Pourquoi en numérique ? Entretien avec Agnès Martin-Lugand, auteure

Agnès Martin-Lugand est l’auteure de Les gens heureux lisent et boivent du café, ebook classé n°2 (ce jour) dans le top 100 meilleures ventes de la Boutique Kindle d’Amazon. Si vous êtes un adepte de la Kindle, vous avez sûrement remarqué sa couverture en première page d’Amazon : une femme seule fume attablée dans un café.

Elle a vendu 3000 exemplaires numériques en trois semaines et se pince tous les jours en se demandant si elle n’est pas tout bêtement au milieu d’un joli rêve. Pour vous donner un ordre d’idée sur l’année 2011 mon premier ebook La couleur de l’œil de Dieu, qui était gratuit, a été téléchargé moins de 2000 fois. Le marché du ebook en France décolle ! ;-)

Son livre enregistre déjà 28 commentaires et son prix est passé cette semaine de 0,89 à 2,68Euros. Si vous aimez la littérature sentimentale, je vous recommande de l’acheter très vite, car le prix du livre risque de continuer d’augmenter !

Les gens heureux lisent et boivent du café est son premier roman et Agnès ne rêve pas. Ce succès immédiat (elle a publié son livre il a à peine trois semaines, le 25 décembre 2012) l’étonne et c’est humblement qu’elle s’est prêtée aux règles de l’entretien.

Je suis heureuse de son succés et heureuse de le partager avec vous. Que son expérience vous inspire, vous encourage à persévérer dans tout ce que vous entreprendrez… Tout est incroyablement possible dans ce monde et ce n’est pas Agnès qui va me contredire.

Mais place à l’invitée qui se résume simplement :

Après six ans d’exercice en qualité de psychologue clinicienne dans la protection de l’enfance, Agnès Martin-Lugand se consacre aujourd’hui à la littérature. Elle analyse et dissèque avec finesse, humour et tendresse les mécanismes de l’âme humaine pour nous livrer des récits qui nous parlent et qui nous vont droit au coeur.

3000 exemplaires en 3 semaines

3000 exemplaires en 3 semaines

Agnès Martin-Lugand répond à cinq questions

1.

Pourquoi l’auto-édition et pas l’édition  ?

Je dois revenir un peu sur mon parcours et mon aventure de l’écriture. J’ai écrit mon roman toute seule dans mon coin une bonne année. Après réflexion, j’ai eu l’envie et le besoin d’avoir l’avis d’un professionnel, de ne pas être ménagée, et d’évaluer mon écriture. C’est là que j’ai rencontré Laurent Bettoni. J’ai eu la chance de suivre un de ses tutorats. Grâce à lui, j’ai retravaillé mon histoire, mon texte, mon style. Au terme de cette ré´criture, j’ai envoyé mon manuscrit à quelques éditeurs. J’ai attendu, attendu, et attendu. Puis, deux réponses sont arrivées, plutôt encourageantes, mais négatives ! Après le coup de bambou, et sur les conseils de Laurent, j’ai repris mon roman pour la énième fois. Et finalement, ce que j’imaginais pénible a été bénéfique. La version finale est ce que j’attendais depuis le début. La question s’est alors posée : devais-je reprendre contact avec les éditeurs qui m’avaient répondu et dont j’avais suivi les recommandations ? Ou bien en solliciter d’autres ? Ayant assisté à l’expérience de Laurent en tant qu’auteur indépendant, j’ai été titillée moi aussi par l’aventure. Et puis, un peu comme un caprice, je n’avais pas envie d’attendre six mois ou plus, qu’un éditeur me refuse, et de me retrouver avec deux manuscrits sur les bras (parce que je suis en plein dans le second !). J’ai ressenti le désir profond d’être lue, de me soumettre à l’avis des lecteurs, d’aller à leur rencontre. Qu’est-ce qui compte lorsqu’on écrit ? Et bien d’être lu ! Ça semble bête et logique, mais c’est comme ça… Quelle solution avais-je ? L’auto-édition. L’aventure de l’indépendance est excitante, terrifiante, on prend le risque de commettre des erreurs de débutants, c’est le jeu. On crée une petite entreprise pour permettre à son histoire et ses personnages de vivre leur vie. Je reconnais que le fait d’être entourée et conseillée par un auteur expérimenté m’a grandement facilité les choses, la découverte de ce milieu, le formatage des fichiers, la couverture…

Je ne me faisais aucune illusion au moment du lancement, je tentais un coup de poker, mais j’allais au bout de ma démarche, au bout de mon projet. Une façon d’assumer mon écriture, mon travail. Aujourd’hui, cela fait trois semaines que mon roman est en ligne, et jamais je ne regretterais mon choix. Je suis émerveillée par le succès rencontré. Comme on dit la sauce a pris, et je mène ma barque comme je l’entends.

2.

Pourquoi en numérique ?

J’ai découvert la lecture numérique il y a un an. Je faisais partie des septiques, accro au papier. Je contemplais ma bibliothèque prête à s’écrouler, et je fermais les yeux en tendant ma carte bleue chez le libraire. Et puis pour voir ce qui se faisait en édition indépendante, je me suis secouée, et j’ai tenté le coup. J’ai commencé à lire avec ma tablette des livres numériques, j’ai trouvé ça d’une facilité déconcertante, de l’achat à la lecture, en passant par le peu de place que cela prend ! En tant que lectrice, je peux découvrir de nouveaux auteurs à moindre coût. Comme beaucoup, j’attends que le prix des livres numériques de l’édition traditionnelle baisse… Les liseuses et les tablettes sont des outils formidables, simples. En sortant mon roman à ce format, j’ai bousculé les habitudes de mon entourage, bien souvent réticent à utiliser ces petites choses pour lire. Certains ont adhéré. Tant mieux !

4e de couverture

4e de couverture

3.

Comment as-tu défini le prix de ton ebook ? Les raisons  ?

C’est un mixte entre le point de vue de la lectrice, de l’auteur-indépendant, de la primo-romancière. À ça, j’ai rajouté le nombre de pages, mon roman est court, 180 pages. Soyons clairs, l’attractivité du prix permet de se rendre visible, le lecteur ne prend pas beaucoup de risques en achetant un livre à 2,68 euros. L’offre de lancement à 0,89 euro, et qui a duré presque trois semaines avait clairement pour but de frapper fort dès le début. Mais au-delà de l’aspect commercial, c’est aussi un moyen de rendre la littérature accessible à un plus grand nombre. Utopiste, me dira-t-on.

4.

Sur quelles plateformes  ?

Amazon, Kobo, Chapitre.com, iTunes.

5.

Combien de temps passes-tu par jour à la promotion de ton dernier livre ? Cela empiète-t-il sur ton temps d’écriture ? Utilises-tu les réseaux sociaux ? Lesquels et comment ?

Il est difficile de quantifier le temps que j’y passe, c’est récent pour moi, et je suis encore dedans. Et je dois reconnaître que je me suis peut-être éparpillée ! Pour résumer, plusieurs heures par jour, pour activer des contacts, et en chercher d’autres, solliciter des personnes susceptibles de faire connaître mon roman. J’ai déjà eu la chance d’avoir un papier dans un quotidien régional, une interview sur le blog de Laurent Bettoni, Écran total, et un passage sur une chaine de télévision locale, sans oublier la présente interview ! Et tout ça, ça prend du temps, mais c’est dans la continuité de la démarche d’indépendance, c’est pour la bonne cause, c’est intéressant, instructif et grisant. On est maître du jeu.

Bien sûr, cela a empiété sur mon temps d’écriture, les deux premières semaines, je n’ai pas écrit un mot. Ce n’est pas dû en totalité au temps consacré à la promo, l’excitation, l’obsession du compteur, des avis y sont aussi pour beaucoup. Depuis, je me canalise, et je m’astreins à me remettre au travail, à écrire, à me concentrer sur mon second roman. Je divise mon temps. Lorsque je suis sur la promo, je ne fais que ça, et lorsque j’écris, je m’enferme dans ma bulle avec ma nouvelle histoire, mes nouveaux personnages.

Au sujet des réseaux sociaux, je n’étais pas une adepte, loin de là. J’avais un Facebook dormant où je ne me rendais jamais, je n’avais pas ou peu d’amis virtuels ! Il a bien fallu s’y mettre. Activer mon compte, être plus présente sur la toile, ne serait-ce qu’avec les gens que je connais. Ça a été aussi l’occasion pour moi d’apprendre à me servir de cet outil, je patauge encore. Je me suis créé un nouveau profil dédié à mon activité d’auteur. Profil qui a permis à quelques lecteurs ou des curieux de rentrer en contact avec moi, j’ai pu recevoir leur ressenti, certains m’ont posé des questions sur l’auto-édition, sur le prix, sur la date de sortie de mon prochain roman. Pour le moment, je ne m’aventure pas plus loin, je continue mon apprentissage, chaque chose en son temps.

Acheter Les gens heureux lisent et boivent du café

4e de couverture

Le livre existe aussi en version papier

 Lire les entretiens précédents d’auteurs auto-publiés :

Entretiens croisés avec Laurent Bettoni

Entretien avec Emily Hill

Entretien avec Fabienne Betting

Entretien avec Florian Rochat

Pourquoi en numérique ? est une série d’entretiens avec des auteurs autoédités en numérique, mais aussi d’autres acteurs qui font les corrections, le formatage, etc. et acceptent de travailler eux.

Si vous désirez un entretien veuillez lire les démarches à suivre. Si vous êtes auteur ici , si vous n’êtes pas auteur 


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Photos  © Agnès Martin-Lugand

1ère mise en ligne et dernière modification le 18 janvier 2013

Pourquoi en numérique ? Entretien avec Sylvie Lavoie, blogueuse

Je suis tombée sur le blog de Sylvie Lavoie, Je lis en numérique et j’adore, au fil de mes balades sur la toile, naviguant d’un lien l’autre, d’un réseau social l’autre. Le nom m’a de suite interpellé. J’en aime la simplicité et l’excès de la fin.

Je suis toujours à la recherche de nouvelles blogueuses/blogueurs qui lisent en numérique, d’une part pour leur proposer mes ebooks, d’autre part pour les inviter dans cette rubrique, créée pour accueillir toutes celles et tous ceux qui participent à la numérisation littéraire des esprits. ;-)

J’aurais pu rencontrer Sylvie d’une autre manière, car je me suis rendue-compte, après coup, que nous appartenions au même club de lecture numérique ! Club qui lui a donné envie de créer ce blog. Sylvie dirige aussi une librairie virtuelle d’ebooks illustrés pour enfants.

Mystérieuse et franche, simple et byzantine, timide et passionnée, responsable et fantaisiste, Sylvie Lavoie est un personnage curieux et une personne curieuse. Elle ajoute donc à ses nombreuses activités, Je lis en numérique et j’adore, dans lequel elle partage, depuis mars 2011, ses lectures d’adulte, avec un grand appétit et plein d’enthousiasme. Ses goûts littéraires me semblent assez variés. Déjà partenaire avec Onlit, et StoryLab, elle aime la litttérature enfantine (en tant qu’auteure aussi) et la littérature générale. Sylvie s’intéresse particulièrement à la mise en perspective de la lecture et la pédagogie et de la technologie et la littérature :

Éducatrice en petite enfance, praticienne en santé naturelle et ayant toujours écrit ; du simple journal intime à la création de sites web, de livres pratiques sur les plantes médicinales, de livres pour enfants. Toujours à l’affût des nouvelles technologies qu’elle découvre, elle expérimente toutes les possibilités pour transmettre son expérience au service des créateurs du monde littéraire.

C’est ainsi qu’elle arrive au monde numérique.

Blog de lectures

Blog de lectures

Sylvie Lavoie répond à cinq questions

1.

Comment es-tu arrivée dans le numérique ?

J’y ai fait mon entrée sur deux paliers soit en tant que lectrice et en tant qu’auteure jeunesse.

Mon arrivée dans le numérique en tant que lectrice :

La première fois que j’ai lu un livre numérique, c’est en expérimentant un e-lecteur sur mon agenda électronique. J’ai tout de suite trouvé des avantages du livre papier malgré des restrictions sur cet appareil. L’écran n’était pas très large mais lorsqu’on lit, nous n’avons pas besoin de voir la page entière. Une fois cette habitude acquise, j’aimais bien faire descendre les pages avec mon pouce.
De plus, je pouvais adapter les polices d’écriture pour plus de confort de lecture en rapport avec ma vue.

Puis, je me suis procurée une tablette numérique que j’ai expérimentée pour la lecture et comme je voulais lire à l’extérieur, je suis passée à une liseuse à encre électronique qui s’ajuste à la lumière du jour.

Mon arrivée dans le numérique en tant qu’auteure jeunesse :

Depuis quelques années, j’écris des histoires pour la petite enfance. Je m’associe avec des illustrateurs pour réaliser des manuscrits illustrés. J’ai participé également à des projets comme Tandem jeunesse. Chaque projet finalisé, nous nous dirigeons vers les maisons d’édition en leur soumettant notre manuscrit. Malheureusement, cette démarche ne porte pas les fruits espérés. L’attente et la compétition me découragent.

C’est alors que je songe à proposer nos livres sous forme numérique en créant une librairie virtuelle pour enfants. Ce projet m’oblige à étudier les meilleurs formats pour visionner des illustrations numériques afin de les adapter aux différents supports multimédia. Je découvre une autre branche de la littérature jeunesse contemporaine.

Liseuses

Liseuses

2.

Pourquoi en numérique ?

Avec la liseuse, j’ai trouvé mon support idéal de lecture. J’ai recommencé à lire mes classiques, disponibles gratuitement partout sur le web. Je me suis abonnée à une bibliothèque virtuelle où de chez-moi j’emprunte mes " e-books" régulièrement. Ouvrir ma liseuse c’est comme ouvrir une porte sur le Monde avec tous les livres à ma disposition. Quoiqu’il m’arrive encore de lire des " livres papiers", je n’éprouve plus de différences proprement dites avec ma lecture virtuelle. Une fois installée dans l’histoire, on oublie le support qui nous le livre. Ceci dit, j’apprécie davantage le confort de ma liseuse.
 Elle est si légère dans mes mains.

3.

Lis-tu un genre particulier ?

Dans mon aventure avec les livres numériques, je suis privilégiée grâce aux contacts établis par le biais de mon blog. Des lectures en commun, des " challenges" et des propositions de maisons d’éditions m’amènent à lire des genres différents. J’aime les découvrir ainsi que leurs auteurs.

On assiste avec le monde de l’édition numérique à plus de liberté pour les auteurs à publier leurs oeuvres. Il y en a vraiment pour tous les goûts et c’est à nous de chercher dans le vaste choix proposé sur le web.

Liseuse Kindle

Liseuse Kindle

4.

Qui sont tes clients ?

J’écris mes chroniques littéraires pour le plaisir. J’ai débuté mon blog avec cette idée en tête et c’est dans cet esprit qu’il se développe de jour en jour. S’y est greffé de belles rencontres et des propositions de partenariat avec des maisons d’édition numérique qui en échange d’une critique me font parvenir un livre. Il arrive aussi que des auteurs m’en fasse la demande ainsi que des visiteurs qui parfois  me suggèrent des titres.

5.

Quels sont tes souhaits sur l’évolution, le développement de l’édition numérique ?

Je souhaite que les livres numériques pour enfants soient mieux exploités par les parents et les intervenants de l’enfance. Que les créateurs jeunesse trouvent leur place dans ce marché et diminuent leurs réticences à franchir le pas. Ayant expérimenté maintes fois le visionnement d’e-books auprès des enfants, que ce soit sur un ordinateur ou une tablette électronique, je peux vous affirmer que la même magie d’entendre et de voir une histoire est toujours la même pour eux.
 De plus, les livres électroniques sont moins coûteux que les livres papier d’où la facilité à se créer une belle bibliothèque jeunesse touchant des thèmes pédagogiques des différents stades de développement de l’enfant.

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Blog de lectures

Blog de lectures

 

Pourquoi en numérique ? est une série d’entretiens avec des auteurs autoédités en numérique, mais aussi d’autres acteurs qui font les corrections, le formatage, etc. et acceptent de travailler eux.

Si vous désirez un entretien veuillez lire les démarches à suivre. Si vous êtes auteur ici , si vous n’êtes pas auteur 


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Photos  ©SylvieLavoie ©Florian Rochat

1ère mise en ligne et dernière modification le 11 janvier 2013

Pourquoi en numérique ? Entretien avec Sabine Lauret, blogueuse.

J’accueille aujourd’hui, Sabine Lauret, propriétaire du Blog Ma Bibliothèque bleue et première blogueuse littéraire dans Pourquoi en numérique ? J’ai croisé Sabine pour la première fois en 2011 dans un groupe de lecture : le club des lecteurs numériques.

Quand je cherchais à faire lire mon premier ebook en mai 2011, c’est tout naturellement que je l’ai sollicitée, elle était une des rares blogueuses littéraires à lire en numérique et n’avait aucun à priori sur l’auto-édition. Elle reste aujourd’hui rare dans la blogosphère à privilégier la pratique de la lecture numérique. Pour cette raison, je tenais à ce qu’elle soit la première blogueuse de la rubrique.

Sabine Lauret lectrice et blogueuse

Sabine Lauret lectrice et blogueuse

Indépendante, curieuse et grande lectrice, Sabine lit entre 80 et 120 livres par an et se définit comme une bouquinovore. Elle a acheté sa première liseuse en 2008. Elle voit le numérique comme une fabuleuse alternative au papier. Elle y trouve de nombreux avantages et aime défendre ce support qui trouve ses détracteurs au sein de non-utilisateurs convaincus "mais pas très convaincants" souligne-t-elle. Depuis un an, elle organise multiples rencontres autour de lectures avec des auteurs de Provence, où elle vit, en collaboration avec les acteurs économiques de la région. Voici comment elle se présente :

Amoureuse des livres depuis mon plus jeune âge et malgré des études littéraires, je travaille aujourd’hui dans la logistique. Je vis ma passion au travers d’un blog, créé en 2004 dans le seul but de découvrir les possibilités du web et partager mes lectures avec mes copines aux quatre coins de la France. Aujourd’hui, c’est en moyenne 300 pages de Ma Bibliothèque Bleue qui sont consultées quotidiennement. Des partenariats avec des éditeurs et des auteurs auto-édités se sont mis en place au fil du temps.

Sabine Lauret répond aux cinq questions + une

1.

Pourquoi le numérique ?

Je dévore les livres et je suis souvent amenée à me déplacer. J’ai vu dans le numérique la solution à mes problèmes de transport de volumes lourds et/ou encombrants. Plus d’arguments sur France Culture 24h du livre

2.

Lis-tu un genre particulier ? Si non, comment choisis-tu les livres sur lesquels tu travailles ?

Je lis des romans, des nouvelles, du polar, de la poésie, des essais, principalement. Je ne sais pas apprécier les romans historiques, de Science-Fiction ou de Fantasy. Je choisis mes lectures selon mes envies du moment, un coup de coeur sur la couverture, une 4ème de couv qui allèche ou encore aux vues de l’actualité qui peut gravir autour d’un titre ou de son auteur.

Tablette

Tablette

3.

À quel moment la bouqinovore a pris le clavier ? Y a-t-il eu un événement particulier?

J’ai  commencé à tenir un blog à un moment de ma vie où j’avais un besoin de m’exprimer, alors que j’étais muselée dans ma vie personnelle et professionnelle. Le blog était le nouveau mode d’expression à la mode (c’était juste après les « pages perso » du début de l’internet en France). À l’époque, mon forfait était de 20h par mois et j’ai dû le changer pour un 50h par mois afin de pouvoir explorer les mises en pages, les différents langages du web, la gestion des photos… j’ai rapidement voulu faire une différence entre ce que je vivais chaque jour et mes lectures.

J’adore le bleu, je voulais parler des livres que j’avais dans ma bibliothèque, voilà comment est née Ma Bibliothèque Bleue. 

4.

Au regard de toutes tes lectures es-tu impressionnée /intimidée par les écrits et les auteurs des livres que tu as dévorés ?

J’aime être surprise par une qualité d’écriture ou l’originalité d’un récit, par les mots qui savent faire s’emballer mon coeur, me donner la chair de poule, me mettre la larme à l’oeil … J’aime les rencontres avec les auteurs qui parlent passionnément de leur travail. J’ai été fortement intimidée par Henning Mankell. Lorsque je l’ai rencontré, malgré l’humilité qui le caractérise, j’avais beaucoup d’appréhension à l’aborder. J’ai bafouillé trois mots en anglais et j’ai eu beaucoup de mal à lui dire ô combien je suis fan de ses livres et en complète adoration devant son personnage Kurt Wallander. Mais c’est bien un cas isolé, car je n’ai éprouvé aucune retenue face à Marc Lévy par exemple.

Je n’écris que sur les livres que j’ai aimés, en partie ou dans l’ensemble. Le but de mon blog étant de donner envie de lire, je ne vois aucun intérêt de fustiger un titre que je n’ai pas apprécié. Si ce n’est pas à mon goût, c’est certainement au goût de quelqu’un d’autre … Tous les titres présents dans mon blog sont des livres que j’ai lus. C’est un principe chez moi. Je ne veux pas écrire mon avis comme un simple « copier coller » d’un site commercial.

La légende de Little Eagle

Liseuse

5.

Comment vois-tu l’avenir de l’édition numérique ? 

L’édition numérique doit passer le cap de la révolution pour s’installer pleinement dans les mentalités et/ou usages de lecture.

Et ton avenir ?

Après des collaborations sur les livres d’auteurs comme avec La vieille dame, le rien… et les autres de Karine Carville ; et des années de blogosphère, j’aimerais, aujourd’hui, travailler dans (la chaîne ?) le réseau du livre, mais je ne sais pas véritablement comment orienter mon action. J’ai un projet qui me tient à coeur et qui verra peut-être le jour en 2013. Ce sera peut-être l’étincelle …

6.

Quels sont tes souhaits sur l’évolution, le développement de l’édition numérique ?

Le développement de l’édition numérique doit permettre de passer outre la simple "copie" du livre papier. Elle doit proposer des versions "enrichies", des bonus au livre qui pourront pleinement justifier les tarifs qui sont pratiqués aujourd’hui.

Suivre Ma Bibliothèque bleue sur Facebook, Twitter

 

Pourquoi en numérique ? est une série d’entretiens avec des auteurs autoédités en numérique, mais aussi d’autres acteurs qui font les corrections, le formatage, etc.

Si vous désirez un entretien veuillez lire les démarches à suivre. Si vous êtes auteur ici , si vous n’êtes pas auteur 


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Photos  ©Coralie Wernberg ©Florian Rochat

1ère mise en ligne et dernière modification le 9 décembre 2012

Pourquoi en numérique ? Cherche prestataires de services ebook pour entretiens

Pourquoi en numérique ? est lancé.

Déjà deux entretiens d’auteurs, Florian Rochat en septembre et Fabienne Betting en octobre. Deux nouveaux entretiens planifiés pour le mois de novembre.

Un bilan très positif. Excellent taux de fréquentation et cela a permis aux auteurs d’échanger des infos, de se connaître et de découvrir leur livre respectif et je l’espère  de vous donner envie de les découvrir et de lire leur livre.

L’ auto-édition en marche avec vous et pour vous !

En novembre, j’élargis la rubrique Pourquoi (lire le billet) et proposerai des entretiens avec des prestataires de services pour l’auto-édition numérique : traducteurs, formatage, correctrices/correcteurs, illustratrices/illustrateurs,  attaché(e)s de presse, critiques/recensions (blogs et sites)… )

Déjà deux entretiens en préparation !  L’un avec un prestataire de formatage de livre numérique et l’autre avec une traductrice d’ebooks.

Les règles et les démarches à suivre possèdent quelques différences.

A. Avoir travaillé au minimum sur un livre numérique (ebook) de fiction d’un auteur auto-édité.

B. Si tu remplis la condition A, fournir les pièces suivantes :

1. Mini bio (300 mots) ou brève présentation de ta société.

2. Lien de ton blog ou site.

3. Photo, titre et nom de l’auteur du/des livres sur lesquels tu as travaillés, 1ère date de publication.

4. Liste des liens de vente (plateformes, librairies…)

5. Choisir 5 questions dans la liste Partie 2 (prestataires uniquement) et y répondre avec precision et conscision.

Me contacter par FB ou Twitter @Qrisimon et ensuite m’envoyer le tout par courriel privé les réponses avec les liens, photo de  couvertures, bio ou présentation de la société et un courriel valide.

Les expériences les plus intéressantes seront retenues et les auteurs sélectionnés auront un entretien par courriel et un billet consacré à leur démarche et les prestations qu’ils proposent.

À bientôt donc sur Pourquoi en numérique ? L’ auto-édition en marche avec vous et pour vous.

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1ère mise en ligne et dernière modification le  23 octobre 2012

Pourquoi en numérique ? Cherche auteur(e)s de fiction auto-publiés pour entretiens

Ça faisait très longtemps que je n’avais pas eu un téléchargement aussi faible sur iBookStore pour La Couleur de l’oeil de Dieu, 1 en une semaine, heureusement du côté d’Amazon, ça se maintient à 38/semaine ! ;-)   Je comprends que chacun est très occupé par le retour à la-vie-moins-huit-heures de travail-qu’on-n’aime-pas-forcement  et qu’il y à la rentrée de tout qui préoccupe tout le monde :

Rentrée des classes, rentrée à prix bas, rentrée du cinéma, rentrée des Roms, rentrée Littéraire, le salon de la rentrée, la rentrée de la rentrée et aussi Ma Rentrée numérique !

Je vais sortir en septembre mon deuxième ebook Le baiser de La mouche et j’ai commencé à prendre des contacts avec sites et blogs pour en faire la promotion.

Refus avec pour motif :

On ne travaille pas avec les auto-édités.

Ah bon ???

Du fantastique, du vrai, bientôt sur vos tablettes, liseuses, smartphones

Et puis je lis ce billet de François Bon, Le CNL en crise : tant pis pour leur aveuglement borné, je vous le recommande,  et j’apprends que l’on considère les maisons d’éditions numériques comme de l’auto-éditon. Donc si publie.net est de l’auto-édition, le Réalisme Délirant est un nouveau jeu de société pour les 6-8 ans ! ;-)

Je l’ai déjà écrit, l’auto-édition n’est pas une maladie, et j’ajoute, encore moins une insulte ! Comme j’ai le sens de l’humour (parfois on n’a pas le choix, c’est la seule façon de prendre les choses qui arrivent ;-) ! ) et un optimisme viscéral ; j’ai décidé de créer une nouvelle rubrique sur mon blog : Pourquoi en numérique ? Rubrique qui m’a été inspirée par les nombreux  blogs sur l’auto-édition de mes confrères anglophones.

Je cherche donc des auteurs auto-édités ou indépendants pour des entretiens. Faites circuler l’info.

Voici les règles et la démarche à suivre  (Oui, même au Monopoly, il y a des règles du jeu).

A. Avoir auto-publié au minimum un livre numérique (ebook) de fiction et réalisé un minimum de ventes ou téléchargements.

B. Si tu remplis la condition A, fournir les pièces suivantes :

  1. Mini bio (300 mots)
  2. Lien de ton blog ou site
  3. Photo de la couverture du livre, 1ère date de publication et une première évaluation, un premier bilan (ventes, retours lecteurs)
  4. Liste des liens de vente de ton dernier livre (plateformes, librairies…)
  5. Choisir 5 questions dans la liste et y répondre avec précision.

Me contacter par FB ou Twitter et ensuite m’envoyer le tout par courriel privé les réponses avec les liens, la photo de la couverture et un courriel valide.

Les expériences les plus intéressantes seront retenues et les auteurs sélectionnés auront un entretien par courriel et un billet consacré à leur démarche et leur(s) livre(s).

Je suis moi-même disponible pour tout entretien ou critique concernant mes livres et la sortie ebook de Le baiser de la mouche. Donc, n’hésitez pas à me contacter si vous avez un blog littéraire, une rubrique télé, magazine ou radio…

À bientôt donc sur Pourquoi en numérique ? Et bonnes ventes !

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1ère mise en ligne et dernière modification le 31 août 2012

Pourquoi je m’autoédite en numérique ?

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais depuis que je suis enfant, je n’aime pas les vacances.

Je n’aime pas le concept :

Travail Travail Travail

Vacances Vacances Vacances

Interdit de mater ! ;-)

Ça m’ennuie et c’est absurde !

Je préférais travailler quatre ou cinq heures par jour toute l’année et passer le reste de la journée à cuisiner pour les amis, écouter les oiseaux, marcher sur une plage, aller au cinéma, nager dans un lac, bref vivre, au lieu de bosser huit heures par jour et prendre deux, quatre ou huit semaines de vacances d’un bloc. Oui en France, certains ont des congés payés aussi longs.

Comme tous les ans au mois de juillet, j’ai travaillé, beaucoup même parce que la vie sociale étant plus calme, j’ai l’impression que ma concentration augmente et que quatre heures en juillet valent bien plus que quatre heures en septembre.

J’ai mené un projet d’écriture collective, planché sur un ebook qui propose aux lecteurs une expérience de lecture différente, enregistré La couleur de l’oeil de Dieu sur Kobo Writing Life et Google Play et lu une partie des  textes soumis pour  le prochain numéro de la revue Rue Saint Ambroise. Dans le même temps, je prépare la version ebook du Baiser de la Mouche parce que j’ai envie de continuer l’aventure de l’auto-publication, mon premier ebook comptabilisant  3 à 30 téléchargements par semaine rien que sur l’iBookStore d’Apple. Je remercie au passage les lecteurs pour leur confiance et curiosité.

J’ai aussi lu quelques livres et beaucoup de billets de blog dont deux ont retenu mon attention, car ils abordent des questions que je me pose aussi :  Pourquoi je publie en numérique de Laurent Margantin et Pourquoi je m’interdis l’autoédition de Lorenzo Soccavo

Je vous en recommande la lecture.

Je ne tente pas ici de répondre aux auteurs de ces deux billets, ne détenant pas la vérité, bien que me posant des questions assez similaires. Je ne tire pas encore forcément  des idées précises de ma propre expérience à ce stade, mais je peux certainement vous transmettre ce que je ressens.

À la loupe

Mon premier livre publié, La couleur de l’oeil de Dieu, est un livre numérique. Il est sorti en mai 2011, trois mois avant mon livre papier, Le baiser de la mouche, dont j’ai envoyé le manuscrit dans 23 maisons d’édition traditionnelle et signé un contrat en mars 2011.

23 manuscrits, ça représente beaucoup de photocopies, de timbres et de va-et-vient chez Copy-Top et à La Poste. Ça chiffre aussi !

En un an, j’ai appris beaucoup sur les maisons d’édition et sur l’autoédition. Publier en numérique m’a fait faire des économies (imprimer les manuscrits, les envoyer par la poste ou les déposer…) et m’a libérée d’une réalité très désagréable et pesante : voir mon travail rejeté à 99%. Quand vous recevez des dizaines de lettres de refus sur plusieurs mois, vous commencez à déprimer (c’est vous qu’on rejette !) et si vous ne voulez pas sombrer, vous devez vous dire : bon passons au prochain texte et concentrons nous sur le 1% des textes que j’ai réussis à publier. À moins que vous ne préférriez vous morfondre sur votre talent incompris ! ;-)

Le numérique m’a sortie de ce système dans lequel je me sentais sérieusement à l’étroit et j’ajouterais prisonnière. Tel un acteur dont les réalisateurs ne veulent pas, l’auteur se retrouvait isolé, voire aliéné dans un système fermé. Mais tout comme certains acteurs ne se sont pas démontés et ont pris leur désir en mains en se lançant dans des spectacles solos ou en tournant leur film, l’auteur aujourd’hui se voit donner enfin les outils pour faire de même.

Une vraie révolution et une chance ! L’auteur en moi ressent une immense liberté et la joie de ne plus dépendre d’un seul et unique système. De ne plus dépendre de la validation d’une ou plusieurs personnes toutes professionnelles qu’elles soient.

Les limites de la cour

Libérée donc, je ne me demande plus si je vais trouver une maison d’édition pour le texte que je viens de finir puisque je peux le publier moi-même, mais plutôt comment je peux l’améliorer. Qu’est-ce que je veux vraiment dire ? Qu’est-ce que je peux apporter à la littérature ? Quelle est la meilleure façon de publier ce texte ?

Si je peux publier quand je veux, où je veux et ce que je veux (que ce soit sur mon blog ou sous forme d’ebook) alors je reviens à l’essentiel de l’écriture. Je questionne mon texte, pas mon image ou ma "carrière" pas le bien fondé des maisons d’édition. Mon texte est-il intéressant ? Exprime-il clairement ce que je veux dire ? Ainsi, je ne laisse plus systématiquement un éditeur prendre ces décisions pour moi. De fait, je me trouve pleinement responsable de ce que je publie et donc de ce que j’écris.

La semaine dernière une amie m’a demandée si je pensais au lecteur quand j’écrivais. J’ai trouvé la question pertinente. Est-ce qu’un auteur doit penser aux lecteurs quand il écrit et qu’est-ce que cela change dans son écriture s’il pense aux lecteurs ?

Est-ce que les lecteurs veulent qu’on pense à eux ou ne préfèrent-ils pas être surpris ou qu’on les laisse tranquilles ? À eux de répondre…

Quand j’écris, je pense aux lecteurs uniquement dans la mesure où j’utilise un langage commun à tous. Je veux dire que j’écris dans une langue que le lecteur comprend, j’utilise la même langue que lui, mais en dehors de ça, non, je ne pense pas aux lecteurs quand j’écris. J’écris.

Je peux me demander si ça va l’intéresser, mais la question n’aura de réelle réponse qu’à travers la publication. C’est seulement une fois publier (cad rendu publique) que le lecteur a accès au texte.

Danse de la liberté

L’auteur libre doit faire face à tous les dangers.

En tant qu’auto-publié, il peut être avidement tenter d’aller chercher le lecteur (forte tentation qui n’épargne pas les éditeurs) ou au contraire il peut soumettre le lecteur à venir à lui (tentation moins courante chez les éditeurs ;-) ! ).

Cette tentation est le vrai défi littéraire que pose le marché du livre numérique. Et ce n’est pas uniquement un défi pour les auto-publiés, c’est aussi un défi pour les éditeurs et les lecteurs.

Cela fait des années que j’entends dire qu’il y a trop de livres. Et bien, il y en aura encore plus parce qu’il y a plus de gens qui savent écrire et que publier devient de plus en plus facile et moins coûteux.

Beaucoup de livres vont voir le jour. Cependant, une fois l’engouement passé pour la publication, la somme de travail que représente l’écriture d’un texte, sa publication et sa promotion risquent de décourager beaucoup de prétendants après la première tentative ! Parce qu’écrire n’a rien à voir avec jouer au black jack au casino. Écrire demande beaucoup plus d’attention, de temps et d’énergie, de patience et de courage, de désir et de générosité. Les auteurs l’apprennent en écrivant et comprennent vite que l’écriture et la lecture ont toujours le dernier mot !

Les périodes de liberté ne durent jamais très longtemps. Auteurs, lecteurs, éditeurs, amateurs de littérature numérique profitez-en ! La liberté est rarissime et précieuse. Et si un poète peut me contredire qu’il s’exprime ici !

À suivre…

GOINGmobo, magazine of the Mobile Bohemian

Quatrième volet d’un état des lieux et analyse de la situation et de la condition de l’auteur, de ses difficultés et de son devenir. Lire le volet 1, volet 2 et volet 3

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Le Baiser de la mouche

Chris Simon _ Licence Creative Commons BY-NC

1ère mise en ligne et dernière modification le 30 juillet 2012.