon

@ARRIBASNatalia ;-) !

Capturons le monstre hurlaient les CRS fraîchement débarqués

La gouvernante leur fit un sourire et un geste signifiant Good Luck Gentlemen

Pookie brandit le poing par la vitre baissée Hasta la Visa! La 500 longeait des monts étrangement écaillés

Avec son feu, nous sécherons la ville ! répétait le capitaine des CRS, un moustachu Dalinien et dynamique

J’attends les dernières news du soir de Yumington, mais pas de news

Épisode 3

Le mastodonte qui tentait de se débarrasser de son mal, balaya de la queue la 500 qui décolla dans les airs

Vol plané… Pookie et la gouvernante ont la banane. Ils planent puis traversent une baie vitrée

Atterrissent dans un salon bourgeois face à l’écran de télé

Pookie ouvre la portière Une femme de dos dit : Bonne nuit, Stryker ! Two se retourne

Two se précipite dans son salon Voit l’enfant Décidement les enfants aujourd’hui…

La gouvernante américaine reste tête couchée sur le volant Sans vie

Two voit la femme dans la voiture. Morte ? Elle défonce la vitre Hey! Vous m’entendez ?

La gouvernante lève la tête Ça va ? Yes what is your name? Two

I did ask your name! Two ? Two Ce n’est pas un nom, c’est un chiffre

La gouvernante qui n’en était plus à ça près se souvint de son élève, le chercha du regard

2 Dec H_X_Lemonnier@H_X_Lemonnier

#AllSinners #TwitterFiction Ils rigolent. "On dira qu’il était mort ". La portière claque…des flaques… cloaque. Clignote. Crying Raven Bar.

Retweeted by Chris Simon

Where is Pookie ? Il joue sur le tapis dit Two en se servant un whisky je vous en sers un ?

23h35 – FIN

2 DecChris Simon@Qrisimon

@CryingRavenBar je découvre le bar seulement maintenant ! ;-)

Expand

Plus d’infos :

 Liste de toutes les histoires des Twitt’actrices et acteurs sur blogs

Le site de AllSinnersSerie

GOINGmobo, the Magazine of the Mobile Bohemian

Chris Simon _ Licence Creative Commons BY-NC

1ère mise en ligne et dernière modification le 6 décembre 2012.

Réfractaires, oui, mais pas vaincus !

Volet 1

L’auteur et l’histoire

Pourquoi j’ai parfois l’impression d’être dans la France de la deuxième moitié du 19e ? Tout d’abord à cause des similarités socio-économiques : les diplômés d’une classe entière ne trouvent pas de travail en relation avec leur niveau d’études, quand ils en trouvent, une compétition déloyale sur les "bons boulots", car leur accès est basé plus sur le milieu socio-culturel de l’individu que sur ses compétences ; et disparition d’une industrie au profit d’une autre (manufactures et nouvelles technologies pour notre époque).

Dès le milieu du 19e, toute une génération (étudiants des provinces françaises, fils de paysans et bacheliers) ne trouvant pas de débouchés professionnels dans la société, va revendiquer l’individualité face au système économique bourgeois et créer une zone de marginalité : la bohème

Dans le même temps, les techniques de reproduction et d’impression évoluent et permettent de diffuser en masse articles, caricatures, pamphlets, brochures, livres, lithographies… Revues littéraires, journaux et publications en tout genre fleurissent comme aujourd’hui fleurissent blogs, sites, livres numériques et réseaux sociaux. Une génération d’auteurs, d’artistes s’affirme et sort de l’enfer de la bohème pour entrer dans une reconnaissance qui paraissait impossible quelques années plus tôt, Murger, Champfleury, Baudelaire, Courbet, Proudhon et Vallès pour n’en citer que quelques-uns.

Portrait de Jules Vallès (1832-1885) par Gustave Courbet – 1861

En 1857, Jules Vallès publie un livre qui a pour sujet la Bourse de Paris, pour titre, L’Argent et commence ainsi :

J’ai fait de la littérature, j’ai perdu à ce métier-là deux viscères, le coeur et l’estomac…

Le livre était une déclaration d’indépendance, une tentative de sortir de l’idéalisme romantique de la misère, si bien représentée dans Scènes de la vie de Bohème de Henry Murger ; et néanmoins, restait ambigu sur la position de son auteur vis-à-vis de la place prépondérante des marchés financiers de l’époque. L’Argent a un tel succès qu’il propulse Vallès dans le petit cercle privé de la grande presse. Il écrit pour Le Figaro (en pleine résurrection) et devient un des journalistes les mieux payés du moment (20,000 francs par an pour le Figaro seul). Vallès, enfin, hissé hors de la vie de Bohème (c.a.d sauvé de la famine, la tuberculose et la dépression), ne perdit pas pour autant le sentiment d’appartenir à la classe des vaincus. Pourquoi une telle ambivalence ? Vallès vécu l’échec de la Commune comme un échec personnel d’une part à cause de ses origines (comme Courbet, il est issu d’un milieu rural, son père, fils de paysan devenu instituteur souhaitait pour son fils une carrière de fonctionnaire de l’état). D’autre part, parce qu’il n’accepta jamais que la société force un individu à s’y conformer.

En 1881 (10 après la Commune), il publie Les réfractaires. Voici comment il les définit :

… une race de gens, qui eux aussi, ont juré d’être libres, qui, au lieu d’accepter la place que leur offrait le monde, ont voulu s’en faire une tout seuls, à coups d’audace et de talent; qui se croyant la taille à arriver d’un coup, par la seule force de leur désir, au souffle brûlant de leur ambition, n’ont pas daigné se mêler aux autres, prendre un numéro dans la vie; qui n’ont pu en tous cas, faire le sacrifice assez long, qui ont coupé à travers champs au lieu de rester sur la grand’route; et s’en vont maintenant battant la campagne, le long des ruisseaux de Paris.

 Caricature de Jules Vallès par Gill – La lune

Cette définition émeut et stupéfait par sa résonance avec la société d’aujourd’hui. Dans ce texte, Vallès dresse une liste des salaires auxquels peut prétendre un jeune homme éduqué qui essaie de vivre de sa plume :

Ils écrivent dans les encyclopédies, dictionnaires, biographies, à deux liards les cent lettres; dans les journaux de demoiselles, à trois francs la colonne…

Pour 15 francs, ils livrent une pièce au Café des aveugles; pour 20, ils envoient une chronique hebdomadaire à la feuille la plus lue de Monaco…

Une préface aux poésies d’un petitjeune homme, c’est 20 francs; au bouquin d’un maniaque, c’est quarante. ..

Il y a ceux qui font les livres des autres, tout entiers, pour un morceau de pain, six mois de nourriture, deux termes payés !

Récemment, lors d’une lecture Rue Saint Ambroise, un auteur qui écrit pour les autres m’a révélée les tarifs : 4000,00 euros en moyenne pour un livre. Quand on sait qu’il faut deux à trois mois pour écrire la commande !

Un auteur juridique indépendant m’a confié qu’une fois divisé ses heures de travail par le salaire perçu, elle atteint un tarif horaire d’à peine le Smic. La rédaction d’un feuillet de 1500 à 2000 signes est payé 35,00 euros et prend une à trois heures de travail (selon la compléxité du sujet).

La condition de l’auteur en France est celle du tâcheron et il continue d’être mal rétribué, quand il est rétribué ! Nombreux magazines, revues et sites n’envisagent jamais un budget auteurs dans le fonctionnement économique de leur entreprise. Certains sites d’information fonctionnent aujourd’hui uniquement sur la gratuité des contributions. Mon expérience corrobore cette tradition de la gratuité. Les seules revues et magazines (papier ou on-line) qui me paient pour mes écrits (fiction, ou non-fiction) se trouvent au Canada et aux États-Unis. Alors, je pose la question. Pourquoi en France, on n’intègre pas le budget auteurs ? Pense-t-on que le travail de l’auteur ne vaut rien et que l’auteur devrait se satisfaire d’être publié et en être reconnaissant ? Il a les mêmes besoins que tout citoyen (payer son loyer, ses factures et se nourrir).

Cette tradition est devenue monnaie courante dans le numérique, alors que le coût d’impression (une part importante du budget d’une revue ou d’un magazine) est éliminée, et que le secteur est en pleine expansion.

L’auteur, en France, est condamné à faire mille autres métiers jusqu’à épuisement de son imagination et de ses forces. Comme l’écrit Vallès un siècle et demi plus tôt :

Des réfractaires, ces gens qui ont fait de tout et ne sont rien, qui ont été à toutes les écoles : de droit, de médecine ou des chartes et qui n’ont ni grade, ni brevet, ni diplôme.

La politique de la gratuité doit être repensée du côté des auteurs. Le passage papier au passage numérique modifie les paramètres, ouvre un nouveau marché porteur, comme l’avait fait les techniques d’impression rapide au 19e et avait permis à Vallès, Murger et d’autres de sortir de la misère. Qui dit : nouveau marché, dit : expansion, dit : investisseurs et argent. Pourquoi donc écrire gratuitement pour les autres quand l’auteur peut le faire pour lui et directement poster sur son blog ce qu’il a à dire ? Pour une plus grande visibilité ?

Oui, mais être visible n’est pas synonyme d’esclavage. Vous êtes invité, alors soyez un invité élégant et bien élevé, n’abusez ni de l’hôte, ni de l’hôtesse qui vous invite ! Car enfin, la finalité de la visibilité n’est-elle pas d’accéder à une rémunération ? Or ces sites qui ne rétribuent pas les auteurs, ne le feront probablement jamais puisque dès le départ aucun budget n’a été prévu dans leur plan de développement. Un exemple :The Huffington post, blog d’informations créé en 2005 aux États-Unis, a été vendu à AOL pour 315 millions de dollars en 2011, Aucun des auteurs qui y avaient contribué gratuitement n’a profité de cette vente juteuse. Depuis, 9000 blogueurs sont en procès avec The Huffington Post et réclament une rémunération pour leur contribution.

A. Sorel, « Fait divers », La Caricature, n° 376, 12 mars 1887.
Source : Gallica – gallica.bnf.fr

Entre l’époque de Vallés et la mienne, des paramètres ont changé. Le pourcentage de gens diplômés a augmenté. Plus de gens savent lire et écrire et sont donc capables de composer des phrases. Mais écrire c’est un peu plus que faire des phrases, aussi bien faites soient-elles ! Il faut avoir quelque chose à dire. Il faut dire (révéler des connaissances, développer des idées, par exemple), pas seulement véhiculer des informations (même si c’est important), des adresses, des tuyaux, de bons plans, des histoires ou des recettes. Et, ce dire, fait la différence et peut et doit être rémunéré. Ce dire est rare. Sa rareté en fait sa préciosité et de fait lui donne une valeur inestimable. L’auteur qui prend conscience qu’il est en train de dire quelque chose et non pas juste de faire une phrase, n’est pas un auteur vaincu. Il pourra et devra imposer un veritable partage des bénéfices.

GOINGmobo, the magazine of the Mobile Bohemian

À suivre…

Premier volet d’un état des lieux et analyse de la situation et de la condition de l’auteur, de ses difficultés et de son devenir. Lire le Volet 2

 Pour ne manquer aucun billet de la série, abonnez-vous au blog

Références historiques et biographiques (Jules Vallès) : BOHEMIAN PARIS, Culture, Politics, and the Boundaries of Bourgeois Life, 1830-1930 de Jerrold Seigel – The Johns Hopkins University Press Baltimore and London.

Citations extraites de :

L’argent de Jules Vallès, Google books, Les réfractaires de Jules Vallès, Gallica BNF

Texte ©Chris Simon

Êtes-vous un(e) Mobo ?

Mobo ? ??

J’ai découvert ce mot dans le magazine américain “Goingmobo”, qui m’a été envoyé via Twitter par son créateur, Jenz Johnson, se définissant lui-même comme un auteur mobo.

Fanny, cinépile et Facebookienne mobo

J’ai appris dans ce magazine que mobo vient de la contraction de “mobile bohemian”, une personne qui utilise son téléphone portable (comme le  iPhone) dans un nombre varié de circonstances et à des fins multiples et diverses. Un mobo se rend à un entretien d’embauche ou une soirée avec l’aide de Google map, il décide de dîner avec des amis au restaurant à la dernière minute, d’un clic passe en revue les commentaires d’ex-clients des restaurants du quartier dans lequel il se trouve et, avec ses amis décide en quelques minutes du restaurant. Il n’est pas nécessairement jeune, même s’il est porté sur les nouvelles technologies et les réseaux sociaux. Il peut être une femme ou un homme, appartient à des couches sociales diverses. Il n’est pas attaché à un bureau ou des horaires 9h-17h, il est mobile, agit et interagit sans frontières, échange informations, idées, adresses, films, musiques, prose et poésie… Avec des individus du monde entier, se connecte sur le monde et crée du lien social, des blogs, des magazines, des entreprises tout ça de son téléphone portable ou tablette.


L’éditeur numérique Québécois, Jean-François Gayrard, mobo @ Numériklivres

Le mobo ne souffre pas de téléphoniiiiite aigüe. Vous ne l’entendez pas dans le bus ou le métro ou à la boulangerie blablater à hauts décibels. Il est discret, efficace, rapide, soucieux de ne pas perdre son temps et par conséquent respectueux de celui des autres. Il maîtrise l’outil et en tire le meilleur parti pour enrichir sa vie professionnelle, sociale, culturelle et amicale. Le mobo lit en numérique et écrit en numérique, il partage l’info, ses coups de coeur et ses bonnes adresses. Le mobo développe des compétences technologiques, de nouvelles pratiques et invente un art de vivre : l’hyper social.  Le "bohémian" dans mobo se réfère au bohème : individu qui adoptait au 19e siècle en France à la fois un style de vie qui rejetait la domination bourgeoise et sa rationalité dans le cadre de la société industrielle au profit de la recherche d’un idéal artistique.

Quels sont les atouts et qualités d’un mobo d’après Jenz Johnson ?

- À l’aise avec la technologie

- Travaille dans des domaines d’activités dans lesquelles la vie sociale et culturelle est centrale

- Multi-tâches

- Curieux et instinctif

- Collabore et se connecte aux autres de partout où il se trouve

L’auteur et éditeur mobo,  François Bon, lors d’une conférence

Le mobo se connecte de différentes manières : en mettant à jour son statut ou son blog régulièrement, en commentant le statut ou le blog d’un autre, en lisant les infos, en recherchant un film, en téléchargeant un livre, en complétant une info sur Wikipédia par exemple, en répondant à la question d’un internaute sur les forums auxquels il appartient, en postant une photo… Le mobo navigue vite, répond vite à ses courriels parce que le monde dans lequel il évolue est par définition un espace qui réduit le temps et la distance. Ces activités multiples lui permettent d’acquérir des qualités, des compétences, mais aussi d’avoir de nombreux avantages dans la société, toujours d’après Jenz Johnson :

- Suivre au jour le jour l’actualité, la météo et tous sujets qui l’intéressent

- Rester en contact direct avec amis, amant(e)s, femmes, maris, enfants, partenaires et associés

- Découvrir de nouveaux livres, films, restaurants, quartiers, musées et autres lieux culturels…

- Trouver son chemin dans n’importe quelle circonstance, qu’il voyage en transports publics ou privés

- Transporter sa bibliothèque (livres, musiques), écouter  sa musique, ses radios à tout moment grâce aux écouteurs.

- Magasiner et comparer les prix avant de faire un achat.

- Correspondre d’où il se trouve et à tout moment avec les membres d’un de ses groupes ou forums favoris

Lucia, escrimeuse professionnelle mobo

Le mobo jouit d’une liberté de choix et d’une autonomie physique et géographique qui étaient impensables il y a quelques années. L’individu se nomadise, développe des compétences sociales, acquiert des avantages et un accès illimité à la société humaine, rien qu’avec son portable. Mais le mobo va plus loin, il transfère et transpose ses compétences dans son environnement immédiat, car il n’est pas un autiste, il partage et interagit aussi avec les gens autour de lui, certains diront, il le fait même mieux grâce aux pratiques et savoirs qu’il expérimente et développe sur son smartphone.

Alors, vous vous êtes reconnu !? Exprimez-le  sur cette page et partagez.

Lire aussi sur le même sujet :  Ma bohème. The modern Bohemian in Paris

Texte © Chris Simon – Photos © Brahim Metiba,  JF Gayrard et FBon

(Remerciements aux personnes m’ayant envoyé et permis d’utiliser leurs photos)

Pour lire l’excellent magazine Goingmobo (en anglais uniquement pour l’instant) c’est ICI

Jenz Johnson est l’auteur de deux livres : Giga Bites: Hacker Cookbook et Road to Reboot, en vente sur amazon. com papier ou numérique.