Pourquoi en numérique ? Entretien avec Charlie Bregman, auteur

J’ai rencontré Charlie Bregman via Facebook. À travers nos échanges j’ai ressenti chez lui une certaine joie et légèreté. Charlie Bregman signe et publie avec Vivement l’amour ! son premier ebook auto-publié. Le roman raconte, avec humour, l’histoire d’un jeune adolescent qui tombe amoureux dingue de l’adolescente qu’il ne lui faudrait pas.

Charlie Bregman se présente ainsi :

Je suis né en 1974 et je vis en Haute-Savoie. Je pourrais dire que j’ai été élevé parmi les vaches et nourri à la raclette, mais ça ferait un peu cliché. La vérité est légèrement différente et n’a absolument aucun intérêt. J’ai toujours aimé lire et j’écris depuis l’âge de 13 ans. En 2006, j’ouvre un blog et me lance dans une aventure passionnante avec un dessinateur : un roman y prend forme, sous forme de feuilleton illustré. Il constituera l’ébauche de mon premier livre : Vivement l’amour.

D’autres textes sont en cours d’écriture mais pas encore assez aboutis. J’ai le défaut d’être à la fois très impatient et d’aimer prendre mon temps pour faire les choses correctement…

Je vous laisse découvrir cet auteur à la personnalité joyeuse : cocktail d’humour et de désir, de modestie et de sens de la dérision.

Charlie Bregman répond au cinq questions

1.

Pourquoi en numérique ?

En tant que parfait novice, j’ai commis l’erreur de publier mon roman d’abord en papier, puis ensuite en numérique. Comme le projet m’avait habité durant de nombreuses années, j’étais très impatient de le voir pleinement concrétisé sous forme de livre papier. J’ai donc décidé de ne tenter ma chance auprès d’une seule grande maison d’édition, et lorsqu’ils m’ont fait part de leur refus sous forme de lettre type, je me suis dit que rester libre et indépendant sur toute la ligne serait une aventure tout aussi grisante, ce que je peux confirmer aujourd’hui.

Par contre, faire connaître son livre reste un travail pour lequel je n’étais absolument pas préparé (et absolument pas conscient à quel point il déborde sur le reste des activités), et c’est tout naturellement que je me suis orienté vers la publication en numérique, afin de pouvoir toucher plus de lecteurs. Lorsque l’on constate que certains livres ne restent qu’un ou deux mois à peine en librairie avant de retourner direction le pilon, il est clair qu’un nouvel auteur n’a qu’une chance très infime de se faire une place au sein de cette société d’hyper-consommation. En numérique, un ouvrage publié n’est pas supprimé au bout de plusieurs semaines en cas de ventes insuffisantes.

Et puis, je pense que l’avenir de la lecture se trouve d’autant plus dans ce support, qu’avec la crise, cela permet d’acquérir des ouvrages à des coûts très compétitifs.

2.

Comment as-tu défini le prix de ton ebook ? Les raisons  ?

Lorsque l’on écrit un roman, on ne le fait pas en gardant à l’esprit des idées de rentabilité ou de retour financier. Certains ouvrages le permettent peut-être, mais pas le roman. On écrit parce que l’on aime écrire, et si le succès est toujours quelque chose que l’on espère, on sait très bien qu’il ne constitue qu’une rencontre chanceuse d’un auteur avec un lecteur, à un instant T. Donc, pour moi, l’objectif était avant tout de pouvoir diffuser le livre en me mettant à la place du lecteur. Personnellement, quand je vois que certains éditeurs commercialisent leur version numérique au même tarif que la version papier, c’est du foutage de gueule. La vraie révolution du numérique, c’est de pouvoir réduire les coûts tout en augmentant l’impact écologique : zéro intermédiaire, zéro transport, « zéro » pollution (hormis celle produite pour la fabrication des liseuses, tablettes et ordinateurs, mais qui n’est pas du ressort de l’auteur). C’est une démarche qui peut paraître très indépendantiste, mais lorsque l’on voit, chez les éditeurs papier, qu’un auteur ne touche que 8 à 10% de royalties sur le livre qu’il a écrit, et que tout le reste sert à nourrir les autres acteurs de la chaine du livre, il y a quand même quelque chose qui ne tourne pas rond.

J’ai décidé de publier mon livre (420 pages en version papier) à 4,99€. Prix psychologique inférieur à 5€, sur lequel il doit me rester environ 3,20€ avant prélèvement des impôts sur le revenu. Pour un ebook téléchargé, pour un même résultat, il me faudrait vendre plus de deux livres papier. Pour le lecteur, au tarif du livre papier à 19€, cela représente le pouvoir d’acheter quatre livres au lieu d’un seul.

Je suis prêt à parier que les passionnés de lecture les plus réticents envers le numérique changeront très rapidement d’avis une fois qu’ils auront essayé !

3.

As-tu fait la couverture de ton ebook  ? Comment ?

Pouvoir concevoir moi-même ma couverture a été un des atouts qui m’a encouragé à passer à l’auto-édition. Après des études d’architecture, sans avoir eu ni le talent ni la formation pour exercer en tant que graphiste, j’ai pourtant toujours gardé un plaisir immense à jouer avec le dessin pour exprimer des idées. Je voulais une couverture pleine de symbolique, où l’on puisse comprendre d’emblée les thèmes principaux du roman, qui sont l’amour, l’adolescence et la sexualité, avec le réveil hormonal comme véritable cause cachée de ce que l’on peut qualifier d’impatiences amoureuses.

Pour résumer le concept, les 13 fleurs symbolisent l’entrée dans l’adolescence, en faisant référence au terme de « teenager » des anglo-saxons, que l’on emploie pour les 13-19 ans et la petite « bestiole » rouge qui se fait la malle vers l’intérieur du livre vous invite à la suivre !

4.

Fais-tu de la vente directe ?

Oui, je commercialise moi-même mon ouvrage sur le site officiel Syblio, avec paiement sécurisé via Paypal pour la version papier. Pour la version numérique, j’ai préféré pouvoir bénéficier des journées de promotion gratuite du programme Kindle Direct Publishing d’Amazon, pour lesquelles une clause d’exclusivité est exigée.

5.

Combien de temps passes-tu par jour à la promotion de ton livre ?

Promouvoir un livre sérieusement demande beaucoup de temps (d’où la réelle légitimité des « bons » éditeurs, il faut le reconnaître). Jusqu’à maintenant, je n’avais pas suffisamment de temps pour le faire correctement. Depuis le début d’année, j’ai pris conscience de cette nécessité (le nombre de téléchargements du livre en était arrivé au point mort) et j’essaie de faire connaître mon livre un peu plus activement, même si cela se fait au détriment de mes heures de sommeil.

Cela porte ses fruits. 320 téléchargement ont été effectués lors de la dernière promotion gratuite, avec une reprise des ventes à l’issue de ces deux journées. Les raisons de ce « succès » relèvent malgré tout plus d’un coup de chance d’une réelle maîtrise des stratégies de marketing de ma part : cette promotion a été relayée par le site AUTO-ÉDITION qui a bénéficié d’une forte promotion de la part des auteurs indépendants au même moment (je les en remercie !)

Pour le reste, j’utilise les réseaux sociaux Facebook, Twitter et Viadeo, sans toutefois savoir les maîtriser pleinement pour le moment.

 

Lire les entretiens précédents d’auteurs auto-publiés :

Entretien avec Agnès Martin-Lugand

Entretiens croisés avec Laurent Bettoni

Entretien avec Emily Hill

Entretien avec Fabienne Betting

Entretien avec Florian Rochat

Pourquoi en numérique ? est une série d’entretiens avec des auteurs autoédités en numérique, mais aussi d’autres acteurs qui font les corrections, le formatage, etc. et acceptent de travailler eux.

Si vous désirez un entretien veuillez lire les démarches à suivre. Si vous êtes auteur ici , si vous n’êtes pas auteur 


GOINGmobo, the Magazine of the Mobile Bohemian

Chris Simon _ Licence Creative Commons BY-NC

Photos  © Charlie Bregman

1ère mise en ligne et dernière modification le 25 février 2013

Comment devenir écrivain sans passer par la poste ?

Je rebondis sur une fabuleuse nouvelle, annoncée par Écran Total. Agnès Martin-Lugand a écrit un roman Les gens heureux lisent et boivent du café. Avec l’aide d’un autre auteur Laurent Bettoni, elle l’a retravaillé et auto-publié sur Amazon fin décembre. En une semaine, son livre se retrouve numéro un des ventes. Mais, qui, s’en est aperçu ? Quelques auteurs auto-publiés qui s’intéressent de près à ce qui se passe sur Amazon et sur les autres plate-formes de vente et les lecteurs.

3000 exemplaires en 3 semaines

70 commentaires

Agnès a fait deux/trois entretiens sur des blogs d’auteurs dont le mien dans Pourquoi en numérique ? Et une télé régionale FR3 Normandie. Ce sont donc les lecteurs qui ont tout fait ! Ils existent donc ces lecteurs numériques. Ce ne sont pas des fantômes. Ils lisent, ils sont curieux et se passent le mot sur les livres qu’ils aiment. Le roman existe donc par les lecteurs.

Ainsi de lecteur en lecteur, le roman a oscillé entre la première et la troisième place pendant moins de deux mois sur le top 100 littérature générale d’Amazon et gardé une première place dans le Top 100  littérature sentimentale pendant quatre semaines. Et tout ça sans l’aide d’aucun média. C’est ce qu’il y a de plus intéressant dans ce succès.

J’ai lu les deux premiers chapitres du livre (pas eu encore le temps d’en lire plus) et je comprends pourquoi un éditeur, Michel Lafon, l’a contactée. On adhère de suite au personnage, on a une empathie directe, instantanée avec l’héroïne. Voilà un éditeur qui ne boude pas le numérique, mais l’observe sur les plate-formes de distribution.

Les contes de fées arrivent finalement sur Amazon France. Le rêve américain Made in France enfin dans la réalité et non plus que dans les séries ! ;-)   Agnès Martin-Lugand est sans doute la première auteure francophone à avoir dépassé les ventes de 50 Shades of Gray sur plusieurs semaines et à avoir signé, grâce à cette performance, un contrat avec un grand éditeur papier. Et tout ça sans les médias. Hey hello les "Grands" médias et sites qui parlent du numérique vous n’avez pas l’impression de rater quelque chose ?!  Êtes-vous vraiment indispensables dans un nouveau système ?

J’entends déjà dire, oui mais c’est de la littérature sentimentale donc commerciale, patati patatata… Je vous rassure toute la littérature, tous les genres, tous les formats romans, nouvelles et poésies existent en ebook via des auteurs indépendants ou des éditeurs "Pure Players".  Une partie de la littérature d’aujourd’hui, et de demain sans doute, est en numérique.  Des livres moins chers et une foison de nouveaux auteurs vous sont proposés.

Pour Agnés, ce premier roman et une belle réussite et très encourageante pour les auteurs indés et les lecteurs ! Oui, les lecteurs jouent un rôle important dans cette histoire. Ils sont des personnages principaux. Ça me laisse rêveuse, en tant qu’auteure auto-publiée mais aussi en tant que lectrice en numérique.

Dépêchez-vous d’acheter Les gens heureux lisent et boivent du café, car il sera bientôt à 20 euros en version papier au lieu de 2,68 aujourd’hui sur Amazon !

4e de couverture

Le livre existe aussi en version papier

 Lire les entretiens précédents d’auteurs auto-publiés :


Entretien avec Agnès Martin-Lugand

Entretien avec Emily Hill

Entretien avec Fabienne Betting

Entretien avec Florian Rochat

Pourquoi en numérique ? est une série d’entretiens avec des auteurs autoédités en numérique, mais aussi d’autres acteurs qui font les corrections, le formatage, etc. et acceptent de travailler eux.

Si vous désirez un entretien veuillez lire les démarches à suivre. Si vous êtes auteur ici , si vous n’êtes pas auteur 


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1ère mise en ligne et dernière modification le 15 février 2013

MON PROCHAIN GROS TRUC, si j’ose dire.

Mon prochain gros truc est l’adaptation française de The Next Big Thing, un mème viral dans lequel les auteurs exposent leur prochain projet puis invitent d’autres auteurs à faire de même sur leurs blogs respectifs.

C’est à Jean-Basile Boutak, un des auteurs de Historietas (ebook auquel j’ai participé) chez Edicool que je dois d’avoir été « tagué ».

ebook en vente sur Edicool, Amazon.fr et itunes

ebook en vente sur Edicool, Amazon.fr et itunes

L’expression "gros truc" en français me fait sourire, mais je comprends pourquoi cela n’a pas été traduit par grand machin ou grosse chose. ;-)

Je dois avouer que j’aurais sans doute passé mon tour si je ne venais pas de finir un premier jet de mon roman en cours. Je n’aime pas vraiment parler de mes projets – peur de perdre l’énergie et le désir qui me portent. Mais je me suis dit, pour une fois, sois à la hauteur de tes personnages, fais face à tes peurs.


1. Quel est le titre de votre prochain texte ?

Je ne vais pas le dire, je veux faire la surprise !

2. D’où vous vient l’idée principale ?

De mon premier roman Ma mère est une fiction  chez Publie.net, dans lequel j‘ai fait se croiser quatre histoires. J’ai été sollicitée et encouragée sur les réseaux sociaux par des lecteurs (et même un éditeur) à développer l’une d’entre elles en roman, je me suis dit qu’ils avaient peut-être raison et j’ai essayé.

En vente sur Publie.net, Amazon, Bookeen, iBookStore...

En vente sur Publie.net, Amazon, Bookeen, iBookStore…

3. À quel genre appartient-il ?

Je ne pose jamais la question du genre. À tort peut–être ? Je me concentre sur l’histoire, les personnages. Cependant, je sens ce roman au croisement du roman d’anticipation et de l’uchronie.

4. Si votre texte était adapté au cinéma, quels acteurs verriez-vous dans les rôles principaux ?

Cette question me parle pour deux raisons. 1. L’ histoire au départ était une nouvelle de quatre pages. Ma première idée, en la relisant, était d’en faire un scénario de long-métrage, car je voyais le film. 2. J’écris mes romans en utilisant les techniques du scénario. Il faut dire que c’est ma formation. Cependant, je n’ai pas envie pour l’instant de mettre des visages connus sur mes personnages alors que je le ferais si j’écrivais un scénario.

 5. Quel est le synopsis du texte en une phrase ?

Un voyage qui tourne mal, très mal et met en péril la vie du personnage principal. ;-)

6. Allez-vous être publié par un éditeur ou en auto-édition ?

Je n’ai pas décidé, mais l’auto-édition numérique me convient très bien. J’ai déjà publiés deux livres.

7. Combien de temps avez-vous mis pour produire votre premier jet ?

Deux mois. Mais c’est maintenant que le travail le plus long commence.

8. À quel autre livre pouvez-vous le comparer ?

Aucun pour l’instant. Mais je n’ai pas lu tous les livres !

9. Qui ou quoi a inspiré l’écriture de votre livre ?

C’est une histoire que j’avais dans la tête depuis une douzaine d’année. Mais, je ne sais pas pourquoi, je n’arrivais pas à m’asseoir et à l’écrire. Et puis un jour au printemps 2011, j’ai enménagé dans un nouvel appartement et j’ai trouvé sous une latte du plancher qui bougeait, un billet d’1 dollar. Qui avait laissé ce billet ? Les propriétaires avaient-ils connaissance de cette cachette ? Ces questions en ont  apporté d’autres.  À quoi servent les traces ? Le souvenir ? La mémoire permet-elle de nous apprendre quelque chose sur nous-mêmes et sur la nature humaine ? J’ai remis le billet et repositionné la latte et j’ai écrit la première version.

10. Que pourriez-vous dire pour piquer l’intérêt de votre lecteur ?

Une des quatre parties de Ma mère est une fiction est ma matrice et permet une incursion dans le roman .

Pour prendre la suite, et se soumettre à cette pratique virale, j’invite Fabienne Riveyran, , Marlène Tissot, Claire Roig, Camille Philibert-Rosignol, Éric, Dubois, Laurent Bettoni, Olivier Moyano, Florian Rochat, Jean-Christophe Heckers, Adam Molariss. S’ils le veulent, bien sûr.

Bibliographies

A partir de 0,95

A partir de 0,89

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1ère mise en ligne et dernière modification le 13 février 2013

Pourquoi en numérique ? Entretien avec Agnès Martin-Lugand, auteure

Agnès Martin-Lugand est l’auteure de Les gens heureux lisent et boivent du café, ebook classé n°2 (ce jour) dans le top 100 meilleures ventes de la Boutique Kindle d’Amazon. Si vous êtes un adepte de la Kindle, vous avez sûrement remarqué sa couverture en première page d’Amazon : une femme seule fume attablée dans un café.

Elle a vendu 3000 exemplaires numériques en trois semaines et se pince tous les jours en se demandant si elle n’est pas tout bêtement au milieu d’un joli rêve. Pour vous donner un ordre d’idée sur l’année 2011 mon premier ebook La couleur de l’œil de Dieu, qui était gratuit, a été téléchargé moins de 2000 fois. Le marché du ebook en France décolle ! ;-)

Son livre enregistre déjà 28 commentaires et son prix est passé cette semaine de 0,89 à 2,68Euros. Si vous aimez la littérature sentimentale, je vous recommande de l’acheter très vite, car le prix du livre risque de continuer d’augmenter !

Les gens heureux lisent et boivent du café est son premier roman et Agnès ne rêve pas. Ce succès immédiat (elle a publié son livre il a à peine trois semaines, le 25 décembre 2012) l’étonne et c’est humblement qu’elle s’est prêtée aux règles de l’entretien.

Je suis heureuse de son succés et heureuse de le partager avec vous. Que son expérience vous inspire, vous encourage à persévérer dans tout ce que vous entreprendrez… Tout est incroyablement possible dans ce monde et ce n’est pas Agnès qui va me contredire.

Mais place à l’invitée qui se résume simplement :

Après six ans d’exercice en qualité de psychologue clinicienne dans la protection de l’enfance, Agnès Martin-Lugand se consacre aujourd’hui à la littérature. Elle analyse et dissèque avec finesse, humour et tendresse les mécanismes de l’âme humaine pour nous livrer des récits qui nous parlent et qui nous vont droit au coeur.

3000 exemplaires en 3 semaines

3000 exemplaires en 3 semaines

Agnès Martin-Lugand répond à cinq questions

1.

Pourquoi l’auto-édition et pas l’édition  ?

Je dois revenir un peu sur mon parcours et mon aventure de l’écriture. J’ai écrit mon roman toute seule dans mon coin une bonne année. Après réflexion, j’ai eu l’envie et le besoin d’avoir l’avis d’un professionnel, de ne pas être ménagée, et d’évaluer mon écriture. C’est là que j’ai rencontré Laurent Bettoni. J’ai eu la chance de suivre un de ses tutorats. Grâce à lui, j’ai retravaillé mon histoire, mon texte, mon style. Au terme de cette ré´criture, j’ai envoyé mon manuscrit à quelques éditeurs. J’ai attendu, attendu, et attendu. Puis, deux réponses sont arrivées, plutôt encourageantes, mais négatives ! Après le coup de bambou, et sur les conseils de Laurent, j’ai repris mon roman pour la énième fois. Et finalement, ce que j’imaginais pénible a été bénéfique. La version finale est ce que j’attendais depuis le début. La question s’est alors posée : devais-je reprendre contact avec les éditeurs qui m’avaient répondu et dont j’avais suivi les recommandations ? Ou bien en solliciter d’autres ? Ayant assisté à l’expérience de Laurent en tant qu’auteur indépendant, j’ai été titillée moi aussi par l’aventure. Et puis, un peu comme un caprice, je n’avais pas envie d’attendre six mois ou plus, qu’un éditeur me refuse, et de me retrouver avec deux manuscrits sur les bras (parce que je suis en plein dans le second !). J’ai ressenti le désir profond d’être lue, de me soumettre à l’avis des lecteurs, d’aller à leur rencontre. Qu’est-ce qui compte lorsqu’on écrit ? Et bien d’être lu ! Ça semble bête et logique, mais c’est comme ça… Quelle solution avais-je ? L’auto-édition. L’aventure de l’indépendance est excitante, terrifiante, on prend le risque de commettre des erreurs de débutants, c’est le jeu. On crée une petite entreprise pour permettre à son histoire et ses personnages de vivre leur vie. Je reconnais que le fait d’être entourée et conseillée par un auteur expérimenté m’a grandement facilité les choses, la découverte de ce milieu, le formatage des fichiers, la couverture…

Je ne me faisais aucune illusion au moment du lancement, je tentais un coup de poker, mais j’allais au bout de ma démarche, au bout de mon projet. Une façon d’assumer mon écriture, mon travail. Aujourd’hui, cela fait trois semaines que mon roman est en ligne, et jamais je ne regretterais mon choix. Je suis émerveillée par le succès rencontré. Comme on dit la sauce a pris, et je mène ma barque comme je l’entends.

2.

Pourquoi en numérique ?

J’ai découvert la lecture numérique il y a un an. Je faisais partie des septiques, accro au papier. Je contemplais ma bibliothèque prête à s’écrouler, et je fermais les yeux en tendant ma carte bleue chez le libraire. Et puis pour voir ce qui se faisait en édition indépendante, je me suis secouée, et j’ai tenté le coup. J’ai commencé à lire avec ma tablette des livres numériques, j’ai trouvé ça d’une facilité déconcertante, de l’achat à la lecture, en passant par le peu de place que cela prend ! En tant que lectrice, je peux découvrir de nouveaux auteurs à moindre coût. Comme beaucoup, j’attends que le prix des livres numériques de l’édition traditionnelle baisse… Les liseuses et les tablettes sont des outils formidables, simples. En sortant mon roman à ce format, j’ai bousculé les habitudes de mon entourage, bien souvent réticent à utiliser ces petites choses pour lire. Certains ont adhéré. Tant mieux !

4e de couverture

4e de couverture

3.

Comment as-tu défini le prix de ton ebook ? Les raisons  ?

C’est un mixte entre le point de vue de la lectrice, de l’auteur-indépendant, de la primo-romancière. À ça, j’ai rajouté le nombre de pages, mon roman est court, 180 pages. Soyons clairs, l’attractivité du prix permet de se rendre visible, le lecteur ne prend pas beaucoup de risques en achetant un livre à 2,68 euros. L’offre de lancement à 0,89 euro, et qui a duré presque trois semaines avait clairement pour but de frapper fort dès le début. Mais au-delà de l’aspect commercial, c’est aussi un moyen de rendre la littérature accessible à un plus grand nombre. Utopiste, me dira-t-on.

4.

Sur quelles plateformes  ?

Amazon, Kobo, Chapitre.com, iTunes.

5.

Combien de temps passes-tu par jour à la promotion de ton dernier livre ? Cela empiète-t-il sur ton temps d’écriture ? Utilises-tu les réseaux sociaux ? Lesquels et comment ?

Il est difficile de quantifier le temps que j’y passe, c’est récent pour moi, et je suis encore dedans. Et je dois reconnaître que je me suis peut-être éparpillée ! Pour résumer, plusieurs heures par jour, pour activer des contacts, et en chercher d’autres, solliciter des personnes susceptibles de faire connaître mon roman. J’ai déjà eu la chance d’avoir un papier dans un quotidien régional, une interview sur le blog de Laurent Bettoni, Écran total, et un passage sur une chaine de télévision locale, sans oublier la présente interview ! Et tout ça, ça prend du temps, mais c’est dans la continuité de la démarche d’indépendance, c’est pour la bonne cause, c’est intéressant, instructif et grisant. On est maître du jeu.

Bien sûr, cela a empiété sur mon temps d’écriture, les deux premières semaines, je n’ai pas écrit un mot. Ce n’est pas dû en totalité au temps consacré à la promo, l’excitation, l’obsession du compteur, des avis y sont aussi pour beaucoup. Depuis, je me canalise, et je m’astreins à me remettre au travail, à écrire, à me concentrer sur mon second roman. Je divise mon temps. Lorsque je suis sur la promo, je ne fais que ça, et lorsque j’écris, je m’enferme dans ma bulle avec ma nouvelle histoire, mes nouveaux personnages.

Au sujet des réseaux sociaux, je n’étais pas une adepte, loin de là. J’avais un Facebook dormant où je ne me rendais jamais, je n’avais pas ou peu d’amis virtuels ! Il a bien fallu s’y mettre. Activer mon compte, être plus présente sur la toile, ne serait-ce qu’avec les gens que je connais. Ça a été aussi l’occasion pour moi d’apprendre à me servir de cet outil, je patauge encore. Je me suis créé un nouveau profil dédié à mon activité d’auteur. Profil qui a permis à quelques lecteurs ou des curieux de rentrer en contact avec moi, j’ai pu recevoir leur ressenti, certains m’ont posé des questions sur l’auto-édition, sur le prix, sur la date de sortie de mon prochain roman. Pour le moment, je ne m’aventure pas plus loin, je continue mon apprentissage, chaque chose en son temps.

Acheter Les gens heureux lisent et boivent du café

4e de couverture

Le livre existe aussi en version papier

 Lire les entretiens précédents d’auteurs auto-publiés :

Entretiens croisés avec Laurent Bettoni

Entretien avec Emily Hill

Entretien avec Fabienne Betting

Entretien avec Florian Rochat

Pourquoi en numérique ? est une série d’entretiens avec des auteurs autoédités en numérique, mais aussi d’autres acteurs qui font les corrections, le formatage, etc. et acceptent de travailler eux.

Si vous désirez un entretien veuillez lire les démarches à suivre. Si vous êtes auteur ici , si vous n’êtes pas auteur 


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1ère mise en ligne et dernière modification le 18 janvier 2013

Pourquoi en numérique ? Entretien avec Sylvie Lavoie, blogueuse

Je suis tombée sur le blog de Sylvie Lavoie, Je lis en numérique et j’adore, au fil de mes balades sur la toile, naviguant d’un lien l’autre, d’un réseau social l’autre. Le nom m’a de suite interpellé. J’en aime la simplicité et l’excès de la fin.

Je suis toujours à la recherche de nouvelles blogueuses/blogueurs qui lisent en numérique, d’une part pour leur proposer mes ebooks, d’autre part pour les inviter dans cette rubrique, créée pour accueillir toutes celles et tous ceux qui participent à la numérisation littéraire des esprits. ;-)

J’aurais pu rencontrer Sylvie d’une autre manière, car je me suis rendue-compte, après coup, que nous appartenions au même club de lecture numérique ! Club qui lui a donné envie de créer ce blog. Sylvie dirige aussi une librairie virtuelle d’ebooks illustrés pour enfants.

Mystérieuse et franche, simple et byzantine, timide et passionnée, responsable et fantaisiste, Sylvie Lavoie est un personnage curieux et une personne curieuse. Elle ajoute donc à ses nombreuses activités, Je lis en numérique et j’adore, dans lequel elle partage, depuis mars 2011, ses lectures d’adulte, avec un grand appétit et plein d’enthousiasme. Ses goûts littéraires me semblent assez variés. Déjà partenaire avec Onlit, et StoryLab, elle aime la litttérature enfantine (en tant qu’auteure aussi) et la littérature générale. Sylvie s’intéresse particulièrement à la mise en perspective de la lecture et la pédagogie et de la technologie et la littérature :

Éducatrice en petite enfance, praticienne en santé naturelle et ayant toujours écrit ; du simple journal intime à la création de sites web, de livres pratiques sur les plantes médicinales, de livres pour enfants. Toujours à l’affût des nouvelles technologies qu’elle découvre, elle expérimente toutes les possibilités pour transmettre son expérience au service des créateurs du monde littéraire.

C’est ainsi qu’elle arrive au monde numérique.

Blog de lectures

Blog de lectures

Sylvie Lavoie répond à cinq questions

1.

Comment es-tu arrivée dans le numérique ?

J’y ai fait mon entrée sur deux paliers soit en tant que lectrice et en tant qu’auteure jeunesse.

Mon arrivée dans le numérique en tant que lectrice :

La première fois que j’ai lu un livre numérique, c’est en expérimentant un e-lecteur sur mon agenda électronique. J’ai tout de suite trouvé des avantages du livre papier malgré des restrictions sur cet appareil. L’écran n’était pas très large mais lorsqu’on lit, nous n’avons pas besoin de voir la page entière. Une fois cette habitude acquise, j’aimais bien faire descendre les pages avec mon pouce.
De plus, je pouvais adapter les polices d’écriture pour plus de confort de lecture en rapport avec ma vue.

Puis, je me suis procurée une tablette numérique que j’ai expérimentée pour la lecture et comme je voulais lire à l’extérieur, je suis passée à une liseuse à encre électronique qui s’ajuste à la lumière du jour.

Mon arrivée dans le numérique en tant qu’auteure jeunesse :

Depuis quelques années, j’écris des histoires pour la petite enfance. Je m’associe avec des illustrateurs pour réaliser des manuscrits illustrés. J’ai participé également à des projets comme Tandem jeunesse. Chaque projet finalisé, nous nous dirigeons vers les maisons d’édition en leur soumettant notre manuscrit. Malheureusement, cette démarche ne porte pas les fruits espérés. L’attente et la compétition me découragent.

C’est alors que je songe à proposer nos livres sous forme numérique en créant une librairie virtuelle pour enfants. Ce projet m’oblige à étudier les meilleurs formats pour visionner des illustrations numériques afin de les adapter aux différents supports multimédia. Je découvre une autre branche de la littérature jeunesse contemporaine.

Liseuses

Liseuses

2.

Pourquoi en numérique ?

Avec la liseuse, j’ai trouvé mon support idéal de lecture. J’ai recommencé à lire mes classiques, disponibles gratuitement partout sur le web. Je me suis abonnée à une bibliothèque virtuelle où de chez-moi j’emprunte mes " e-books" régulièrement. Ouvrir ma liseuse c’est comme ouvrir une porte sur le Monde avec tous les livres à ma disposition. Quoiqu’il m’arrive encore de lire des " livres papiers", je n’éprouve plus de différences proprement dites avec ma lecture virtuelle. Une fois installée dans l’histoire, on oublie le support qui nous le livre. Ceci dit, j’apprécie davantage le confort de ma liseuse.
 Elle est si légère dans mes mains.

3.

Lis-tu un genre particulier ?

Dans mon aventure avec les livres numériques, je suis privilégiée grâce aux contacts établis par le biais de mon blog. Des lectures en commun, des " challenges" et des propositions de maisons d’éditions m’amènent à lire des genres différents. J’aime les découvrir ainsi que leurs auteurs.

On assiste avec le monde de l’édition numérique à plus de liberté pour les auteurs à publier leurs oeuvres. Il y en a vraiment pour tous les goûts et c’est à nous de chercher dans le vaste choix proposé sur le web.

Liseuse Kindle

Liseuse Kindle

4.

Qui sont tes clients ?

J’écris mes chroniques littéraires pour le plaisir. J’ai débuté mon blog avec cette idée en tête et c’est dans cet esprit qu’il se développe de jour en jour. S’y est greffé de belles rencontres et des propositions de partenariat avec des maisons d’édition numérique qui en échange d’une critique me font parvenir un livre. Il arrive aussi que des auteurs m’en fasse la demande ainsi que des visiteurs qui parfois  me suggèrent des titres.

5.

Quels sont tes souhaits sur l’évolution, le développement de l’édition numérique ?

Je souhaite que les livres numériques pour enfants soient mieux exploités par les parents et les intervenants de l’enfance. Que les créateurs jeunesse trouvent leur place dans ce marché et diminuent leurs réticences à franchir le pas. Ayant expérimenté maintes fois le visionnement d’e-books auprès des enfants, que ce soit sur un ordinateur ou une tablette électronique, je peux vous affirmer que la même magie d’entendre et de voir une histoire est toujours la même pour eux.
 De plus, les livres électroniques sont moins coûteux que les livres papier d’où la facilité à se créer une belle bibliothèque jeunesse touchant des thèmes pédagogiques des différents stades de développement de l’enfant.

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Blog de lectures

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Pourquoi en numérique ? est une série d’entretiens avec des auteurs autoédités en numérique, mais aussi d’autres acteurs qui font les corrections, le formatage, etc. et acceptent de travailler eux.

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1ère mise en ligne et dernière modification le 11 janvier 2013

Entretiens croisés entre Chris Simon et Laurent Bettoni_6. Nouveau statut pour l’écrivain ?

Cette rubrique est née d’une idée de Laurent Bettoni. Il m’a proposé ces entretiens croisés entre son blog Écran total et le mien. J’ai accepté aussitôt.

Nous produisons tous les deux des ebooks. Et si ma carrière d’éditée a pris son envol en numérique, j’ai publié longtemps sur la toile et en revues papier. De même que Laurent a publié chez des éditeurs avant de se lancer dans l’aventure de l’auto-publication numérique.

© @Louise_imagine & ©Laurent Bettoni

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Nous échangerons autour de six questions. Chaque question sera publiée en alternance sur mon blog et sur celui de Laurent Bettoni Écran total. "Croisé" signifie que nous avons établi un véritable cross-over entre nos deux blogs ; les questions 1, 3 et 5 seront traitées sur Le baiser de la mouche, les questions 2, 4 et 6 sur Écran total.

Au-delà du plaisir que nous prenons tous deux à échanger et à partager sur le thème du livre et de l’autoédition numériques – un vrai plaisir littéraire – nous espérons susciter des réactions, des réflexions, des débats. Un engouement, qui sait…

Sans cloisonnement sans préjugé faisons place à la 6e et dernière question :

Lire la Question 6  surEcran Total

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1ère mise en ligne et dernière modification le 6 janvier 2013

Entretiens croisés entre Chris Simon et Laurent Bettoni_5. Démocratie et écriture ?

Cette rubrique est née sur une idée de Laurent Bettoni. Il m’a proposé ces entretiens croisés entre son blog Écran total et le mien. J’ai accepté aussitôt.

Nous échangerons autour de six questions. Chaque question sera publiée en alternance sur mon blog et sur celui de Laurent Bettoni Écran total. "Croisé" signifie que nous avons établi un véritable cross-over entre nos deux blogs ; les questions 1, 3 et 5 seront traitées sur Le baiser de la mouche, les questions 2, 4 et 6 sur Écran total.

Au-delà du plaisir que nous prenons tous deux à échanger et à partager sur le thème du livre et de l’autoédition numériques – un vrai plaisir littéraire – nous espérons susciter des réactions, des réflexions, des débats. Un engouement, qui sait…

 

Q 5

En quoi le numérique peut-il démocratiser l’écriture ?

 

 

Chris Simon(Photo @louise_imagine)

Chris Simon
(Photo @louise_imagine)

Chris Simon. Les blogueuses et blogueurs sont de plus en plus des amateurs, des passionnés d’un sujet et qui écrivent sur celui-ci. Ils découvrent et font découvrir aux autres. Ils partagent leur savoir. Il y a une très forte notion de partage dans le numérique. Ce partage est parfois mal compris et certains pensent que tout devrait être gratuit sur internet. Je ne crois pas. Je peux décider de partager ma connaissance sur les papillons, mais je peux aussi décider d’en tirer un profit pour vivre, de créer mon propre emploi (vu la disparition des emplois dans les pays occidentaux !). Les deux approches sont viables et respectables.

Nous sommes finalement arrivés à créer une société ou la grande majorité des gens savent lire et écrire. On devrait s’en réjouir. C’est un réel accomplissement de société humaine.

Laurent Bettoni

Laurent Bettoni

Laurent Bettoni.

Il est devenu très facile de publier et de diffuser ses écrits sur le Net. C’est en cela que le numérique démocraitse l’écriture. En quoi est-il gênant que très peu de textes ainsi publiés soient « lisibles » ou dignes d’intérêt ? Qui cela embête-t-il ? Et puis, ce qui est inintéressant pour moi sera peut-être captivant pour toi. Les lecteurs sont bien assez grands pour savoir ce qu’ils aiment ou non. On effectue un tri rapide de ce qui va nous plaire ou pas.

Je me réfère encore à la musique et à la video, mais le numérique et le Net ont permis dans ces domains de découvir des talents. Il n’ y a aucune raison pour que cela ne se produise dans l’écriture.

à suivre…

Retrouvez la Question 6 demain 6 janvier 2013 sur Ecran Total

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1ère mise en ligne et dernière modification le 5 janvier 2013

Entretiens croisés entre Chris Simon et Laurent Bettoni_4. Numérique et démocratie ?

Cette rubrique est née d’une idée de Laurent Bettoni. Il m’a proposé ces entretiens croisés entre son blog Écran total et le mien. J’ai accepté aussitôt.  Nous produisons tous les deux des ebooks. Et si ma carrière d’éditée a pris son envol en numérique, j’ai publié longtemps sur la toile et en revues papier. De même que Laurent a publié chez des éditeurs avant de se lancer dans l’aventure de l’auto-publication numérique.

© @Louise_imagine & ©Laurent Bettoni

© @Louise_imagine & ©Laurent Bettoni

Nous échangerons autour de six questions. Chaque question sera publiée en alternance sur mon blog et sur celui de Laurent Bettoni Écran total. "Croisé" signifie que nous avons établi un véritable cross-over entre nos deux blogs ; les questions 1, 3 et 5 seront traitées sur Le baiser de la mouche, les questions 2, 4 et 6 sur Écran total.

Au-delà du plaisir que nous prenons tous deux à échanger et à partager sur le thème du livre et de l’autoédition numériques – un vrai plaisir littéraire – nous espérons susciter des réactions, des réflexions, des débats. Un engouement, qui sait…

Sans cloisonnement sans préjugé faisons place à la 4e question :

Lire la Question 4  sur Ecran Total

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1ère mise en ligne et dernière modification le 4 janvier 2013

Entretiens croisés entre Chris Simon et Laurent Bettoni_3. Papier/numérique, des ennemis ?

Cette rubrique est née sur une idée de Laurent Bettoni. Il m’a proposé ces entretiens croisés entre son blog Écran total et le mien. J’ai accepté aussitôt.

Nous échangerons autour de six questions. Chaque question sera publiée en alternance sur mon blog et sur celui de Laurent Bettoni Écran total. "Croisé" signifie que nous avons établi un véritable cross-over entre nos deux blogs ; les questions 1, 3 et 5 seront traitées sur Le baiser de la mouche, les questions 2, 4 et 6 sur Écran total.

Au-delà du plaisir que nous prenons tous deux à échanger et à partager sur le thème du livre et de l’autoédition numériques – un vrai plaisir littéraire – nous espérons susciter des réactions, des réflexions, des débats. Un engouement, qui sait…

Q 3

Que penses-tu de la rivalité papier/numérique ?

 

 

Chris Simon(Photo @louise_imagine)

Chris Simon
(Photo @louise_imagine)

Chris Simon. La rivalité se trouve au niveau financier. Un livre papier se vend en plus grande quantité (même en auto-publication) qu’un livre numérique. C’est l’état du marché actuel. Seulement l’auteur en numérique gagne autant que l’auteur en papier. Je m’explique : sur un livre vendu 2,99€ sur Amazon, Amazon me reverse 1,98€, c’est plus que les 10% de droits d’auteur pratiqués par la plupart des maisons d’éditions papier sur un livre à 18,00€. Chez un éditeur numérique, l’auteur touchera autour de 30 % et bénéficiera de tous les services d’une maison d’édition à compte d’auteurs. L’éditeur numérique ÉLP reverse jusqu’à 60%. Je le signale car ce tarif est rare.

L’argent, donc. Le numérique remet en cause le partage des revenus et des coûts sur un livre au profit de l’auteur et du lecteur. En effet, le prix des livres numériques des auteurs auto-publiés et des Pure Players est très en dessous du tarif pratiqué par les maisons d’éditions papier. C’est plutôt une bonne nouvelle, non ?

En tant que lectrice j’apprécie de pouvoir lire en abonnement le catalogue (plus de 600 titres) de Publienet pour 95,00€ par an. En tant qu’auteur, j’apprécie de gagner de  30 % à 70 % (en auto-édition) des ventes de mon livre et non pas 10%.

L’argent aura raison de ce débat numérique/papier qui n’en est pas un. Le papier n’est pas mort, mais le ebook ne tue pas d’arbres et n’est pas trop gourmand en électricité sur liseuse.

Laurent Bettoni

Laurent Bettoni

Laurent Bettoni. Opposer le papier au numérique, c’est comme si je disais à un pote : « Écoute vieux, je viendrais bien chez toi, mais tu te chauffes à l’électricité. Et moi, ce que je préfère, c’est le silex et la torche, y a que ça de vrai, tu comprends ? Alors, ça va pas être possible. » Stupide. Proprement stupide.

Le papier et le numérique sont juste deux supports de lecture différents, pour deux usages différents, l’un n’excluant pas l’autre, mais le complétant au contraire. Évidemment, je préfère l’objet livre à une tablette ou une liseuse. Un livre – surtourt ceux de chez Lunatique qui sont des œuvres d’art – est autrement plus sexy, plus charnel, plus sensuel qu’un ordinateur de poche froid et numérique. Je ne suis pas comme ces mecs qui se la racontent en prétendant qu’ils sentent le papier, qu’ils le caressent, qu’ils écoutent la couverture craquer, etc. Perso, je n’ai jamais vu aucun de ceux-là sniffer un livre, ni caresser les pages, ni s’émouvoir d’une couverture qui craque, parce que les livres qu’on achète aujourd’hui ne sentent que la colle qui pue à mort, que leurs pages ne possèdent aucune nervure, vu qu’on édite sur du papier recyclé et archirecyclé, et que les couv. sont cartonnées, voire vernies, et non en vieux cuir, alors pour les entendre craquer, bonjour ! Bref, je ne suis pas comme ces personnes, mais je préfère, quand j’en ai la possibilité, tenir un livre entre les mains plutôt qu’un reader. Seulement, je m’intéresse aussi au contenu, à la quantité et à l’apect pratique. Là, une liseuse est imbattable. Quand je pars en vacances, tous mes livres tiennent dans ma liseuse. Pour les chroniques que je rédige, j’ai besoin de lire pas mal de livres. Les recevoir en numérique éviterait l’encombrement de ma bibliothèque. Et si le livre m’a plu, rien ne m’empêche de l’acheter ensuite en broché.

Il est important de signaler, à cet égard, qu’une des grandes plates-formes d’autopublication numérique propose également les livres en version papier, en impression à la demande, ce qui contente tout le monde. Chez ce libraire en ligne, mes romans sont ainsi disponibles en ebook et en papier.

Enfin, si on pense aux élèves, les tablettes de 150 grammes remplaceront bientôt, j’espère, les kilos de manuels qu’ils se coltinent sur le dos à longueur d’année. Là encore, vive le numérique.

Et le numérique permet le livre enrichi, qui peut trouver tout son sens dans les ouvrages pédagogiques ou pratiques. Mais pas que. Avant, il y avait les livres-disques ; demain, il y aura les livres-films.

à suivre…

Retrouvez la Question 4 demain 4 janvier 2013 sur Ecran Total

Il vous manque une question ? Lire la Q1, Q2

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1ère mise en ligne et dernière modification le 3 janvier 2013

Entretiens croisés entre Chris Simon et Laurent Bettoni_1.

Cette rubrique est née d’une idée de Laurent Bettoni. Il m’a proposé ces entretiens croisés entre son blog Écran total et le mien. J’ai accepté aussitôt.  Nous produisons tous les deux des ebooks. Et si ma carrière d’éditée a pris son envol en numérique, j’ai publié longtemps sur la toile et en revues papier. De même que Laurent a publié chez des éditeurs avant de se lancer dans l’aventure de l’auto-publication numérique.

Nous échangerons autour de six questions. Chaque question sera publiée en alternance sur mon blog et sur celui de Laurent Bettoni Écran total. "Croisé" signifie que nous avons établi un véritable cross-over entre nos deux blogs ; les questions 1, 3 et 5 seront traitées sur Le baiser de la mouche, les questions 2, 4 et 6 sur Écran total.

Au-delà du plaisir que nous prenons tous deux à échanger et à partager sur le thème du livre et de l’autoédition numériques – un vrai plaisir littéraire – nous espérons susciter des réactions, des réflexions, des débats. Un engouement, qui sait…

Sans cloisonnement sans préjugé faisons place à la première question :

Q 1

Quelles sont les raisons qui t’ont conduit(e) à l’autopublication en numérique ?

 

Chris Simon(Photo @louise_imagine)

Chris Simon
(Photo @louise_imagine)

Chris Simon. Une rencontre avec un auteur anglais en 2010. Quelques mois plus tard, il faisait un succès numérique et puis aussi un désir d’aventure. J’ai senti tout de suite que c’était pour moi, même si au début l’aspect technique m’a un peu décontenancée et découragée. J’ai ressenti un sentiment de liberté immense. Je n’ai jamais trouvé très épanouissant d’attendre une réponse par courrier ou courriel de la part d’une maison d’édition pour un manuscrit que j’avais envoyé. J’insisterai même pour dire que depuis que je ne pratique plus ce sport de luxe, je vis beaucoup mieux. Ma vie d’auteur a changé. Je me sens plus sereine et j’ai balayé pas mal d’illusions et de désillusions, celles qu’on se fait quand son manuscrit est refusé sans raison précise ou élaborée.

Laurent Bettoni. Ce que j’écris est rarement consensuel, et je l’écris avec un vocabulaire extrêmement peu châtié. Si bien que mes propos et mes mots peuvent choquer ou heurter. La plupart des éditeurs ne sont pas prêts à, estiment-ils, courir ce risque. Ils ont besoin de choses plus lisses, plus formatées, plus conformes à ce qu’ils pensent correspondre au « grand public ». Un éditeur me fait mentir, cependant : Lunatique. J’ai récemment découvert avec bonheur cette sublime maison à la ligne éditoriale incroyable, osée, moderne, ébouriffante, punk et rock’n’roll. Une maison d’édition… indépendante, évidemment.

Laurent Bettoni

Laurent Bettoni

Chez tous les autres, il faut rentrer dans le moule. Concernant mes deux derniers romans, Écran total et Les Corps terrestres, on n’a pas critiqué l’écriture, mais on a reproché au premier d’être trop violent, trop bizarre, trop sombre, et au second d’être trop pornographique, trop cru, trop choquant. Je ne me compare pas à ces talents, mais les manuscrits de Sade, Miller, Bukowski, Ellis, Palahniuk et Welsh seraient-ils acceptés aujourd’hui par des éditeurs français s’ils étaient présentés par des auteurs français ? Non. Je trouve ce retour à la pudibonderie et à la censure regrettable.

Donc, ce qui m’a conduit à l’autoédition numérique – entre un roman publié chez Robert Laffont et un prochain à paraître en 2013 chez Don Quichotte –, c’est l’amour de la liberté et un rejet de la censure, surtout quand elle confine à l’autocensure de la part de l’éditeur.

Liberté de sortir mon livre à la date qui me convient, en évitant ces deux bourbiers que représentent les rentrées de septembre et de janvier. Encore un mal purement hexagonal. La fameuse exception culturelle française, sans doute.

Liberté de publier des textes dans leur version d’origine, sans lissage, sans vernis, sans édulcorant, pour les proposer aux lecteurs tels qu’ils doivent être lus. En somme, je propose, et le lecteur dispose. Et s’il n’aime pas, tant pis pour moi. Ou tant mieux, l’essentiel étant qu’il réagisse. Pour lui, qu’il aime ou non, ça reste indolore, puisque le prix de mes romans n’excède pas 3,99 euros. J’ai même une nouvelle et deux récits jeunesse à 0,89 euro chacun.

Voilà une autre liberté que m’offre l’autopublication en numérique, celle de ne pas m’enfermer dans un créneau. Je peux aussi bien écrire pour les adultes que pour les plus jeunes, ce qui n’est pas toujours permis par un éditeur, car il ne faut pas « tout mélanger, ça perd le lecteur, et donc ça plombe les ventes ». Et je peux aussi bien publier un roman de 220 pages qu’une nouvelle de 14 pages.

à suivre…

Retrouvez la Question 2 demain 2 janvier 2013 sur Ecran TotalLire la Q2

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1ère mise en ligne et dernière modification le 1er janvier 2013